lundi 24 septembre 2012

Pierre lavante aux algues


Anne-So : Oh, Loli, tu collectionnes les cailloux maintenant ? gé-ni-al !!! je trouve ça tellement ZEN !

Loli : Mais ma chérie, c’est pas un caillou, voyons ! enfin si… c’est une pierre… mais pas vraiment une vraie pierre… c’est plutôt … comment dire …

Anne-So : Oh, là là, ma Loli, mais c’est vrai que t’as l’air fatiguée !  tu sais même plus ce que tu racontes, ma pôv chérie ! tiens ça me peine de te voir dans cet état-là, toi qui…
Loli & Anne-So by Kyraz


Loli : Mais qu’est-ce qui te prend là, Anne-So ? De quel état tu parles ? Et quel rapport avec ma pierre lavante aux algues ?!!!

Anne-So : Heu, mais te fâche pas Loli chérie, on m’avait dit … mais, à ce que je vois, c’est sûr tu pèèètes la forme ! Alors dis-moi tout sur ton caillou…

Loli : Une pierre Anne-So, il s’agit d’une PI-ÈÈ-RE, pas d’un caillou ! et on peut, savoir qu’est-ce qu’ON t’avait dit ? et c’est qui ce ON ?

Anne-So : Ok, Loli ! Ok, ! tout va bien…  ( Oups ! elle m’a l’air un peu sur les dents, là…)

Loli : Qu’est-ce que tu baragouine entre tes dents ?!

Anne-So : Heu, rien… je disais « ça m’a l’air é-pa-tant »… cette pierre lavante aux algues.   Elle est faite avec la lave des volcans…

Loli : Mais quelle lave ?!!! t’es complètement idiote ma pôv Anne-So, y a pas de volcan dans la vallée d’Itria, pff !

Anne-So : (ouïe, ouïe, ouïe ! c’est sûr elle va vraiment pas bien, la Loli !) ah… mais je croyais qu’une pierre  c’était fait avec de la lave de volcans… y a aussi de la lave de vallée alors ? c’est é-pa-…

Loli : Ce qui est é-pa-tant c’est ta con***, oui ! 

Anne-So : (ouïe, ouïe, ouïe ! z’avaient raison les copines, elle est trèèès fatiguée la Loli ; faut vraiment qu’on l’aide !)

Loli : Lavante, ça veut dire qui lave Anne-So. Une pierre lavante aux algues c’est un savon mais sans mousse ; c’est comme si on se lavait avec une pierre, c’est très doux pour la peau, à cause des oméga 3, tu comprends ?

Anne-So : Tu te laves avec des cailloux, Loli ? et les oméga 3 c’est pas dans l’huile de poisson ? ça doit puer, non ? 

Loli : Je te dis que c’est comme si, Anne-So !!! COM-ME-SI !!! tu piges ? la pierre lavante, c’est un concept, mais en fait c’est quand même un savon… avec des omega 3 et NON Anne-So ça pue pas la morue, ça sent la mer !!!

Anne-So : Voui, voui, ma Loli… allez, t’en fais pas, ça va aller ; et si tu veux mettre des cailloux de foie de morue dans ton bain, c’est pas grave, va, avec une bonne dose de N°5, ça devrait être supportable…

Loli : ??? (mais elle est de plus en plus siphonnée, cette Anne-So, je ne sais pas comment je fais pour la supporter) 

***

savon aux omeg'algues

Durant ma retraite estivale dans mon refuge de la vallée d’Itria, j’ai peu savonné en raison de la canicule infernale qui a sévi tout l’été et qui finissait par réchauffer même l’interieur de la maison pourtant habituellement fraîche. Ma précédente tentative de savonnage quelques semaines plus tôt à Rome s’était traduite par un rancissement quasi immédiat des savons  - passant d’un beau blanc immaculé à un jaune orangé très soutenu - en raison de la moiteur tropicale régnant dans la capitale. 

