dimanche 18 novembre 2012

Gel-crème anti brillance au thé blanc

sur un air de farniente...

Qui a dit que j'étais en vacances ? 

Mâ nân ! Finies et bien finies les vacances de Lolitarose. La preuve ?

Pour commencer, j'ai été très occupée par mon activité favorite.


La cosméto ?


Mâ nân ! vous savez bien que ce que je préfère c'est  DE-ME-NA-GER ! si vous n'êtes pas convaincue, faites donc un p'tit tour ici. J'ai donc organisé un déménagement, celui de mon bureau professionnel, le 2° en 8 mois. Ben, oui ! des fois que je perdrais la main, hein !

 Un voyage éclair à Paris entre deux cartons. Oh, juste quelques heures, hein. Des fois, que je penserais que mon patron me paie des vacances. 

Sitôt jetés les cartons même pas déballés, hop ! un autre p'tit tour en avion ; direction le Sud, cette fois-ci et, toujours histoire de ne pas me croire en vacances, j'ai attaqué la récolte des olives. La saison était précoce cette année et il a donc fallu se dépêcher. Ouf ! en 2 jours, emballé c'est pesé, j'avais récupéré mes 50 litres d'huile nouvelle. 

Et hop, re-petit tout en avion, arrêt quelques jours à Rome pour déballer deux-trois cartons, recevoir une délégation au sommet et, hop ! hop ! hop ! retour à l'aéroport le dimanche après-midi pour un rendez-vous coup d'éclair, mais de la plus haute importance, à Marne la Vallée,  le lundi matin à 8h30. 

C'est sûr qu'en me filant à moi, la Parisienne, un RV un lundi matin à 8h30, je risquais pas de me croire en vacances !

Mais là, mon ami, mon grand ami - vous vous souvenez le sympathique Murphy ? - a décidé de m'accompagner pendant ce voyage. Histoire que je me sente un peu en vacances, hein !

Je suis donc arrivée à l'aéroport sous une tempête tropicale - si, si ! à Rome quand il pleut, c'est aussitôt tempête  - qui a immobilisé l'avion au sol pendant 3 heures. Et moi qui avait espéré arriver tôt à Paris pour préparer mon entretien de la plus haute importance ! Pff...

Comme si ça ne suffisait pas, un pauvre garçon employé aux bagages est décédé ce même après-midi - vive la déesse rentabilité qui fait fi des règles de sécurité pourvu que cela rapporte toujours plus ! - entraînant une grève surprise dans l'aéroport.

Bref, toujours accompagnée de l'ami Murphy, je suis enfin à Paris après 4 heures de galère, mais Murphy aussi a dû penser que je me la coulait un peu douce et donc il a gentiment organisé un bouchon-surprise d'une petite heure à l'entrée de la capitale. Mais comme c'est un garçon modeste, il a prétexté que c'était pour cause de cross de Bercy. Ah ! c'est bon d'avoir des amis !

Ereintée et passablement énervée, j'ai relu une paire de fois mes fiches et autres notes stratégiques avant de me jeter, encore toute agitée dans les bras de Morphée.

Dès 7h30 j'étais prête à prendre mon RER pour me rendre à mon RV à Marne la Vallée. J'avais anticipé les pannes et autres grèves de RER. Mais non ! le calme était semble-t-il revenu !

Je débarquais donc à la "charmante" gare de cette ville nouvelle de la banlieue lointaine - autant dire le tr** du c°° du monde pour une parisienne comme votre Lolitarose - où m'attendait un froid polaire (0° alors que j'avais laissé Rome avec 24°) et un brouillard à couper au couteau, sans oublier bien sûr mon "pote" Murphy.   

Je me dirigeais, glacée comme une cassata sicilienne à mon rendez-vous avec une petite demi-heure d'avance (je ne m'étais pas perdue au milieu de toute cette grisaille de béton et j'allais enfin pouvoir relire mes fameuses fiches et me détendre un peu avant ce rendez-vous). Mais là, derrière le sourire crispé de la jeune réceptionniste, je compris bien vite qu'était tâpi l'ami Murphy. 

"Un rendez-vous ? ... et vous êtes ? ...  Ah ! désolée, mais vous n'êtes pas au bon endroit .... le rendez-vous est à notre annexe, rue du Centre ... c'est tout simple : vous tournez à gauche, puis à droite puis...."

Et là, le cerveau de Loli, déjà naturellement embrûmé un lundi matin aux aurores, s'est senti littéralement congelé et incapable d'entendre un mot de ce que me disait cette pauvre fille. J'ai donc erré pendant d'interminables minutes, comme un gorille dans la brûme de cette pu** de banlieue, avant d'arriver enfin à mon rendez-vous, soufflant et hâletant comme un âne.

Des fois que je pensais être encore en vacances, hein ! 

Bon, mais là, j'ai vraiment besoin de repenser à mes vacances, sinon je vais pêter un câble, moi ! alors je ressors de mon cahier de vacances, une chouette recette élaborée un peu au hasard mais dont je ne me lasse pas, d'autant qu'ici à Rome même l'automne a du mal à venir.

