lundi 7 octobre 2013

Beurre corporel relipidant à la lécithine




Ma copine MLK va être jalouse, mais je dois vous l'avouer, après plusieurs mois de tests et expérimentations, maintenant j'en suis sûre, je suis tombée en amour pour Lady L.  L'incontournable lécithine de MLK et autres jouvenceaux de la cosméto maison a eu raison de Lolitarose et dorénavant je ne jure que par elle.

Après ma dernière tentative ICI, où je l'avais associée avec succès au gelisucre, j'ai récidivé. Et pas qu'une fois ! 
C'est  vrai qu'on ne m'a pas vue souvent par ici mais je n'ai pas déserté la cosméto pour autant et j'ai fait plusieurs expériences de soins pour le visage et le corps, contenant tous de la lécithine en association avec un autre émulsifiant. 

Pour celles qui ne le sauraient pas ou auraient oublié, avant la lécithine mes autres amours étaient le savon, que j'apprécie en émulsifiant ou co-émulsifiant et la cire d'abeille saponifiée, ou @pimulse. Vous saurez tout tout tout sur l'@pimulse en allant consulter (ou re-consulter pour celles qui comme moi ont parfois la mémoire qui flanche)le descriptif de ma première expérimentation, sans oublier les multiples recettes qui ont suivi depuis et que vous trouverez à l'index.  

Non que je sois têtue, mais je suis tenace quand j'ai des convictions. Et au cas particulier, ma conviction est que :

si ma peau a aimé les émulsions réalisées avec l'@pimulse, 

si ma peau a aimé les émulsion avec la lécithine, 

elle devrait adooorer une "tite crémouille" tambouillée avec amour et un zeste du nouveau couple émulsifiant de choc : lécithine-@pimulse.

Aussitôt pensé, aussitôt réalisé.

Comme l'été a été chôôô et long et que votre chère Lolitarose a pris plaisir à se faire dorer pendant de longues heures de farniente au bord d'une eau limpide (avec méga protection, of course !), un soin réparateur, hydratant, relipidant et tout et tout s'imposait.

Un truc ultra-light mais super efficace, qui ne laisse pas la peau grasse, mais vous mets à l'abri de la peau de croco et vous laisse douce et hydratée longtemps...

Un truc qui ne laisse pas d'horrible trace blanche qu'il faut masser pendant des heures avant de pouvoir s'habiller... C'est pas compliqué, je hais la trace blanche. Chez moi c'est rédibitoire, c'est anti-cosmétique.  Si, si je vous assure ça m'irrite ! et je n'ai pas le baume de Michèle sous la main, alors mieux vaut éviter les traces blanches ^_^

Alors le choix d'émulsifiants s'est imposé tout seul, car tant la lécithine que l'@pimulse ont cette qualité d'apporter beaucoup de glissant à l'émulsion et aucune trace blanche.  Le rêve, je vous dis !

La formule est à l'image du couple d'émulsifiants : simplissime. En fait, la lécithine dont j'ai beaucoup parlé dans mon dernier post (où vous trouverez d'autres références intéressantes) est un actif de premier choix pour la peau. J'ai constaté à la fois un effet très réparateur face à une peau desséchée mais également, et c'est très important en particulier pour les peaux sèches ou matures, pour ralentir la perte en eau.  
Les soins contenant de la lécithine me semblent plus efficaces que les esters de sucres pour former un film protecteur anti-déshydratation. Du coup on a besoin de bien peu de choses pour retrouver une peau de nourrisson.

Ici j'ai opté pour la très classique glycérine ; son rôle hydratant est tellement évident qu'on oublie souvent de la mentionner et j'avoue qu'il m'arrive même d'oublier de la mettre dans mes formules ou carrément dans le bécher ! C'est pourtant un ingrédient de premier choix.

Et pour booster l'effet relipidant de la lécithine j'ai choisi d'incorporer 1% de D Panthenol. Les peaux très sèches pourront forcer la dose jusqu'à 3% si nécessaire. On peut également envisager l'ajout de lanoline, très efficace en cas de forte sécheresse.

