dimanche 30 septembre 2012

Crème d'automne au savon OKA

Savon OKA 'olive-karité-algues' en émulsifiant



Crème d'automne au savon OKA

Aussitôt dit aussitôt fait ! une fois réalisé ce nouveau savon olive-karité-algues, j'ai immédiatement pensé à le tester comme émulsifiant. En raison de sa composition et de sa mousse très fine et particulièrement glissante, il m'a paru intéressant à utiliser en cosmétique.

Je sais que de nombreuses tambouilleuses maison ont des réticences à incorporer du savon dans un soin : pH élevé, agressif, décapant... tout ce que l'on peut reprocher habituellement à un savon pour le visage.
Bien qu'ayant toujours eu une peau sensible (du moins avant de passer à la tambouille maison), l'introduction de savon dans mes soins ne m'a jamais provoqué la moindre réaction cutanée. De même qu'avec des savons à forte proportion d'huile d'olive et un fort surgraissage, je peux laver mon visage au savon sans risque. Alors qu'auparavant, il suffisait que l'eau shampooinée me dégouline sur la truffe pour que ma peau se couvre de plaques rouges et se mette à peler. Heureusement qu'en ce temps là, Madame, le téléphone phone qui fait clic-clac n'existait pas et que personne n'a eu l'idée de brandir son vieux Leïca pour immortaliser la Loli au saut du bain !

Bref, le savon dans les cosmétiques, j'aime TRES BEAUCOUP. En solo ou en duo, c'est un vrai plus.

Mais revenons-en à mon savon-émulsifiant OKA.

Le meilleur moyen d'étudier son comportement était de faire un premier essai très simple en l'utilisant comme seul émulsifiant, à l'instar de ce que j'avais fait avec un savon à la formule "classique" dans ma crème au savon du débutant.

Je suis donc repartie de la même architecture que je livre ici d'abord en grammes en raison de l'extrême simplicité de réalisation pour les débutantes

Formule de base en gr

-50 gr eau
-50 gr huile
-5 gr savon râpé
-5 gr alcool cétéarylique
un peu de poudre pour le toucher non gras, si on le souhaite

Pour ce nouvel essai, j'ai transformé la formule en pourcentages, en conservant 4% pour incorporer d'éventuels ajouts tels HE, conservateur, etc... et on obtient 

Formule de base en %

-43,5 % eau (eau, hydrolats, gommes, glycerine, ...)
-43,5 % huile (huiles végétales, beurres,...)
-4,5 % savon
-4,5 % épaississants (alcool cétéarylique, alcool cétylique, acide stéarique, cétyl esters...)
-4 % ajouts (actifs, HE, poudres, conservateur,...)


Pour la formulation rien de plus simple : un BM pour fondre les gras et cires ; un autre pour dissoudre le savon dans l'eau ; on verse l'eau savonneuse dans les huiles en mélangeant bien avec la cuillère magique. Dès formation d'une belle émulsion (rapide avec ce savon-ci), on peut retirer du feu et continuer de mélanger à froid jusqu'à épaississement de l'émulsion. Ensuite, comme pour une crème classique, on intègre un à un les ajouts.

 PLUS SIMPLE TU MEURS ! enfin, non car j'ai réalisé une formule encore plus simple et à froid, mais il vous faudra attendre un peu avant que je ne vous dévoile cette petite merveille !

Réalisation de la crème d'automne au savon OKA


J'aurais pu réaliser cette crème avec juste de l'eau, de l'huile d'olive et du savon. Et Hop ! en 3 coups de cuillère magique, emballé c'est pesé !

Mais pour évaluer si véritablement ce soap'emulsifiant se comporterait en tous points comme un "vrai" émulsifiant, j'ai donc composé une "vraie" formule, comme je l'aurais fait avec l'olivem, le VE/MF ou tout autre émulsifiant classique. C'est-à-dire en tenant compte des caractéristiques connues de l'émulsifiant et des conseils de la fiche technique. Bon, je sais, ici la fiche technique, c'est Loli qui va la rédiger au fur et à mesure de ses expérimentations.

Mais déjà, un simple savonnage de mains m'a permis de juger des caractéristiques de la mousse. Si avec un 100 % coco, j'obtiens une mousse qui est quasiment une émulsion en soi, avec le savon OKA, on est plus dans le registre du lait léger et peu moussant. 

J'ai donc choisi de "corseter" ma formule (comme dirait MLK) en y intégrant une gomme dans la phase aqueuse et des beurres dans la phase grasse, que j'ai voulu riche et émolliente. C'est encore l'été à Rome, mais on sent que l'automne n'est plus très loin. Enfin, pour l'instant il pleut sur Rome, il pleut même des cordes mais le thermomètre reste bloqué sur 28°. Bref, c'est l'automne sous les tropiques, mais Lolitarose reste une parisienne, donc je fais une crème d'automne. Non mais !

