| Phycocrème pour mains de fées |
Après les pieds et les cheveux, je complète ma saga des soins aux algues par une crème pour les mains. N'ayant pas spécialement les mains sèches, je ne pense pas souvent à réaliser ce type de soin mais je sais que certaines mains de fées de ma connaissance les apprécient, c'est donc en pensant à toutes ces belles mains que j'ai élaboré cette phycocrème pour mains de fées.
Une formule qui se devait d'être à la fois réparatrice et protectrice pour des mains qui sont souvent tiraillées par les nombreux savonnages.
Une formule qui se devait aussi d'être légère et vite absorbée, car on n'a pas l'éternité devant soi non plus.
Une formule qui se devait de laisser la peau douce, car on le sait, les fées ont la peau très douce.
Une formule facilement reproductible par des tambouilleuses expertes ou débutantes, car ça sert aussi à ça la blogosphère : échanger et partager.
Ici, j'ai misé sur le complexe d'émulsifiants pour obtenir la texture souhaitée. Il aurait également été possible de jouer sur la phase huileuse, mais ce sera l'occasion d'un autre post.
Je lis souvent sur certains blogs ou forums des commentaires s'interrogeant sur l'utilité de mettre plusieurs émulsifiants quand un seul semblerait suffire. Et en effet, un seul suffit en général pour former une émulsion.
Mais il est vrai aussi qu'il y a émulsion et émulsion. Et sur la peau ça fait toute la différence. Sur un plan strictement sensoriel, on peut même dire sensuel, c'est flagrant. Mais la différence se constate également sur un plan que j'appellerai - toutes proportions gardées bien sûr - cosméto-thérapeuthique.
Dit autrement, la synergie émulgatrice (composée donc de plusieurs émulsifiants) va également jouer un rôle actif sur la peau : plus réparatrice ; plus hydratante ; plus anti-déshydratation ; anti-inflammatoire...etc. Car n'oublions pas que nous utilisons des émulsifiants d'origine naturelle, la plupart du temps très doux pour la peau et qui du coup peuvent également jouer un rôle d'actif sur la peau. C'est typiquement le cas des esters de sucre ou des lécithines par exemple.
Il est donc important de bien connaître les propriétés d'un émulsifiant, son comportement dans une émulsion lorsqu'on crée sa propre formule cosmétique. C'est tout l'intérêt du "sur mesure".
Dans la phycocrème pour les mains, j'ai privilégié un ensemble d'émulsifiants que je connaissais pour les avoir tous auparavant testés en solo. C'est un bon moyen de se faire une idée de ce que "vaut" un émulsifiant : réaliser une crème assez simple avec quelques huiles et tester à la fois son comportement lors de la formulation, mais apprécier le produit fini sur la peau ; ça n'est que dans une seconde étape qu'on peut envisager de le marier avec un autre émulsifiant ou co-émulsifiant qu'on connaît bien. Evidemment les plus expertes peuvent aussi se lancer directement dans une composition complexe.
| @pimulse |
On passe à la formule composée de
-la phase grasse pour 30,5%
12,5% complexe émulsifiant
18% huiles et beurres y compris les huiles fragiles ajoutées en phase 3
-la phase eaux et gels, dont le phycocolloïde qui joue également ici le rôle d'épaississant pour 60,5%
-les ajouts introduits à température inférieure à 30°, y compris le conservateur et la synergie parfumée.
A partir de là on peut composer sa propre formule en fonction de ses besoins, de ses goûts ou de ses envies du moment.