* * * 


L'été romain est un été chaud. Trèès chaud. Et dans mon petit paradis des Pouilles, le mois d'août ne fut pas plus clément. 

Difficile dans ces conditions de trouver la petite crème qui hydrate bien (avec le soleil, c'est indispensable), mais sans graisser (avec 40° à l'ombre, on sue déjà à grosses gouttes). Et qui plus est qui convienne à tous les types de peau.

Là, ma Loli, t'en demande peut-être un peu trop, hein ?

Voui, je sais ! mais il se trouve que cet été certaines amies venues de contrées lointaines - l'Argentine pour l'une et la Bretagne pour les 2 autres (si, si la Bretagne c'est loin aussi !) - se sont initiées à la tambouille maison et il fallait donc trouver la formule qui convienne à toutes ces peaux très différentes. 

Il m'a fallu également composer avec les quantités d'ingrédients que j'avais sous la main. Je n'avais pas prévu d'improviser ce sympathique atelier et du coup je n'avais emporté dans mes bagages que des quantités limitées de matières premières. Ce qui m'a valu de réécrire ma formule au fur et à mesure que mes pots et flacons se vidaient.

Une formule hydratante pour un été de canicule : tel était donc le cahier des charges.  

Un gel aurait pu faire l'affaire mais je sais que certaines peaux matures ne les apprécient guère. Une crème fluide, alors ? Là c'est Loli qui n'est juste pas fan des textures fluides. 

Une vraie crème bien blanche, bien dense mais avec toutes les qualités d'un gel : glissant, absorption instantanée, effet mat. 

Adjugé-vendu ! va donc pour un gel-crème. C'est donc côté complexe émulsifiant et gélifiant que j'ai travaillé.

Côté gommes, il en est une que j'apprécie tout particulièrement en été pour la fraîcheur et le glissant qu'elle apporte : le konjac. Si on veut réaliser une émulsion classique, il faut prendre garde à ne pas dépasser le 0,1 % car son pouvoir gélifiant est très important et on a vite un effet latex. Ici, c'était justement le côté gel que je recherchais et j'ai donc poussé à 0,2 % en couplant le konjac à la gomme xanthane dosée à 0,3 %.

Côté émulsifiants, il me fallait de l'hydratant douceur, donc nécessairement des sucro-esters, de la glissabilité encore et une absorption rapide, tout ça bien sûr avec le moins de trace blanche possible. J'ai donc choisi d'incorporer un peu d'@pimulse pour un effet anti-traces garanti et pénétration rapide sans film gras.  

Pour les huiles, des valeurs sûres qui conviennent à tous les types de peau : olive bien sûr ; jojoba pour l'effet lissant, sébo-régulateur et sa légèreté ; huile de son de riz pour la douceur et l'émolience (comme l'olive d'ailleurs)dès lors que cette crème était également destinée au contour des yeux qui l'apprécie tout particulièrement ; enfin le coco-fractionné pour la légèreté et le glissant.

Les petits PLUS pour l'hydratation sont on ne peut plus classiques aussi : la glycérine que je considère un incontournable et l'hydratant intense que je privilégie dans tous les soins que je souhaite légers. Ainsi j'ai l'hydratation MAXI et le gras MINI.

Enfin, côté parfum j'ai laissé choisir mes consciencieuses stagiaires d'un jour qui ont opté pour l'absolue de thé blanc, idéale pour accentuer le côté pur et frais de ce soin que j'ai voulu d'une blancheur immaculée.


gel-crème absolue de thé blanc


Mais sans plus attendre, la formule

Complexe émulsifiant 11,5%

-3% ester de sucre
-3% glyceryl stearate
-3% alcool cétylique
-2,5% @pimulse blanc

Huiles 15%

-6% olive
-3% jojoba
-3% riz
-3% coco fractionné

Phase acqueuse 71%

-65,5% eau distillée
-5% glycérine
-0,5% allantoïne
-0,2 % gomme konjac
-0,3% gomme xanthane

Ajouts 2%

-1% hydratant intense
-0,5% cosgard
-0,5% absolue de thé blanc (ma cosmeto perso)

Le mode opératoire est des plus classique. Préparer dans un premier BM le gel avec une partie de l'eau. Diluer l'allantoïne (un incontournable pour nos peaux agressées. Chauffer dans un second BM les huiles et émulsifiants. Mélanger les deux phases à la cuillère magique ou au mixer plongeant si vous faites de grosses quantités. Lorsque l'émulsion est formée, continuer de "touiller" à température ambiante et incorporer les ajouts de la phase 3, un à un. Puis verser en pots stériles.  

texture gel
J'ai obtenu une texture au premier abord surprenante, à la fois dense et légère mais peu conventionnelle. L'apparence d'une crème et l'étalement d'un gel.
Je pense que la gomme konjac n'est pas étrangère au résultat. J'avais déjà constaté que si on la surdosait (au dessus de 0,1%, je considère déjà qu'il y a overdose avec le konjac), on obtenait une texture un peu caoutchouteuse. Mais sans rien enlever à la glissabilité remarquable.
Très vite absorbée par la peau sans laisser de film gras, ce qui était le but recherché.