Voici l'architecture générale de la formule

complexe émulsifiant
5% @pimulse
1,5% lécithine (en granulés)
3% alcool cétylique
2% cétyl palmitate

Je trouve l'association avec le CP et l'AC idéale avec ce duo émulsifiant, on obtient une texture onctueuse et fine même avec des huiles ou beurres non particulièrement fins.

huiles 16 % à chaud dont 5% de beurre dur et 5% ajoutées à froid

eau
3% glycérine
0,2% amigel (qu'on peut remplacer par la xanthane ou la cellulose)
eau QSP

Ajouts Panthenol, conservateur, parfum, colorant

Dans ces proportions, on obtient une texture ferme, beurrée, très glissante sur la peau, un peu comme du beurre de cuisine. Pour une texture plus crémeuse, il suffit de diminuer le pourcentage d'@pimulse.

le beurre au sortir du frigo

Bien évidemment, il est possible d'adapter le choix des huiles en fonctions de sa peau (jeune, mature, grasse, sèche) et de ses goûts. 
J'ai essayé d'équilibrer entre huiles légères (coco fractionnée) et plus lourdes (olive,  beurre de cupuaçu), huiles plus sèches et autres plus émollientes et j'ai fait la part belle aux 'bons' acides gras, les omégas 6 en particulier avec l'huile d'argan et celle de tournesol.  

J'ai également mis une petite quantité d'huile de ricin pour ses qualités très émollientes. On en parle peu en cosmétique et pourtant c'est un excellent ingrédient anti-déshydratation.

Mais suffit de blablater ma Loli, file ta formule !

Formule du beurre relipidant

Emulsifiants
5% @pimulse (production maison)
3% alcool cétilique
2% cétyl palmitate (Zinette)
1,5% lécithine (alimentaire en granulés)

Huiles et beurres
5% beurre de cupuaçu (the herbarie)
5% huile de coco fractionnée (Zinette)
3% huile de ricin (aromafarmacoteca)
3% huile d'olive (production maison)
3% huile d'argan (rajout à froid)
2% huile de tournesol (rajout à froid)

Eau
3% glycérine végétale
0,2% amigel (Zinette)
eau QSP dont 80% HA camomille (maison) et 20% HA jasmin (maison)
fabrication des HA

Je ne suis pas encore devenue une pro de tous les hydrolats maison, mais distiller les plantes du jardin apporte une satisfaction incomparable...

Ajouts
1% D Panthenol
0,5% cosgard (AZ)
colorant ocre-rose (la photo a une couleur plus soutenue car la 1° version a été réalisée avec de l'argile violette en guise de colorant)

Parfum
0,5% HE dont PG mandarine, géranium, lavandin, patchouli : c'est très mandariné, à la fois doux et pétillant ; malgré la faible proportion d'HE, on a l'impression d'avoir enfilé un parfum pour le corps.

Mode opératoire

Mettre à gonfler dans un récipient la lécithine et un peu d'hydrolat ;
Mettre dans un bol  l'eau, l'@pimulse, la glycérine et l'amigel ; chauffer au BM et réserver.

Dans un second bol mettre les cires, beurres et huiles non fragiles et chauffer au BM.
Lorsque les cires sont totalement fondues (70-75° env), verser dans la phase aqueuse ; remettre le tout au BM et bien mélanger quelques minutes. Retirer du feu, incorporer la lécithine et mélanger à nouveau à température ambiante.
Je ne chauffe plus la lécithine car j'ai constaté que chauffée, elle perdait d ses qualités émulsifiantes et rendait l'émulsion beaucoup plus fluide.

Introduire les huiles fragiles ; bien mélanger puis transvasez dans un BM froid, à changer plusieurs fois si nécessaire, jusqu'à ce que l'émulsion prenne une belle consistance épaisse.

Incoporer le colorant puis les ajouts un à un.

On obtient un beurre ferme, dense mais d'une grande légèreté, glissant extrêmement bien sur la peau, qui laisse une peau hydratée et veloutée. Juste comme il faut pour continuer à exposer ses gambettes en attendant l'arrivée du grand froid et des collants masque-tout.
Ce beurre s'est avéré parfait en soin après soleil cet été et encore maintenant où les températures ont un peu fraîchi ( 24° hier après-midi, donc ça reste une fraîcheur toute relative). Il s'est même révélé parfait sur le visage après de longues journées en plein vent et soleil.

J'aime de plus en plus les soins polyvalents : un pot de crème de la tête aux pieds !  ce qui ne m'empêche pas d'avoir toujours deux ou trois crèmes différentes sur l'étagère. C'est qu'on ne perd pas ses vieilles habitudes de parisienne comme ça ! Et comme je n'en ai pas fini avec mes expérimentations lécithineuses, dès mon retour de vadrouille chez les copines parisiennes, je vous en remets une couche !