La phycocrème pour mains de fées
Emulsifiants 12,5
6% olive douceur
3% @pimulse blanc
1,5% riciline maison (90% HV ricin + 10% cire d'abeille jaune)
1% stearate sodium (pour encore plus de glissant et légèreté)
1% lécithine diluée dans une partie des HV et rajoutée en phase 3
Huiles et beurres 14
4% coco
4% riz
4% sésame
2% beurre de cacao
22% phycocolloïde (gelée d'algues laminaires maison)
38,5% HA criste marine (maison)
Ajouts 13 (+ 5 non comptabilisés)
4% HV fragiles de concombre et noix du Brésil
2% extrait HG de grenade
2% protéines de soie
5% non comptabilisés de poudre de concombre
0,5% conservateur
1% parfum
Parfum réalisé "au nez"
Citron, orange sanguine, orange 5 fold, bergamotte, gingembre frais, gettou, basilic
Je ne vous cache pas que le parfum m'a immédiatement séduite : frais, pétillant, printanier. Bref totalement de saison ! Même si en raison de la phototoxicité des HE d'agrumes, ce soin est à réserver en "gants de nuit" ou pour celles qui, comme moi quittent leur bureau à la nuit tombée.
Mode opératoire
Chauffer ensemble les émulsifiants et beurres (coco et cacao) ; lorsque tout est bien fondu, ajouter les huiles fluides dans lesquelles vous aviez laissé reposer la lécithine (en granules) à température ambiante. Une autre manière d'intégrer la lécithine en granule dans une formule et de la laisser "gonfler" dans l'eau. Je voulais également voir avec laquelle des deux méthodes, cela fonctionne le mieux. Au cas particulier, je n'ai vu aucune différence, mais cela dépend de la quantité de lécithine utilisée. En plus grande quantité, la "dissolution" me semble plus complète en phase aqueuse.
Parallèlement chauffer l'hydrolat de criste marine. Puis verser l'hydrolat dans les huiles et mélanger énergiquement à la cuillère magique en laissant sur le BM chaud.
Verser le phycocolloïde et continuer de mélanger énergiquement toujours à chaud.
Lorsque l'émulsion est bien homogène éteindre et continuer de mélanger pendant quelques minutes à température ambiante.
Alterner moments de repos et de touillage jusqu'à refroidissement complet.
Intégrer le reste des ajouts, le conservateur et les huiles essentielles.
On obtient une crème dense mais légère, bien brillante d'une couleur blanc cassé légèrement parsemée de petits points plus sombres (les particules d'algues). Il y a également une très légère "odeur culinaire", je dirais , mais on ne peut pas dire que cela sente franchement la marée. Et puis elle disparaît totalement une fois les HE rajoutées.
J'ai rajouté quelques poussières d'ultramarine bleue et la poudre de concombre (qui donne je trouve un côté frais à la texture) ce qui a permis d'obtenir une légère couleur verte.
Sur la peau, l'émulsion glisse bien, pénètre très rapidement et laisse une vraie protection hydratante. Alors même qu'il y a très peu d'actifs complémentaires à vocation hydratante.
Pour des mains très sèches, on peut rajouter du D-panthenol, très efficace ainsi que du lactate de sodium. Il est également possible de re-travailler la formule en y intégrant des déclinaisons de calendula : macérat, CO2 ; ou encore du CO2 de chia ; ou encore du beurre de karité ou de nilotica ou encore de macadamia, de jojoba... à décliner selon vos envies.
Côté phase aqueuse, le phycocolloïde a joué un rôle d'épaississant, d'hydratant intense, mais également a accentué la finesse et le glissant de l'émulsion. On peut le remplacer par du gel d'aloé vera et un peu de collagène marin par exemple et dans ce cas, il faut rajouter un peu d'alcool cétylique ou mieux du cétyl palmitate qui maintiendra un peu la finesse donnée par le phycocolloïde. Le résultat sur la texture finale sera tout de même sensiblement différent.
| mon nouvel ingrédient chouchou ! |
Une formule simple, rapide à mettre en oeuvre, sans prétentions mais efficace. Les peaux gourmandes l'apprécieront également en soin visage, avec une autre synergie d'HE, non photosensibilisante.
Et d'ailleurs, en parlant de photo : je n'ai même pas eu le temps d'en faire une ! tous les petits pots sont partis chez les Fées à qui ils étaient destinés.


