| Roses |
Je suis sûre que vous connaissez tous vos classiques et peut-être que comme moi vous avez adoré Le père Noël est une ordure, dont je connais toutes les répliques par coeur ! Du coup, on se lasse un peu hein ? Alors, pour varier les plaisirs, je vous présente la version 2011 et made in Italy de ce chef d’oeuvre du café-théâtre français. Dans le rôle de l’ordure – heu... je veux dire du père Noël : l’ami Murphy. Quant aux autres protagonistes, victimes non-consentantes du Père Noël : votre dévouée Lolitarose et son Zhom chéri.
Pour celles qui ne connaîtraient pas mon ami Murphy et ceux qui veulent s’offrir une tranche de rigolade (à mes dépends) en remplacement de la traditionnelle tranche de bûche glacée de circonstance, venez faire un tour par ici, vous ne le regretterez pas !
Allez, installez-vous confortablement dans un fauteuil douillet et délectez-vous des nouvelles mésaventures d’une parisiano-romaine en détresse.
Alors que je m’interrogeais sur comment organiser un premier Noël à Rome un peu original, mon ami Murphy qui n’avait plus donné de ses nouvelles depuis notre arrivée à Rome, a décidé de s’inviter à notre table pour fêter le divin enfant en notre compagnie.
L’ami Murphy, disais-je, est donc de retour chez Lolitarose et zhom chéri. Comme le père Noël du Splendid, il est arrivé le 24 décembre au soir, mais comme le Renard de La Fontaine, par l’odeur alléché, il a décidé de débarquer à l’heure où je préparais le dîner. Il a gentiment attendu que le four soit allumé et là : Surprise ! Surprise ! Loli et Zhom chéri se sont retrouvés sans prévenir dans le noir le plus absolu. Plus d’électricité, c’est-à-dire plus de four pour cuire les pigeonneaux, plus de chauffage, plus de téléphone... Bref plus d’espoir de réveillon de Noël.
La gentille plaisanterie a duré jusqu’au lendemain midi où SOS électricité – l’alter égo de SoS détresse-amitié-bonjour – est venue rétablir le courant. Entre temps, Zézette – Loli avait hurlé de désespoir et versé toutes les larmes de son corps en maudissant ce pays de M... où rien ne fonctionne et ...
« Bouh ! je veux rentrer à Paris ! je veux voir mon Périph-Sud et sentir les pots d’échappement. Bouh ! je hais Rome, je hais l’Italie, je hais tous les italiens ! Bouhhhh !!!! je veux mouriiiir !!!» .
Couchés 22h00 le ventre vide.
Le lendemain, jour de Noël donc, SOS détresse-amitié-bonjour, après moultes trifouillages dans les fils du réseau électrique de l’immeuble nous rebranche au paradis et nous nous apprêtons enfin à déguster un bon repas de Noël.
Après une entrée légère, c’est aux pigeonnaux de faire leur entrée dans nos assiettes... malheureusement accompagnés du toujours sympathique ami Murphy, que j’avais un peu trop vite perdu de vue.
Sitôt engloutie la première bouchée de viande, Zhom vire au rouge écrevisse, ouvre des yeux affolés, remue les lèvres tel un poisson cherchant à respirer hors de l’eau et commence à suffoquer et à s’étouffer sans moyen de se calmer. Le pigeonneau – ou l’ami Murphy – lui est littéralement resté en travers de la gorge.
Paniquée, j’appelle le 118, numéro italien des Urgences, qui nous envoie aussitôt une ambulance. Et c’est ainsi que votre Lolitarose et son Zhom chéri ont passé le plus original de tous les Noëls, visitant ainsi le service des urgences de plusieurs hôpitaux romains. Vingt-quatre heures de stress et de fatigue dans une atmosphère chauffée à blanc avant que les hommes en blouse blanche viennent enfin à bout de ce coquin de Murphy qui s’était subrepticement glissé jusqu’aux tréfonds du gosier de ce pauvre Zhom.
Pu**in de Père Noël
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| Quelle ordure ! |
Au bout de 24 heures d’un air sec et surchauffé, la peau de mon visage, habituellement mixte voire grasse, s’est totalement déshydratée, devenant fine, sèche, déquamée et avec des plaques rouges à hauteur des pommettes. Quant aux lèvres, elles étaient tout simplement brûlées comme après un séjour dans l’air sec du désert.