En co-émulsifiant épaississant, j'ai opté pour un mélange intégrant à la fois de l'acide stéarique (son pouvoir épaississant est intéressant car j'ai constaté que les crèmes au savon ont du mal à épaissir) et de l'alcool cétylique (que je trouve quand même moins "rugueux") et du cétyl palmitate pour la finesse qu'il donne aux crèmes et ce petit côté blanc pur dont je ne me lasse pas. 

Sans plus attendre, la formule de la Crème d'automne au savon OKA

Phase eau 44 %

-22 % HA petit grain mandarine (maison)
-23,2 % HA lavande (maison)
-0,5 % allantoïne
-0,3 % gomme xanthane

Phase grasse 40 %

-15 % HV olive
-10 % HV macadamia
-5 % HV son de riz
-5 % huile/beurre de coco
-5 % beurre de karité nilotica

Complexe émulsifiant 9 %

savon OKA
-4,5 % savon OKA  
-2 % alcool cétylique
-1,5 % cétyl palmitate
-1 % acide stearique

Ajouts 5 %

-3 % Lauroyl lysine
-1 % acide hyaluronique (préparé en gel)
-0,5 % parfum (HE PG mandarine ; HE géranium rosat ; HE carotte ; HE lavande sauvage ; HE myrrhe ; CO2 encens)
-0,5 % cosgard

Pazapa


Râper le savon et réserver
Préparer le gel en versant la gomme xanthane dans les hydrolats au BM ;
Fondre les cires, beurres et huiles au BM
Verser  le savon dans la phase aqueuse et mettre au ban marie quelques secondes en touillant pour faire fondre le savon. Contrairement à tous les savons que j'ai utilisé jusqu'ici (et quelle que soit la formule), le savon OKA s'est dissout presque instantanément et sans avoir à forcer la chauffe. On obtient une solution très légèrement mousseuse.
Verser l'eau savonneuse dans les huiles chaudes en laissant au BM très doux. Touiller jusqu'à prise de l'émulsion qui ici s'est avérée très rapide - beaucoup plus qu'avec un savon traditionnel.
Retirer du feu et continuer de touiller jusqu'à refroidissement et épaississement de l'émulsion.

Intégrer les ajouts un à un en mélangeant entre chaque ajout, toujours à la cuillère.

Voilà c'est fini !

crème d'automne
Le savon OKA se prête particulièrement bien à ce rôle d'émulsifiant. Il est d'un usage ultra simple pour un résultat ultra pro !

On obtient une belle émulsion, ni trop fluide ni trop dense, onctueuse et brillante, d'un beau blanc bien pur. Je sais la photo est mauvaise mais j'ai perdu l'appareil photo et le téléphone par temps gris souris, c'est pas top-top !

Sur la peau, comme promis, une crème riche mais sans excès, que je réserve toutefois au corps vu la proportion de gras utilisée, comparable à une cold-cream. Le résultat est en revanche beaucoup plus léger, beaucoup plus cosmétique dans sa plasticité et sa sensorialité. L'ajout de lauroyl lysine lui donne un toucher velouté et non gras très appréciable.

On peut remplacer par de la poudre de riz, de l'arrow root, de la sève de bambou, en fonction de ce que l'on a ou pas dans ses placards. On peut aussi faire sans, surtout si on a la peau très sèche.

J'ai choisi mes gras au feeling. Attention, feeling ne veut paq dire pif, loin s'en faut ! Mais autant, auparavant je décortiquais les fiches techniques des beurres et huiles végétales pour en découvrir tous les merveilleux composants qui allaient nourrir et réparer ma peau fripée.
Hé là qui a osé dire que Lolitarose a la peau fripée ! Lolitarose a la peau jeune et lisse, comme toutes ses copines de tambouille. Mauvaises langues, va !

Je disais donc, qu'avant bla bla bla... mais à force de tester et re-tester huiles et beurres, en solo, en duo, en trio, je les choisis en fonction de la perception que j'en ai sur ma peau. C'est ça le feeling cosmétique. Et ma peau aime l'émollience de l'olive et du son de riz, le lissant du macadamia et du coco, la douceur veloutée et réparatrice du nilotica. Et au final, peu m'importe les omega 3, 6, 9, 12 ... oups ! je crois qu'il n'y a pas de 12.

Je conseille vivement de tester les huiles sur sa peau directement avant de choisir de les incorporer dans un soin. On les essaie d'abord seules, puis accompagnées en changeant pour ressentir ce que la peau préfère. Pour moi, ça vaut toutes les fiches techniques.