Mais finalement la curiosité d’expérimenter de nouvelles associations d’ingrédients  a eu raison de mes réticences  et -  soyons parfaitement honnête – de l’énôôrme force d’inertie qui me terrasse (bien plus encore que la chaleur) ces derniers temps.

Si je m’étais écoutée, j’aurais pu refaire un simple castille surgraissé, sans colorant ni parfum tant je l’apprécie sur la peau. Je trouve que c’est un savon parfait pour les peaux sensibles, irritées ou encore le visage, même si  la faible mousse le rend moins attrayant.

Secouant mon cerveau totalement liquéfié par la chaleur et mes muscles engourdis, j’allai traîner du côté du placard à ingrédients  et… si, si !  une idée a fini par surgir. Oh ! pas une idée révolutionnaire, hein ! non, du simple comme j’aime parfois. 

Un pot de karité semblait s’ennuyer fermement, tout seul au milieu des bidons d’huile d’olive de la récolte de novembre. J’ai souvent rajouté du karité dans mes savons à mes débuts de savonnière, mais je n’y ai pas trouvé un « plus » suffisamment significatif pour en faire un incontournable de la savonnerie, contrairement à la cosmétique où je trouve que même en très petite quantité, il fait toute la différence.

Convaincue malgré tout de ses immenses bienfaits sur la peau, j’ai décidé d’associer mes deux « chouchou » et de faire un savon olive-karité. 50/50. Comme ça pas de jaloux !  Pas d’huile de coco ni autre gras. Enfin, pas en tant que tel, mais...

Dans un coin du placard, un sac de papier kraft débordait de bonnes algues laminaires ramenées de Bretagne. C’est alors que certaines lectures me revinrent en mémoire sur les tentatives d’extraction d’acides gras à partir des algues.  Pour en faire du carburant. Mais aussi en cosmétique. Car les algues sont riches, très riches même en bons acides gras tels que les oméga 3. Une des méthodes d’extraction à l’étude semble être l’hydrolyse. Et là, ça a fait « tilt ! » et mon petit cerveau a commencé à s’agiter un peu. Mollement, hein ! mais un peu quand même. 

La saponification étant une des formes d’hydrolyse (voyez qu’il carbure encore un peu le cerveau de Loli !), je me suis dit qu’il n’y aurait pas de mal à saponifier des algues après tout. Au pire ce serait sans incidence et au mieux, ce serait « tout bénef’ » pour la peau. Du moins, si tant est que l’on soit en mesure de démontrer les bienfaits des précieux AGE (acides gras essentiels) sur la peau. 
Je vous donne donc la formule des pierres lavantes. Pour la forme car difficile de faire plus simple, la pierre lavante c’est : 

Pierre lavante aux omég’algues

50 % huile d’olive de la vallée d’Itria (100 % maison, bio et tout et tout)

50 % beurre de karité (acheté avant mon départ pour Rome et donc un peu vieillot)

Surgraissage à 15 % (j'aime bien les savons surgraissés)
algue laminaire

Eau moyenne dans laquelle j’ai laissé gonfler une belle laminaire bretonne (kombu ramené de Roscoff) coupée en petits morceaux et le tout passé au mixer avant saponification.

A la trace, huile de PG bigaradier (qu’on reconnaît à peine dans le savon).

Pazapa (minimaliste là aussi)

J’ai fondu le karité à feu très doux et rajouté l’huile d’olive puis j’ai saponifié à 45 ° environ en versant le gloubi-boulga d’algues dans les huiles. La pâte a immédiatement épaissi, peut-être en raison des alginates contenus dans le kombu et pas seulement de la forte proportion de karité, car au final je n’ai que 50% de gras durs, donc pas plus qu’avec une recette traditionnelle. 