Une fois rentrée à la maison, après 48h00 de diète (qui a dit qu’on grossissait pendant les fêtes de fin d’année ?)et une nuit sans dormir, mais avec un Zhom heureusement remis d’aplomb, je me suis jetée sur la seule crème riche que j’avais sous la main afin de chasser mon deuxième ami qui s’était également invité à l’insu de mon plein gré et caché lui dans la salle de bains, E.T.
Une crème de ciste offerte par Michèle (je ne vous mets pas de lien car je n’ai pas retrouvé la recette sur Potions) et que j’utilisais ponctuellement en crème de nuit réhydratante, tant elle a un effet re-pulp immédiat, m’a littéralement sauvé la peau. Son seul « défaut » (qui est en fait en temps normal une qualité !) est son effet tenseur qui me gênait sur une peau qui tiraillait autant que la mienne. Dis Michèle, s’te plaît, tu veux bien nous donner la formule de cette petite merveille ?
J’ai ensuite réfléchi à une formule à réaliser, très simple (pas le temps, ni le courage, ni même l’énergie de me lancer dans l’élaboration d’un soin compliqué) avec un seul objectif : hydrater, hydrater, hydrater. J’ai d’abord pensé à une cold cream, puis je me suis souvenue d’une lecture sur les vertus cosmétiques de la lécithine (dont j’ai depuis perdu la trace mais qui mettait en exergue l'extrême compatibilité de cet émulsifiant un peu "grossier" avec la peau), également souvent vantée par ma copine MLK.
Quelques lectures sur les blogs et forums (je n’ai jusqu’ici jamais testé la lécithine ni cosmétique ni alimentaire), quelques gribouillis sur un cahier et hop ! la formule du baume 118 était née.
| Baume 118 à la rose |
Je l’ai baptisée « baume » bien que sa composition en soit assez éloignée, car le mot « baume » évoque pour moi l’effet réparateur, de soulagement tant physique que psychologique. C’est pour cette raison que je l’ai décliné en version « rose » (la fleur, pas la couleur), car je trouve que la vue comme le parfum d’une rose est immédiatement apaisant. Quant au 118, c’est en Italie le numéro des Urgences.
Je vous livre donc la recette du baume 118 à la rose.
Formule 100% + actifs et parfums 2,5%
Huiles et beurres 20%
-5% macérat de roses centifolia (Erboristeria antica- Rome) sur jojoba
-4,4% beurre de kokum (AZ)
-3,6% huile de coco (Aromafarmacoteca d’Alena-Rome)
-2% huile de rose musquée (Erboristeria antica-Rome)
-2% huile d’argousier (AZ)
-1% huile de coco fractionnée (The Herbarie-USA)
Pâte émulsifiante 65%
-50% hydrolat de lavande (maison)
-15% lécitine en granulés (Aromafarmacoteca d’Alena-Rome)
Phase aqueuse 15%
-10% gelée d’agar-agar (Algoplus-Roscoff) concentrée à 0,5% (avec conservateur à 0,7%)
-3% glycérine (Aromafarmacoteca d’Alena - rome)
-2% extrait hydroglycériné de roses centifolia maison ultra odorant(avec conservateur)
Ajouts 1,5%
-1% gelée royale fraîche (Laiterie Cisternino-Rome)
-0,5% conservateur (Cosgard AZ)
Parfum actif 1%,dont en gouttes pour env. 100 gr de produit fini
*10 absolue de rose (Bilby)
*8 HE bois de rose (AZ)
*3 HE ciste (Florame)
*3 HE géranium rosat (Fraisse & Quattrone)
*3 HE curcuma (l’Astérale)
Le mode opératoire est enfantin. Tout est réalisé à froid, si ce n’est la fonte au bain marie très doux du beurre de kokum et de l’huile de coco.
Préparer à l’avance (la veille par exemple et conserver au frigo) le gel d’agar-agar (et oui ! encore un ingrédient culinaire !). De préférence, la veille, ce qui lui permet de prendre la consistance voulue. Verser la poudre d’agar-agar dans de l’eau distillée. Mélanger. Faites bouillir le mélange 2-3 minutes en remuant à la cuillère. Eteindre le feu. Attendre que la température du mélange baisse un peu (pas trop quand même pour que ça n’ait pas eu le temps de gélifier) et introduire 0,7% de COSGARD pour éviter tout risque de contamination. L’agar-agar étant un excellent vecteur bactériologique, il est extrêmement important de respecter des règles d’hygiène très strictes et de conserver efficacement.
J’ai fait un gel aqueux à 0,5% mais pour une meilleure consistance pousser jusqu’à 0,7-0,8% de poudre d’agar.
Je ne m’étends pas sur les propriétés de l'agar-agar car j’ai une autre formule dans les tuyaux où j’en parlerai plus longuement.