Les berlingots d'AZ sont parfaits pour ça, on peut se faire une opinion à moindre coût. Sans gaspi.

Qualités des gras, donc, que je retrouve dans cette crème d'automne qui se suffirait en l'état, mais à laquelle j'ai quand même voulu ajouter un incontournable des soins cosmétiques : l'acide hyaluronique. Un précieux allié  des peaux automnales, que le soleil d'août a un peu malmenées et qui ont besoin d'être boostées pour affronter l'hiver lisses, lumineuses et rebondies comme un kaki, ce merveilleux fruit de l'hiver.

Un petit mot sur la synergie parfumée, très discrète car faiblement dosée. On peut sans souci pousser à 1-1,5 %. Les HE ont été choisies tout autant pour leurs qualités olfactives que pour leurs propriétés régénérantes pour la peau, en particulier la lavande, le géranium et la carotte (et, oui la revoilà ma chouchoute !) ; la myrrhe et l'encens sont d'excellents anti-inflammatoires qui viennent compléter l'action adoucissante de l'allantoïne.

Allez, je vous le dis tout bas et puis encore tout haut : ce savon OKA a un grand avenir devant lui. 

Et si vous êtes bien sages je vous conterai bientôt la formule minimale d'un soin visage où le savon OKA épousa le beurre niloTICA et ils eurent...

lundi 24 septembre 2012

Pierre lavante aux algues


Anne-So : Oh, Loli, tu collectionnes les cailloux maintenant ? gé-ni-al !!! je trouve ça tellement ZEN !

Loli : Mais ma chérie, c’est pas un caillou, voyons ! enfin si… c’est une pierre… mais pas vraiment une vraie pierre… c’est plutôt … comment dire …

Anne-So : Oh, là là, ma Loli, mais c’est vrai que t’as l’air fatiguée !  tu sais même plus ce que tu racontes, ma pôv chérie ! tiens ça me peine de te voir dans cet état-là, toi qui…
Loli & Anne-So by Kyraz


Loli : Mais qu’est-ce qui te prend là, Anne-So ? De quel état tu parles ? Et quel rapport avec ma pierre lavante aux algues ?!!!

Anne-So : Heu, mais te fâche pas Loli chérie, on m’avait dit … mais, à ce que je vois, c’est sûr tu pèèètes la forme ! Alors dis-moi tout sur ton caillou…

Loli : Une pierre Anne-So, il s’agit d’une PI-ÈÈ-RE, pas d’un caillou ! et on peut, savoir qu’est-ce qu’ON t’avait dit ? et c’est qui ce ON ?

Anne-So : Ok, Loli ! Ok, ! tout va bien…  ( Oups ! elle m’a l’air un peu sur les dents, là…)

Loli : Qu’est-ce que tu baragouine entre tes dents ?!

Anne-So : Heu, rien… je disais « ça m’a l’air é-pa-tant »… cette pierre lavante aux algues.   Elle est faite avec la lave des volcans…

Loli : Mais quelle lave ?!!! t’es complètement idiote ma pôv Anne-So, y a pas de volcan dans la vallée d’Itria, pff !

Anne-So : (ouïe, ouïe, ouïe ! c’est sûr elle va vraiment pas bien, la Loli !) ah… mais je croyais qu’une pierre  c’était fait avec de la lave de volcans… y a aussi de la lave de vallée alors ? c’est é-pa-…

Loli : Ce qui est é-pa-tant c’est ta con***, oui ! 

Anne-So : (ouïe, ouïe, ouïe ! z’avaient raison les copines, elle est trèèès fatiguée la Loli ; faut vraiment qu’on l’aide !)

Loli : Lavante, ça veut dire qui lave Anne-So. Une pierre lavante aux algues c’est un savon mais sans mousse ; c’est comme si on se lavait avec une pierre, c’est très doux pour la peau, à cause des oméga 3, tu comprends ?

Anne-So : Tu te laves avec des cailloux, Loli ? et les oméga 3 c’est pas dans l’huile de poisson ? ça doit puer, non ? 

Loli : Je te dis que c’est comme si, Anne-So !!! COM-ME-SI !!! tu piges ? la pierre lavante, c’est un concept, mais en fait c’est quand même un savon… avec des omega 3 et NON Anne-So ça pue pas la morue, ça sent la mer !!!