J’ai malgré tout longuement touillé à la spatule et au mixer électrique pour m’assurer une répartition homogène de la solution de soude. Il m’a fallu vraiment beaucoup d’huile de coude car la pâte refusait de se fluidifier.
J’ai ensuite  coulé la pâte dans une boîte façon bento avec couvercle que j’avais préalablement chemisée de film alimentaire. 

Inutile de préciser que ça a très vite durci et j’ai démoulé après juste quelques heures pour pouvoir couper et travailler mes « pierres lavantes ».

J’ai en fait coupé le bloc de savon en 4 morceaux puis façonné les pierres à la couleur beige soutenu (du fait des algues sans doute)à la main (protégée par des gants car c’est encore caustique, donc prudence). Après avoir laissé durcir 2-3 jours, j’ai « râpé » légèrement la surface des pierres pour uniformiser un peu puis lissé la surface sous l’eau avant d’y apposer un pétale de coquelicot macéré dans l’alcool.

Ce savon a bel et bien l’aspect d’une « pierre ». Le parfum de l'HE de PGB s'est transformé et c’est un curieux mais pas désagréable mélange karité-petit grain qui donne sa particularité à ce savon. Et alors que le karité que j’ai utilisé avait une odeur très prononcée (il commençait à être un peu vieux), le savon a une très douce odeur de karité. Ce qui renforce le côté très roots, très nature que lui conférait déjà son aspect physique.

A l’usage, c’est comme je le prévoyais, un savon extrêmement doux pour la peau, sans gluglu, contrairement aux savons 100 % olive, et avec une mousse légère et fine. A peine s’il se forme une crème et quelques grosses bulles au contact de la peau. Du coup, sur un plan sensoriel il n’a évidemment pas les qualités des savons plus traditionnels avec coco-palme, tels qu’on les apprécie, mais je le trouve malgré tout plus agréable qu'un pur olive.

Et puis, comparé à  ce que l'on trouve généralement dans le commerce à la rubrique "savon aux algues" - à savoir un savon plus ou moins industriel (avec EDTA en prime) auquel on a intégré des paillettes d'algues pour un effet exfoliant. Pour avoir testé les deux, et sans fausse modestie, je peux affirmer qu'il n'y a pas photo.

Le VRAI savon aux algues, celui où les algues sont saponifiées au même titre que les huiles est autrement plus dermophile. Oh ! Oh ! j'en vois sourire en re-découvrant ce mot barbare que je n'avais plus exhumé depuis un moment.

Mais c'est pourtant vrai que la présence des algues dans la pâte à savon apporte un glissant, un peu comme un fin voile, ou un pétale de coquelicot qui se déposerait sur la peau.

Du coup ça m'a donné des idées... j’ai réfléchi... (si, si je vous assure que j’ai réfléchi avec le mollusque qui m’a tenu lieu de cervelle pendant ces derniers mois à + 40°) à l’usage de ce savon comme co-émulsifiant, me souvenant du pouvoir épaississant de mes gelées d’algues (dont je parle longuement ici) mais également pour le merveilleux glissant que cela apportait aux émulsions. 
Car au final j’obtiens du sodium olivate (savon de l’huile d’olive)+ sodium stearate (en raison de la proportion d’acide stearique présente dans le karité)+insaponifiables du karité+ un soupçon d’omeg’algue (si, si on y croît !).

A ce stade je vais m’en tenir à ce savon très spécial et il vous faudra patienter encore un peu pour la suite de mes expérimentations. Quand je vous disais que les algues étaient une source d’inspiration inépuisable !


Allez je file prendre une douche d'oméga 3 ! Ciao les filles !

