vendredi 28 octobre 2011

Sérobôm Ojoseriaca

Sérobôm OJOSERIACA

Après une première tentative particulièrement convaincante, bien que réalisée avec les moyens du bord – c’est-à- dire quasiment sans moyens – j’ai récidivé dans la réalisation d’un baume fluide. 

Ma première version, ici, était limitée aux quelques ingrédients que j’étais parvenue à sauver du désastre..heu, scusi, je voulais dire déménagement, mais mon mouse a fourché, le tout mesuré à la louche, en l’absence de balance. 

Une fois réapparus ingrédients et matériels, j’ai pesé consciencieusement  chaque ingrédient constituant la version 1  qui était proposée en ml et  que je reproduis ici

- 5 ml (petitement dosé) cire abeille
-25 ml HV olive
-25 ml HV argan
- à froid 1 cc beurre nilotica

Ayant adoré cette idée de baume fluide que j’ai même utilisé sur le visage, j’ai souhaité en réaliser une nouvelle version, à peine plus sophistiquée que la première et, cette fois encore, destinée au corps comme au visage.

Je vous donne ici la formule en % cette fois

-33.33% macérat de cyclamen napolitain sur olive
-33.33% HV jojoba
-14.17% HV same
-10% cire d’abeille jaune et odorante 
-2.5% HV son de riz
-2.5% phytostérols d’avocat
-4.17% beurre de cacao 

OJOSERIACA

 où comment l’INCI est devenu le nom du Sérobôm

Le mode opératoire est encore plus simple que la recette : il suffit de fondre tous les ingrédients dans un bol soigneusement désinfecté, bien touiller et verser en flacons après avoir introduit le parfum.

Et justement, parlons un peu du parfum. Comme le parfum de beurre de cacao, mon petit resveratrol à môa (si, si parce que j’y crôas môa !), domine assez nettement, j’ai choisi de ne pas l’occulter totalement mais au contraire d’amplifier le côté gourmand grâce à une absolue de fève tonka. Pour ne pas avoir l’impression de me badigeonner de crème dessert, j’ai féminisé ce duo gourmand d’une touche de néroli. Et le mélange a divinement pris : gourmand et sensuel à la fois, raffiné et puissant, avec un brin d’exotisme. 

Focus sur les ingrédients

Je vous épargne mon ènième éloge de la cire d’abeille, mais si ça vous tente faites un tour ici où j’en ai abondamment parlé. 

Oserais-je encore vous vanter les mille mérites de l’huile de jojoba ?  

Pour ma part, c’est une huile que j’utilise continuellement depuis mes débuts en tambouille maison, tant ma peau l’apprécie (mes cheveux aussi, d’ailleurs). Elle apporte en outre, un merveilleux glissant aux crèmes et baumes, en particulier dans les soins pour les lèvres. 

Elle pénètre vite en laissant un film protecteur et velouté mais sans effet gras. Utilisée seule sur la peau, je lui trouve un effet lissant, comme le beurre de cacao d’ailleurs. Elle est autant l’amie des peaux grasses que sèches et appliquée sur une peau humidifiée elle peut parfaitement remplacer une crème hydratante et réparatrice. 

Vous l’aurez compris : elle a tout d’une grande. Pour ne rien gâcher, introduite dans une émulsion, sa grande finesse permet de contrebalancer d’autres huiles  à la plus grande viscosité afin de permettre malgré tout d’obtenir une émulsion fine et légère.  

"olives" de jojoba
Sa composition chimique (source Codina et AZ), c'est environ 97% d'acides gras mono-insaturés, soit la quasi totalité des 1% d'acides gras la composant. C'est aussi environ 97.05% d'esters cireux et tout autant de céramides.

Et les céramides sont l'actif relipidant par excellence, tant pour la peau que pour les cheveux. Elles offrent une excellente protection contre la déshydratation et aident à la restauration du film hydrolipidique. Ce sont ces mêmes céramides qui donnent à l'huile de jojoba une stabilité incomparable contre la chaleur et l'oxydation.

L’huile de jojoba, c’est en outre presque 50% d’insaponifiables (un peu moins selon l’origine et la qualité) dont on connaît les capacités anti-vieillissement. Capacités que confirme également son pouvoir anti UV, certes relativement peu élevé – autour de 4-5 – mais interessant dans un soin de jour. 

Dans sa grande simplicité, la formulation de ce baume est en fait centrée sur une composition recherchant un équilibre dans les acides gras et les phytostérols.

Pour en savoir plus sur les acides gras, je vous renvoie à un excellent article d'Eau de Rose

S'agissant du Sérobôm, j'ai plus particulièrement recherché la présence des omégas 6 et 9 dont les propriétés aident à prévenir le vieillissement et la déshydratation de la peau tout en maintenant son élasticité et finalement sa jeunesse. 

Quant aux phytostérols, contenus aussi bien dans l'huile de jojoba, l'huile d'olive, l'huile de riz que bien sûr les phytostérols d'avocat, ils ont un pouvoir anti-inflammatoire particulièrement intéressant pour les peaux sensibles, sujettes à rougeurs ou à oedèmes. Ils sont également fortement anti-oxydants et ont des capacités cicatrisantes et réparatrices qui en font un allié de choix dans les soins cosmétiques. 

Ojoseriaca, fluide et onctueux

En d'autres termes, ce petit baume à la formulation quasi simpliste est en fait une véritable arme de guerre anti-déshydratation et anti-vieillissement, puisqu'il contient 100% de principes actifs ciblés, tous 100% naturels bien sûr. 