Anne-So : Voui, voui, ma Loli… allez, t’en fais pas, ça va aller ; et si tu veux mettre des cailloux de foie de morue dans ton bain, c’est pas grave, va, avec une bonne dose de N°5, ça devrait être supportable…

Loli : ??? (mais elle est de plus en plus siphonnée, cette Anne-So, je ne sais pas comment je fais pour la supporter) 

***

savon aux omeg'algues

Durant ma retraite estivale dans mon refuge de la vallée d’Itria, j’ai peu savonné en raison de la canicule infernale qui a sévi tout l’été et qui finissait par réchauffer même l’interieur de la maison pourtant habituellement fraîche. Ma précédente tentative de savonnage quelques semaines plus tôt à Rome s’était traduite par un rancissement quasi immédiat des savons  - passant d’un beau blanc immaculé à un jaune orangé très soutenu - en raison de la moiteur tropicale régnant dans la capitale. 

Mais finalement la curiosité d’expérimenter de nouvelles associations d’ingrédients  a eu raison de mes réticences  et -  soyons parfaitement honnête – de l’énôôrme force d’inertie qui me terrasse (bien plus encore que la chaleur) ces derniers temps.

Si je m’étais écoutée, j’aurais pu refaire un simple castille surgraissé, sans colorant ni parfum tant je l’apprécie sur la peau. Je trouve que c’est un savon parfait pour les peaux sensibles, irritées ou encore le visage, même si  la faible mousse le rend moins attrayant.

Secouant mon cerveau totalement liquéfié par la chaleur et mes muscles engourdis, j’allai traîner du côté du placard à ingrédients  et… si, si !  une idée a fini par surgir. Oh ! pas une idée révolutionnaire, hein ! non, du simple comme j’aime parfois. 

Un pot de karité semblait s’ennuyer fermement, tout seul au milieu des bidons d’huile d’olive de la récolte de novembre. J’ai souvent rajouté du karité dans mes savons à mes débuts de savonnière, mais je n’y ai pas trouvé un « plus » suffisamment significatif pour en faire un incontournable de la savonnerie, contrairement à la cosmétique où je trouve que même en très petite quantité, il fait toute la différence.

Convaincue malgré tout de ses immenses bienfaits sur la peau, j’ai décidé d’associer mes deux « chouchou » et de faire un savon olive-karité. 50/50. Comme ça pas de jaloux !  Pas d’huile de coco ni autre gras. Enfin, pas en tant que tel, mais...

Dans un coin du placard, un sac de papier kraft débordait de bonnes algues laminaires ramenées de Bretagne. C’est alors que certaines lectures me revinrent en mémoire sur les tentatives d’extraction d’acides gras à partir des algues.  Pour en faire du carburant. Mais aussi en cosmétique. Car les algues sont riches, très riches même en bons acides gras tels que les oméga 3. Une des méthodes d’extraction à l’étude semble être l’hydrolyse. Et là, ça a fait « tilt ! » et mon petit cerveau a commencé à s’agiter un peu. Mollement, hein ! mais un peu quand même. 

La saponification étant une des formes d’hydrolyse (voyez qu’il carbure encore un peu le cerveau de Loli !), je me suis dit qu’il n’y aurait pas de mal à saponifier des algues après tout. Au pire ce serait sans incidence et au mieux, ce serait « tout bénef’ » pour la peau. Du moins, si tant est que l’on soit en mesure de démontrer les bienfaits des précieux AGE (acides gras essentiels) sur la peau. 
Je vous donne donc la formule des pierres lavantes. Pour la forme car difficile de faire plus simple, la pierre lavante c’est : 

Pierre lavante aux omég’algues

50 % huile d’olive de la vallée d’Itria (100 % maison, bio et tout et tout)

50 % beurre de karité (acheté avant mon départ pour Rome et donc un peu vieillot)

Surgraissage à 15 % (j'aime bien les savons surgraissés)
algue laminaire

Eau moyenne dans laquelle j’ai laissé gonfler une belle laminaire bretonne (kombu ramené de Roscoff) coupée en petits morceaux et le tout passé au mixer avant saponification.

A la trace, huile de PG bigaradier (qu’on reconnaît à peine dans le savon).

Pazapa (minimaliste là aussi)

J’ai fondu le karité à feu très doux et rajouté l’huile d’olive puis j’ai saponifié à 45 ° environ en versant le gloubi-boulga d’algues dans les huiles. La pâte a immédiatement épaissi, peut-être en raison des alginates contenus dans le kombu et pas seulement de la forte proportion de karité, car au final je n’ai que 50% de gras durs, donc pas plus qu’avec une recette traditionnelle. 

J’ai malgré tout longuement touillé à la spatule et au mixer électrique pour m’assurer une répartition homogène de la solution de soude. Il m’a fallu vraiment beaucoup d’huile de coude car la pâte refusait de se fluidifier.
J’ai ensuite  coulé la pâte dans une boîte façon bento avec couvercle que j’avais préalablement chemisée de film alimentaire. 

Inutile de préciser que ça a très vite durci et j’ai démoulé après juste quelques heures pour pouvoir couper et travailler mes « pierres lavantes ».