24 commentaires:

  1. De l'originalité toujours, des cosmétiques à la belle âme encore et toujours...

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    1. Merci Flore, tu vas finir par me faire rougir

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  2. Tu es trop forte ma Loli, j'adore
    Et oui, les algues ont une odeur et la mer moi je l'aime
    Un pétale de coquelicot sur cailloux algués...Très very attractif comme concept;)
    Tu eux aussi faire un macérat avec tes algues sur huiles
    je trouve, que cela donne une belle densité aux savons
    Je vais te copiter ma copine, j'adore le rendu des algues en cosmétique et savonnerie...ben, d'ailleurs c'est un cosmétique.
    Ton cerveau est toujours aussi alerte ma Loli et ta plume et tes trouvailles me transportent de joie
    C'est bon, de suivre ton brainstorming et très, mais alors très inspirant
    Ton savon a un côté paléolithique, des origines
    Il est si beau et j'admire cette subtile idée d'y apposer une empreinte de fleurs
    Bravo ma Parisienne

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  3. MLK, par chance, contrairement à ce que j'ai pu lire de savonnières qui avaient introduit des algues à la trace et s'étaient retrouvées avec des savons à l'odeur de marée nauséabonde, ce savon en réalité ne sent pas du tout la marée ou les algues. C'est le karité qui domine mélangé à une odeur de savon et d'un je ne sais quoi un peu surprenant mais pas désagréable en tout cas. Un macérat d'algues ? je ne suis vraiment pas certaine de ce qui pourrait être liposoluble dans les laminaires... mais pourquoi pas après tout.
    C'est vrai qu'il a un côté âge de pierre ce savon, c'est dû à la prise rapide de la pâte qui n'a pas permis de "couler" le savon, même à la spatule. J'aurais presque pu m'abstenir de le mettre en moule et façonner directement à la main ou dans un bol à la façon des africaines qui font leurs boules de savon de palme en faisant tourner la pâte dans un grand saladier pendant un bon moment et elles obtiennent un beau savon tout rond.
    Bises ma poétesse du bitume !

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  4. C'est beau et délicat malgré la forme et le rendu brut de ta pierre lavante. Cette idée de pétale de coquelicot, quel délice !


    Tu nous régales d'une plume alerte, de ton humour imagé et d'un produit fort attractif.

    Tu as toujours de belles idées et, effectivement, avec la chaleur qu'il a fait cet été il n'était pas facile d'être inspirée...

    Merci et bises

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    1. Irène, la prochaine fois j'essaierai de donner une esthétique plus raffinée à mon savon, qui au final n'a de brut que son look car la finesse de sa mousse en fait finalement un savon pour parisiennes délicates ! mais qui conviendrait tout autant à d'élégantes suissesses ;)
      J'incline mon kimono... se soie sauvage

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  5. Si, si Lolita, les commerciaux le font, alors je le fais aussi en maison et sur huile qui me plait à moi
    http://www.huiles-bertin.com/bertin/catalogue/bertin/produits/macerats.html
    Venezia m'a aussi offert une teinture d'algues poivrées, la mer et le piquant...J'aime particulièrement
    et toi, tu m'inspires encore plus;)
    Bises

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    1. MLK, je sais que bertin le fait et en a parlé. Je dis juste que je suis un peu dubitative car vu la structure cellulaire des algues, il me semble difficile d'en extraire les acides gras (comme le dit Bertin) par macérat. Sauf à partir non pas d'une algue brute mais d'algues très finement micronisée, pour que l'éclatement des cellules libère les AG. Mais je testerai un macérat que j'utiliserai dans un savon et dans une émulsion. Je suis un peu cousine avec saint-thomas !

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  6. Je pense qu'il y a un problème à mettre des commentaires quand je le fais de mon mac chez moi
    du boulot c'est pc, et pas de problèmes

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    1. C'est fort cette histoire de MAC ! Emadra a le même problème que toi visiblement. Pourtant moi aussi je poste mes commentaires depuis un mac sans problème ! mystère...

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  7. J'écris depuis Mac sans problème ...

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  8. Pas de mac mais j'ai quelques fois des difficultés aussi pour que les commentaires passent.
    J'ai ainsi plus de temps pour lire attentivement ta prose qui cette fois démontre clairement un problème de communication entre Loli et sa copine!