Ce gel-crème laisse un film hydratant, protecteur et velouté sur la peau.Il a un effet lissant, en particulier sur le contour des yeux pour lequel il s'avère un soin parfait et maintient bien l'hydratation à l'instar des émulsions réalisées avec des sucro esters.

Le parfum d'absolue de thé blanc rajoute au côté frais et pur déjà donné par la couleur immaculée.

Dès que la fraîcheur automnale s'installera sur Rome - ce qui semble vouloir se dessiner aujourd'hui - ce gel-crème deviendra MON contour de l'oeil et mes petites crèmes savonnées reviendront jouer les coussinets hydratants.


Bon, ben je prendrais bien quelques vacances moi !



10 commentaires:

  1. Génial, prend vite les vacances à Paris ma Loli
    Pas de Murphy dans les parages et c'est certainement à cause de lui que nous nous sommes ratées
    J'adore le chapeau de paille qui a bien vécu;)
    Oui, c'est la crise par tous les bouts, et pas celle de rire...mais, elle ne m'enlève absolument pas le plaisir de te lire
    Gros, mais alors énormes bisous

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    1. Pas de Murphy, c'est vite dit ! il m'attendait quand même de pied ferme lundi dernier, le bougre ! ;)

      Mais oui, dès que les contraintes de fin d'années s'en seront allées, promis j'organise ma venue, crise ou pas crise.

      Enôrmes bisous à toi !

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  2. Chère romaine,

    A croire que tu as tapé dans l'œil de Murphy, tombé raide dingue de toi! Quelle épopée banlieusarde… comme quoi ,c e n'est pas la peine d'aller au bout du monde pour vivre des émotions voyageuses…

    je suis plus que ravie de te lire même si tu nous nargues un peu avec un gel-crème estival. J'apprécie beaucoup ce genre de textures. En général, je fais mes gels estivaux avec de l'amigel (ou xanthane) j'ai du konjak qui n'attend qu'à être utilisé… yapluka donc

    plein de bises

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    1. C'est vrai que venir en région parisienne peut être une aventure, surtout quand on n'a aucun sens de l'orientation comme moi (je me demande comment j'ai fait pour bourlinguer tout autour du monde).
      C'est toi qui me nargues avec l'amigel, dont je ne lis que du bien et que je n'ai pas dans mes placards ! et comme je les trouve encore un peu trop pleins, pas question de passer commande !

      bises ma belle !

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  3. Lolitarose, oui, le méchant Murphy est amoureux de toi.

    Heureusement, le méchant Murphy n'entame pas ta joie de vivre et ta créativité.

    Merci beaucoup pour cette recette très intéressante comme à ton habitude.

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  4. Un amoureux ! je n'avais pas vu les choses sous cet angle-là mais après tout c'est toujours bon à prendre en ces temps de disette !

    Merci Colchique ! Bises

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  5. J'aime tant te lire ma Lolita San, mais j'aimerais bien que monsieur Murphy te lâche. Il est lourd et collant là !

    Pfff, reste avec ta vieille xanthane, moi je flirte gaiment avec mon Amigel ! Mais ta recette est toute jolie et nous ramène quelque peu en arrière dans la saison estivale dont il ne subsiste l'or que dans quelques arbres encore flamboyants.

    Grosses bises à toi.

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  6. Irène, je meurs d'envie de tester un jour l'amigel dont vous êtes si nombreuses à vanter les mérites, mais je n'en ai pas et j'ai en revanche d'autres gommes, dont la xanthane en stock. Donc, pour l'instant je vide peu à peu mes vieux stocks et un jour...
    Bon, ici aussi on sent l'hiver pointer le bout de son nez, mais timide, timide et seulement en fin de journée, quand le soleil va se cacher.

    Bises Ileno San !

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  7. C'est là que ta xanthane serait superbe en mélanges avec la gomme konjac.
    Tu peux te préparer un mélange sec avec 2g xanthane et 1g konjac dont tu utiliserais 0.1%.
    Même en quantité égales à 0.1% chacune, la gélification de la phase aqueuse est ronde, émolliée sans ce côté caoutchouteux que tu décris.

    Mais les gels purs à 1% de konjac sont très très doux, les plus agréables à mon goût pour les masques.

    C'est une prouesse que d'obtenir une texture épaisse avec le toucher d'un gel.
    A bientôt te lire.

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    1. Mon propre commentaire ayant disparu (c'est un comble !), je recommence. Je disais donc Michèle, que si je te comprenais bien j'avais intérêt à préparer mon mélange de gommes à l'avance et à très peu doser ? sans doute as-tu raison car si je ne me plains pas de la douceur apportée par la konjac, la texture obtenue est un peu inesthétique. Bon, en pratique on s'en moque un peu puisque ma peau apprécie, mais quand on est un peu exigeant, on voudrait que tout soit réussi.
      A retenter donc ! merci pour le conseil. Bises pluvieuses !

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