J’ai en fait coupé le bloc de savon en 4 morceaux puis façonné les pierres à la couleur beige soutenu (du fait des algues sans doute)à la main (protégée par des gants car c’est encore caustique, donc prudence). Après avoir laissé durcir 2-3 jours, j’ai « râpé » légèrement la surface des pierres pour uniformiser un peu puis lissé la surface sous l’eau avant d’y apposer un pétale de coquelicot macéré dans l’alcool.

Ce savon a bel et bien l’aspect d’une « pierre ». Le parfum de l'HE de PGB s'est transformé et c’est un curieux mais pas désagréable mélange karité-petit grain qui donne sa particularité à ce savon. Et alors que le karité que j’ai utilisé avait une odeur très prononcée (il commençait à être un peu vieux), le savon a une très douce odeur de karité. Ce qui renforce le côté très roots, très nature que lui conférait déjà son aspect physique.

A l’usage, c’est comme je le prévoyais, un savon extrêmement doux pour la peau, sans gluglu, contrairement aux savons 100 % olive, et avec une mousse légère et fine. A peine s’il se forme une crème et quelques grosses bulles au contact de la peau. Du coup, sur un plan sensoriel il n’a évidemment pas les qualités des savons plus traditionnels avec coco-palme, tels qu’on les apprécie, mais je le trouve malgré tout plus agréable qu'un pur olive.

Et puis, comparé à  ce que l'on trouve généralement dans le commerce à la rubrique "savon aux algues" - à savoir un savon plus ou moins industriel (avec EDTA en prime) auquel on a intégré des paillettes d'algues pour un effet exfoliant. Pour avoir testé les deux, et sans fausse modestie, je peux affirmer qu'il n'y a pas photo.

Le VRAI savon aux algues, celui où les algues sont saponifiées au même titre que les huiles est autrement plus dermophile. Oh ! Oh ! j'en vois sourire en re-découvrant ce mot barbare que je n'avais plus exhumé depuis un moment.

Mais c'est pourtant vrai que la présence des algues dans la pâte à savon apporte un glissant, un peu comme un fin voile, ou un pétale de coquelicot qui se déposerait sur la peau.

Du coup ça m'a donné des idées... j’ai réfléchi... (si, si je vous assure que j’ai réfléchi avec le mollusque qui m’a tenu lieu de cervelle pendant ces derniers mois à + 40°) à l’usage de ce savon comme co-émulsifiant, me souvenant du pouvoir épaississant de mes gelées d’algues (dont je parle longuement ici) mais également pour le merveilleux glissant que cela apportait aux émulsions. 
Car au final j’obtiens du sodium olivate (savon de l’huile d’olive)+ sodium stearate (en raison de la proportion d’acide stearique présente dans le karité)+insaponifiables du karité+ un soupçon d’omeg’algue (si, si on y croît !).

A ce stade je vais m’en tenir à ce savon très spécial et il vous faudra patienter encore un peu pour la suite de mes expérimentations. Quand je vous disais que les algues étaient une source d’inspiration inépuisable !


Allez je file prendre une douche d'oméga 3 ! Ciao les filles !

samedi 15 septembre 2012

Crème cacaotée à l'orchidée noire

orchidées sauvages des Pouilles


En prévision d'une escapade parisienne déjà un peu lointaine, j'avais réalisé une crème à la fois précieuse et gourmande, de celles qu'on aime bien avoir toujours avec soi. Parce qu'on a les mains trop sèches à force de trop les savonner (même avec nos merveilleux savons maisons, au bout d'un moment, nos mimines nous crient "stop" !), ou simplement parce qu'on a envie d'un parfum un peu sensuel et aphrodisiaque (si, si je vous assure !) pour recharger les batteries en milieu de journée. Tout cela bien sûr sans sacrifier au luxe - certes minimal, mais luxe quand même - dont ne saurait se passer une Parisienne qui se respecte. 

J'ai donc pensé ce soin comme une pause "Luxe, Douceur et Volupté". 


Un luxe simple et minimal qui tient à un seul ingrédient : l'extrait d'orchidée noire sauvage. 

Douceur de la texture et donc douceur sur et pour la peau. Avec une formule encore une fois minimaliste où mon émulsifiant @pimulse a donné le meilleur de lui-même, aidé dans sa tâche par un beurre de cacao brut ultra odorant et merveilleux pour la peau (grazie cara MLK !).

Et enfin la volupté d'un parfum suave et gourmand à souhait. De ceux pour lesquels on ouvre le pot plusieurs fois par jour pour en "sniffer" l'effluve.  La double synergie patchouli-encens et vanille-cacao a parfaitement fonctionné, boostée par une teinture de fèves tonka maison qui vous donne envie de chanter "viens, je t'emmène !".