Deux heures avant de commencer, mélanger l’hydrolat de lavande et la lécithine, qui se présente en granulés couleur beige-doré. Couvrir d’un film alimentaire et réserver au frigo pendant deux bonnes heures.
Au bout de deux heures, les granulés ont gonflé et se sont plus ou moins dispersés dans l’eau. Mélanger énergiquement à la cuillère magique ou mieux si la quantité le permet au mini mixer girafe. On obtient une sorte d’émulsion gélifiée qui ressemble fort à du jaune d’oeuf battu (normal, me direz-vous).
Verser les huiles végétales dans les beurres fondus afin de les ramener à une température inférieure à 40°.
Introduire un à un les ingrédients de la phase aqueuse dans la pâte émulsifiante. Mélanger énergiquement pour bien incorporer.
Introduire ensuite lentement la phase grasse dans le mélange lécithiné et mélanger vigoureusement pendant plusieurs minutes afin d’obtenir une belle émulsion de consistance assez fluide. L’utilisation du mixeur est recommandée pour une meilleure stabilité et homogénéisation de l’émulsion, mais si on a le coup de main énergique on peut faire sans.
Incorporer la gelée royale et bien mélanger. Puis le conservateur et enfin la synergie parfumée, particulièrement agréable avec une pointe douce et suave qui ajoute à l’effet réconfortant de l’émulsion.
Le résultat après 12 heures de repos est une crème assez fluide mais qui se tient en raison du fort pourcentage de beurres solides (10% dont le kokum que j’ai privilégié au karité en raison de sa dureté presque cireuse), sinon les émulsions réalisées à la lécithine sans ajout d’épaississants donnent des textures très fluides (trop à mon goût).
| Texture caractéristique |
C’est une crème moins onctueuse qu’une émulsion réalisée avec de vrais émulsifiants et co-émulsifiants, y compris le végémulse. Elle a en outre la couleur caractéristique beigeasse foncé des émulsions à la lécithine. Un peu de CO2 d’argousier (mais impossible de remettre la main sur le flacon...) ou encore une goutte de macérat d’orcanette l’auraient rendue plus alléchante.
L’application sur la peau n’est pas non plus aussi agréable – j’entends par là avec ce petit côté sensuel des belles textures très travaillées dont les tambouilleuses maison ont le secret– qu’un soin classique : sensation de léger gras, voire un peu glu-glu si on met une trop grosse quantité et si on ne masse pas suffisamment. Une plus faible proportion de lécithine (<10%) aurait sans doute amélioré le résultat, mais avec un rendu plus fluide encore ce que je ne souhaitais pas.
Bon, je critique, je critique, mais l'émulsion n'est pas à jeter quand même ! Elle mérite juste d'être un peu sophistiquée. Elle n'en reste pas moins très agréable : légère, avec un bon glissant, émolliente et laissant un film doux sur la peau.
Et côté thérapeutique, c’est du 100% bonheur et ce, même en l’absence (volontaire pour tester le comportement de la lécithine) de tout actif hors la gelée royale. Sensation de fraîcheur et réhydratation de l’épiderme sont immédiates. Les ridules de sécheresse disparaissent instantanément, ainsi que les plaques rouges et le début de déquamation. Après une nuit sous une couche un peu épaisse, la peau est visiblement repulpée. En plus, malgré la présence de 10% de beurres, l’émulsion est bien absorbée par la peau et ne laisse aucun film blanc.
Je suis convaincue qu’elle serait parfaite en association avec un ester de sucre. Et ça tombe bien, je viens justement d’en réaliser une version maison que je me faisais une joie de tester pendant le week-end de Noël. Mais ça n’est que partie remise !
Les cosméteuses italiennes préconisent d’utiliser la lécithine alimentaire après l'avoir laissée macérer à chaud dans l'huile pendant une vingtaine de minutes. Le résultat serait une crème plus claire (plus près du blanc cassé) mais également une odeur forte pas forcément plaisante dans un soin cosmétique. A suivre...
En conclusion, si la lécithine de soja n’est pas l’émulsifiant le plus sophistiqué à disposition des tambouilleuses maison, elle a en revanche des qualités incomparables en raison de son affinité avec la peau et mérite amplement de figurer en bonne place sur les étagères du placard à cosméto-kitchen.
Si l'ami Murphy ne revient pas me pourrir la vie pendant ma semaine de repos à la campagne, je vais essayer de démarrer 2012 avec de nouvelles expériences très cosméto-kitchen.