    Moi j'ai un peu de mal avec tant de karité dans les savons mais peut-être que la texture est grandement améliorée par les algues et le grand srgraissage que tu as choisis.
    C'est justement parce la forte présence d'insaponifiables dans lesquels il y a du latex m'indispose un peu en grande quantité que c'est génial de lui adjoindre un gélifiant gras.

    J'ai très envie de tester ça mais je n'ai pas compris si tu as filtré ta soude aux algues avant la saponification pour retirer des solides.

    Peut-être n'y en avait-il plus dans le liquide alcalin d'ailleurs ... je ne vois aucun morceau d'algue dans ton savon.

    C'est génial ton affaire. Merci!

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    1. Michèle, il faudra que nous testions des savons au karité ensemble car je t'ai souvent entendue (ou lue) dire que de grosses quantités de karité te dérangeaient mais sans réussir à visualiser ou à ressentir ce que tu n'aimais pas. Autant je comprends facilement le "glu-glu" des 100% savon, autant j'ai du mal à repérer le côté "latex" des savons au karité. Veux-tu dire que la crème mousse est plus visqueuse ? oh la la ! je vois qu'il n'y a pas que cette pôvre Anne-So qui a des problèmes de comprenette ;)

      Pour mon eau de dissolution, j'ai pris une algue déshydratée que j'ai découpée en petites paillettes et mise dans l'eau, puis j'ai donné un bon coup de mixer une fois que les algues ont été réhydratées. J'ai donc bien laissé les algues et tout saponifié. La soude s'est chargée du job, d'où la couleur un peu beige pâle. Mais en effet, aucun morceau n'est visible dans le savon, ni ne l'était dans la pâte à savon.

      Je referais bien une nouvelle expérience avec un peu de coco pour intensifier la mousse et mes chouchous traditionnels que sont l'huile de ricin et de riz , en diminuant le karité.

      Affaire à suivre donc !

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  9. Lolitarose, j'adore ton savon pierre et j'adore le beurre de karité dans les savons.

    Je trouve que c'est une excellente idée d'avoir couplé à part égale olive/karité et je pense aussi que grâce au karité tu ne dois plus avoir les inconvénients du gluglu que je trouve également aux savons 100 % l'huile d'olive.

    Très intéressantes tes remarques sur les algues dans un savon.

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    1. Merci Colchique ! en effet pas du tout de gluglu même si la texture est particulière et différente des savons classiquement construits. Et je reste une fan des algues en cosméto tant je leur découvre de qualités.

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  10. coucou lolita! encore une fois je suis ravie de te lire! je trouve que c'est (encore) un très bon article que tu nous as écrit là, pour plusieurs raisons. bon déjà je suis une fan inconditionnelle des 100% olive mais comme toi je suis un peu déçue du peu de mousse... et je suis tout à fait d'accord sur tes remarques en savonnerie! du coup je pense que je vais tester cette combinaison olive/karité pour voir ce que ça donne en vrai.

    ensuite après avoir lu ton article sur les algues (que je vais relire car j'avais aussi le cerveau en version mollusque ce jour là) je me demandais si on pouvait les intégrer dans un savon. j'ai donc ma réponse :)

    mais lorsque tu as parlé de la saponification des algues, je me suis dit dans ma tête "mais il y a de l'huile dans les algues?" et la réponse d'après cette source: http://www.festalgue.com/les-algues/votre-sante/fiches-nutritionnelles.html est que ben non pas tellement... seulement 9% max sur extrait SEC (donc encore moins sur extrait mouillé)dans le haricot de mer, et seulement 3,2% max dans celle que tu as utilisée, et pas d'oméga 3 apparemment... Mais d'un autre côté je ne remet pas en cause tes propos disant que ça apporte vraiment un plus au savon, le truc dermophile ;) du coup je me pose la question, est-ce que ça ne serait pas plutôt les glusides ou les protéines qui donnent cet aspect dermophile, présents en plus grandes quantité (7,5 pour les protéines et 75% pour les glucides dans l'algue que tu as utilisée)?

    voilà en gros les compliments et réflexions que j'ai à te faire, en plus de ta plume toujours aussi agréable!!

    merci beaucoup pour cet article!