Bref, une synergie simple - peu de composants, mais puissants, tous de chez Ananda Apothecary - mais que je trouve addictive et où le cacao a la part belle. Car outre un merveilleux CO2 (Ananda Apothecary),il est également représenté dans la formule par le fabuleux beurre offert  par MLK  et un hydro-glycériné cacao-rose made in Venezia (grazie mille principessa !)tout aussi parfumé. 

Je me devais de faire hommage aux cadeaux des copines, pas vrai ?


Côté formule donc, peu d'ingrédients, pour un résultat lui aussi à la hauteur de mes belles amies : parce qu'elles le valent bien! (non, mais !)


Et parce que OUI elles le valent bien (oui, oui j'insiste !), j'y ai donc introduit un extrait d'orchidées sauvages des Pouilles, sublimes petites orchidées qui au printemps tapissent le sol d'un terrain derrière la maison. 

Rassurez-vous, je n'ai pas contribué à la disparition de cette merveilleuse plante, en ayant cueilli très peu, juste de quoi faire quelques millilitres d'extrait.

J'ai réalisé un extrait sur alcool et glycérine, à partir de l'orchidée noire. Mais il y avait plusieurs autres variétés, toutes de petite taille et de couleur rose-mauve comme dans la photo du haut. 


Je vous donne la formule de la crème cacaotée avant de m'attarder plus avant sur les vertus des orchidées en cosmétique.


 Formule 
calendulas d'hiver

Huiles 

- 13 % macérat d'HV olive sur jeunes calendulas d'hiver (maison)
- 6,6 % coco fractionné
- 2 % IPP

Cires et beurres 

- 7 % beurre de cacao très odorant (MLK)
- 6,6 % @pimulse jaune (maison)
- 2 % acide stearique

Eaux 

- 46 % gel xanthane à HA de PG mandarine et romarin (maison)
- 6,6 % gel de chondrus crispus (maison)

Ajouts 

-3,3 % EAG d'orchidées sauvages (maison)
-3,3 % glycériné de cacao et rose (cadeau de Vénézia)
- 2 % protéines de soie (macosméto)
- 1 % CO2 calendula (bilby)
-0,6 %conservateur cosgard

Parfum au nez

CO2 de cacao
CO2 vanille
HE patchouli
CO2 encens (mélange carterii et boswelia)
teinture de fèves tonka (maison)

Pazapa

Une réalisation extrêmement simple, grâce à l'utilisation de l'@pimulse, dont je rappelle pour celles qui découvriraient ce blog, qu'il s'agit de cire d'abeille saponifiée. Pour tout savoir sur l'@pimulse, c'est ici et pour quelques recettes vous les trouverez dans l'index.

Réaliser préalablement le gel de chondrus auquel vous ajouterez du conservateur afin de le préserver. Une fois réalisé je le conserve au frais pendant plusieurs mois sans souci.

Méthode :
Faire bouillir 200 ml d'eau distillée avec environ 1 CS d'algues sèches en vrac préalablement lavées à l'eau distillée ; laisser bouillir 5 mn puis reposer encore 5 mn. Filtrer pour recueillir le gel relativement liquide. Ajouter un conservateur. Verser en pot en verre stérile. De cette façon, je conserve ce silicone végétal plusieurs mois au frigo et l'utilise dans mes shampooings, après-shampooing et autres formulations où l'ajout de silicone-like est intéressant.

Réaliser ensuite le gel de xanthane ; ici j'ai à nouveau utilisé mes hydrolats de romarin et petit-grain mandarinier. Réserver.

Mettre au BM chaud les huiles et cires. Quand les cires ont fondu, incorporer la phase eau préalablement mélangée. Retirer du feu et mélanger vigoureusement jusqu'à obtention d'une belle émulsion lisse et homogène.
Incorporer les ajouts un à un à froid puis le parfum.

Quand je vous disais qu'il n'y a pas plus simple ! et pourtant le résultat est au rendez-vous : une crème très fine, glissante, sans trace blanche (normal il n'y en a jamais avec l'@pimulse, même en présence d'acide stéarique). C'est une crème que personnellement je réserve aux mains, aux jambes qui ont souffert du soleil mais qui conviendra sans doute parfaitement à des peaux plus sèches que la mienne même en soin visage. Elle laisse la peau très douce, une fois qu'on l'a laissée pénétrer quelques minutes. 
fèves de cacao
Malgré sa formule minimaliste c'est un véritable soin réparateur grâce notamment aux vertus du beurre de cacao dont j'ai longuement vanté les vertus ici : une bombe de rêve & rock'n roll ... heu, non de révesratrol (si, si on y croit et ON LE VAUT BIEN !). Celui offert par MLK et qui vient de chez VOY si j'ai bonne mémoire est une pure merveille olfactive : pas raffiné et donc de couleur plus soutenue que celui qu'on utilise habituellement en cosmétique.

Le macérat de jeunes calendulas est également un vrai bijou pour la peau. Je sais, ça peut sembler un ingrédient d'une grande banalité face à tous ces nouveaux actifs que l'on a à disposition aujourd'hui. Mais pour moi macérat et CO2 de calendula restent des musts de la cosmétique maison, dont l'efficacité peut se voir à l'oeil nu. Chez moi, dans mon jardin des Pouilles, les premiers calendulas viennent me narguer dès novembre et entre deux cueillettes d'olives, je prépare mes macérats après avoir fait légèrement sécher les fleurs à peine cueillies. 

Mais cette année, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir au printemps des tapis d'orchidées sauvages dans la campagne alentour. Un vrai régal pour les yeux ! Et évidemment, j'ai tout de suite pensé que, s'il ne s'agissait pas de variétés vénéneuses - ce qui m'a été confirmé - je pourrais réaliser un extrait à  introduire dans mes soins fait maison.

J'attire l'attention des cosméteuses maison qui, comme moi aiment réaliser leurs extraits de plantes, qu'il est important d'aller se renseigner auprès d'un conservatoire botanique et/ou d'un pharmacien local pour s'assurer qu'il ne s'agit pas d'espèces dangereuses. Ici, plus que d'habitude, un test d'innocuité sur le bras s'impose avant toute introduction dans un produit cosmétique. Et bien sûr on s'abstient si l'espèce est en voie de disparition !

Bon, moi j'ai bien sûr utilisé mes cobayes à l'insu de leur plein gré, à commencer bien sûr par votre Dame Loli.   

Aussitôt dit, aussitôt fait, donc, j'ai réalisé mon extrait. Et j'ai choisi la variété noire, plus riche  en anti-oxydants. Donc, aux vertus anti-âge incontestées (bien sûr !). 

Et l'orchidée est aussi en cosmétique le symbôle du luxe. Voici ce qu'en dit un grand parfumeur qui l'a introduite dans l'un de ses soins de très haute couture (comme son prix d'ailleurs, affiché à 350 euros le pot):

"L’Orchidée, le secret d’une longévité prodigieuse…

De tous les chefs d’œuvre de la nature, l’orchidée est la créature la plus évoluée et la plus fascinante du monde végétal. Sa durée de floraison et son espérance de vie hors du commun défient l’imagination. Sa longévité est extraordinaire, sa beauté inaltérable."
ou encore 
"Le luxe d’une peau sublime qui reprend le pouvoir sur le temps"
C'est  beau, non ? 

Visiblement, l'extrait d'orchidées (il en existe de plusieurs sortes, cf. chez AZ et macosmeto qui proposent deux extraits différents) est un actif cosmétique prisé. On en trouve, je le disais dans les plus grandes marques de cosmétique high-tech, mais également chez nos fournisseurs d'ingrédients préférés.Sous forme huileuse ou glycérinée. Extraits à partir de plantes différentes.

Mais quelle que soit l'orchidée choisie ou la méthode d'extraction (macérat huileux ou extrait glycériné), il semble y avoir convergence sur les vertus de l'orchidée en cosmétique. Je cite, dans le désordre :
-adoucissant pour la peau
-hydratant
-puissant anti-oxydant et donc anti-âge (mais si on y croit)
-régénérant  

Bon, mes parisiennes préférées n'ont absolument pas besoin d'actifs anti-âge, of course ! mais parce que tout le monde s'accorde à dire que l'orchidée est le symbole ultime de la beauté, je ne pouvais pas ne pas leur offrir cette petite gourmandise.


Fondante à souhait
  Lolitarosement votre !

dimanche 9 septembre 2012

Polyloli : crème hydratante aux esters de sucre

Polyloli, crème aux esters de sucre

Cette crème pourrait s'intituler "retour aux sources" ou mieux encore "retour aux sucres". Esters de sucres, bien sûr. Car à nouveau ces émulsifiants ont le vent en poupe dans la cosméto maison. De petits nouveaux sont apparus, tels le Plantec ou le Natpursol chez Biowell pour notre plus grand plaisir.

Je ne les ai pas testés moi-même, n'en n'ayant pas sous la main mais,après avoir usé et abusé de certaines émulsions réalisées par MLK ou Michèle avec ces mêmes émulsifiants, je me suis souvenu à quel point les esters de sucre étaient merveilleux pour la peau. Et en plus ils permettent de réaliser des émulsions à la texture et au visuel très pro.