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    1. Estelka merci pour ton long et riche commentaire ! Alors, que je précise tout de suite que l'aparté omega 3 dans le savon était un clin d'oeil et que je ne pense pas une seule seconde que la pierre lavante soit un concentré d'omega 3. Les algues en général contiennent toutes des omega 3, c'est du moins ce que j'en ai lu, mais comme tu le dis en quantités très faibles, les plus riches (toute proportion gardée) étant l'ulve et la nori. C'est d'ailleurs pour cette raison que personne ne fabrique ni ne commercialise d'huile d'algue car ça reviendrait beaucoup trop cher. Mais la recherche travaille à trouver des moyens pour transformer les acides gras en huile (carburant), comme cela se faisait au début du siècle dernier avec l'huile de palme pour laquelle des chercheurs avaient envisagé d'utiliser un ester d'HV de palme en guise de carburant. Pour les algues on se dirigerait plutôt vers des méthodes basées sur l'hydrolyse. D'où mon clin d'oeil...

      Quant au côté "dermophile", c'est en effet l'algue saponifiée dans son ensemble qui en sont responsables comme c'était déjà le cas dans les émulsions que j'avais réalisé avec ces mêmes algues hydrolysées au bicarbonate de soude. L'hydrolyse transforme l'eau + algues en gelée très silicone-like sur la peau et comme tu le dis la raison de cette douceur est sans doute la forte proportion de biosaccharides dans les laminaires.

      Il faudrait essayer de mettre dans la solution de soude un gel réalisé avec du fucogel par exemple pour voir ce qu'on obtiendrait comme savon.

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  11. ah super, merci pour ta réponse!! en tout cas c'est super intéressant, j'adore!!

    bises!

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  12. Ayant tout récemment planché sur les algues bretonnes, je lis ton article avec d'autant plus de plaisir, malgré ces deux chipies de Loli et Anne So qui brouillent un peu le message… 

    Pour le karité, moi aussi, à mes débuts, j'en ai saponifié à tour de bras, puis j'ai levé le pied car l'aspect final était parfois un peu trop brut de décoffrage, et que la trace arrivait vraiment très vite.

    Je vais bientôt en Bretagne, tu m'a donné envie de me lancer aussi dans la savonnerie aux algues.

    As-tu choisi le kombu pour une raison particulière par rapport aux autres algues? Pour l'instant, je l'utilise beaucoup… pour cuire mieux les légumineuses, car sa richesse en monoglutamate accélère la cuisson et booste le goût.

    j'aime beaucoup ton savon, on dirait une pierre polie au fond des mers.

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    1. J'ai choisi le kombu car c'est une algue qui m'avait donné un très beau résultat lorsque je l'avais gélifié grâce au bicarbonate. C'etait une façon de voir si les qualités des alginates que j'appréciais en cosmétique (grande finesse, glissant...) se retrouveraient dans un savon. Et j'en suis très satisfaite. Je crois que je vais tester une formule contenant un peu de coco pour accentuer la mousse et voir comment évolue la crémosité.

      Et puis c'est vraiment un savon 2 en 1, car c'est un émulsifiant exceptionnel que j'ai l'intention de tester à fond !

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  13. Merci pour ce joli récit très inspirant. Il me reste des algues séches que je n'ai pas encore utilisées. Je pense que je vais détourner un peu de pâte de savon pour ls tester.

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    1. Essaie Loulou, mets des algues partout, c'est un vrai bonheur tant en cosmétique qu'en savonnerie. Et en gastronomie j'en raffole aussi !

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