Bref, comme Maître Renard par l'odeur alléché, votre Lolitarose, qui ces derniers temps avait un peu rangé ses ustensiles de tambouilleuse maison, a été fortement tentée par une 'tite crémouille aux esters de sucre.

J'ai  donc été fouiner au fond de mon placard pour en ressortir mes "vieux" émulsifiants. Tout d'abord, un vieux classique qui a largement fait ses preuves : le cétéaryl glucoside. Le mien vient de chez Copaïba. Puis pour rester dans la douceur et l'hydratation extrêmes, je l'ai marié au sucrose stéarate que je rechigne toujours à utiliser à cause de la fâcheuse tendance à laisser une trace blanche sur la peau.

Comme en ce moment, la Lolitarose vit un peu en mode "je m'économise un max", j'ai voulu une crème à tout faire : yeux, visage, buste, corps, mains.... bref, la crème polyvalente par excellence, d'où son nom de Polyloli.

Et je dois dire qu'elle a fait LA JOB, comme diraient les copines de Potion. 

Allez, sans plus attendre la petite formule toute simple.

Phase huile 22%

-6,4 % coco fractionné (zinette)
-4,8 % propanédiol dycaprylate (heliocosm)
-4,8 % HV périlla (AZ)
-3,1 % macérat rose / jojoba
-2,9 % karité nilotica (rajouté à froid)

Emulsifiants et cires 7,3%

-3,3 % sucrose stearate (AZ)
-2% alcool cétylique
-1% cétéaryl glucoside (copaïba)
-1% cétyl palmitate (copaïba)

Phase acqueuse 64,6 % 

-46% HA PG mandarinier (du jardin)
-10% HA romarin (du jardin)
-5% glycérine végétale
-3% fucogel (copaïba)
-0,6% gomme xanthane

Ajouts à froid  6%

-3% lauroyl lysine (AZ)
-1% bisabolol
-1% relax-rides (AZ)
-0,5% oligopeptides d'hibiscus (heliocosm)
-0,5% conservateur

Parfum  0,7%

HE d'ylang-Ylang des Comores ; HE Famonty (asterale) ; HE hélychrise italienne (lavandes &co)

Préparer le gel de xanthane avec l'HA de PG. Puis chauffer la phase eau et la phase huile simultanément jusqu'à 75°.  Mélanger les deux phases à chaud en touillant à la spatule puis passer au mixer électrique pendant 10 mn.

Incorporer un à un les ajouts en mélangeant bien ; ne pas oublier le nilotica. Ajouter le conservateur et le parfum.

Côté composition, j'ai fait la part belle aux huiles légères telles le coco frac, le propanédiol et le jojoba afin de pouvoir me lâcher avec un peu de nilotica (que j'adore !)et d'huile de périlla  qui apportent leur pouvoir très réparateur, mais qui en cette saison ultra chaude (j'ai réalisé cette crème début juin, alors que le thermomètre flirtait allègrement avec les 35° à l'ombre) risquaient d'alourdir un peu la crème. Et malgré mes précautions, elle s'est en effet avérée trop lourde en crème visage de jour. 

Mon ami l'alambic
Côté émulsifiants, dosage léger également aussi bien en émulsifiants qu'en épaississants. Je me doutais que le sucrose stéarate même à 3% épaissirait déjà suffisamment, sans avoir besoin de forcer sur les épaississants.

Côté eau, c'était l'occasion rêvée d'utiliser mes hydrolats de printemps. Le premier réalisé avec des feuilles de mandarinier amer, découvert dans un superbe jardin abandonné où j'ai également cueilli le romarin. Un vrai jardin d'eden où pousse une superbe sauge ananas, du thym, du romarin, des agrumes, du laurier... Bref, il n'y a qu'à se servir, car plus personne ne vient entretenir ce petit paradis botanique. 

Le fucogel est venu parfaire la sensorialité de l'émulsion en apportant douceur et glissant supplémentaire. 

Quant aux actifs, ben... c'est parceque moi et mes copines (à qui était également destinée la 'tite crème) ON LE VAUT BIEN ! Parce qu'en vrai, on n'a pas de rides, c'est sûr ! et on fait toutes tellement d'jeunes !

Et le parfum est très herbeux, très nature (le mélange famonty-hélychrise est assez particulier)et se marrie aussi bien avec un soin visage qu'une crème pour le corps.

Et bien, en toute modestie, je vous le dis : cette crème s'est révélée ma crème de l'été tant je l'ai adorée. Enfin, c'est surtout ma peau qui l'a bue jusqu'à plus soif. Hydratation longue durée assurée. Effet sur les ridules de sècheresse. Peau veloutée.
Que demander de mieux ?!

D'ailleurs, je vais peut-être définitivement arrêter la cosméto maintenant que j'ai trouvé THE CREME IDEALE...