Conditionné en petit flacon ambré, il est parfait en soin corporel sur peau sèche ou humide pour un véritable effet hydratant. C'est également ainsi que je l'utilise en soin de nuit sur le visage préalablement humidifié avec un hydrolat. Ou encore en 2ème couche sur une crème de jour ultra-light après un nettoyage en profondeur. 

Grâce à sa texture fluide, d'où ce nom de Sérobôm, il suffit d'en appliquer très peu et de masser longuement pour bénéficier des vertus conjointes des actifs et du massage. 

Et en ces temps de crise, il n'est pas inutile de mettre en avant un argument marketing de poids : le prix de revient est tout autant MI-NI-MA-LIS-TE que le concept. Ce qui en fait le soin le plus trendy de la saison. 

Dis donc, Loli, je sais que c'est bientôt Halloween, mais c'est pas une raison pour avoir la tête comme une citrouille !

Signé Zhom chéri



lundi 17 octobre 2011

Soin global anti-âge "Rêve et Rock'n Roll"

concentré de Rêve et Rock'n Roll

- Zhom chéri, tu t'sens vieux toi des fois ?"
- H'mm ...
-Zhom chéri, tu trouves que j'ai vieilli ? 
- H'mm ...
-Zhooom ! tu m'écoutes ?! 
-Ouais, j'tendends ! qu'est-ce' t'as à brailler comme ça ?
-j'ai l'impression que j'ai des rides là, tu  crois que j'suis vieille ?
-Ben, c'est sûr que t'as plus vingt ans ma Loli. 
-Bouh ! c'est horrible ! j'veux pas vieillir moi ! 
-Mais t'es pas vieille, ma Loli ! c'est juste que ...
-Juste que quoi ?!!!
-Ben, là tu vois quand je te regarde, ben ... c'est un peu flasque sur les joues et ...
-Ahhh!!!! flasque moi ? Bouh ! 
-Oh, put**$ Loli,  chiale pas, t'es encore pas mal pour ton âge. Bon c'est vrai que le matin quand t'ouvres les mirettes, t'es un peu fripée
-Bouh !  c'est affreux, faut que je fasse un lifting, j'peux pas rester comme ça ! 
-Oh, là  ! mais qu'est-ce tu racontes ? y a plus besoin de s'faire ravaler, c'est "azebine" ça ma Loli. Dans ma revue Science et Rire y causent d'une  molécule miracle, même qu'ils l'appellent la molécule de l'éternelle jeunesse... 
- Naan ? une molécule pour rester jeune ? je la veux ! c'est quoi son nom ?
-heu ... c'est ... Rêve et Rock'n Roll
-???
-Dans Science et Rire y disent que c'est l'avenir de la cosméto et que les plus grands labo l'utilisent... TIOR, Chocaudalie... 
-Rêve et Rock'n Roll, tu dis ? mais comment ça se fait qu'ils n'en aient pas parlé dans le ELLE de cette semaine, eux qui sont toujours à la pointe ?  
-Y en a plein dans le pinard et le chocolat, alors pas besoin d'aller claquer 300 euros chez TIOR...
-dans le vin ?  dis-moi zhom chéri, ta molécule miracle ça serait pas plutôt le RESVERATROL ?
-Ben, c'est qu'est-ce que j'te dit depuis une heure ! ah, c'est bien les gonzesses ça ! tu leur cause science et elles t'écoutent jamais.

 * * *


Monaloli déridée
Depuis que je sais que le RESVERATROL est le meilleur ennemi de nos rides, je suis assidûment les conseils diétético-cosmétiques de Zhom chéri et je mange une tablette de chocolat par jour et tous les soirs avec Zhom chéri nous nous sifflons notre petite bouteille de vin rouge. Un mois de ce régime romain d'exception et toutes mes rides se sont envolées. L'aiguille de la balance aussi, d'ailleurs.


Trêve de plaisanterie, le Rêve et Rock'n Roll... heu, pardon le RESVERATROL semble effectivement être la molécule destinée à nous rendre la vie et la peau plus belles. Sur la peau ou dans l'assiette, le resveratrol semble aujourd'hui être l'elixir de jeunesse et de longévité. 


Mais qu'est-ce au juste que le RESVERATROL ? et comment cette molécule agit-elle ?


Le resveratrol active des mécanismes freinant le vieillissement

Le resveratrol est un très puissant antioxydant, un polyphénol, capable de détruire les radicaux libres de l'oxygène. On le trouve en grande quantité dans le vin, mais également les mûres, les grenades, ou même les cacahuètes. Le cacao aussi, dont le chocolat noir est la seconde source de resvératrol de source alimentaire après le vin, d'où mon choix d'introduire du beurre de cacao dans ce soin anti-âge.

Des essais ont montré que lorsqu'on fait incuber des cellules sanguines humaines avec du resveratrol et une substance connue pour provoquer des lésions oxydatives, le resvératrol stoppe le déclenchement de la mort cellulaire. Il renforce le potentiel naturel de défense antioxydante de l'organisme et l'aide à combattre les lésions radicalaires.

Le resvératrol active les gènes sirtuines

Des chercheurs de la Harvard Medical School ont démontré que le resvératrol active dans la levure un "gène de longévité", encore appelé gène sirtuine, augmentant sa vie de 80%.
Les gènes sirtuines ont été associés au processus antivieillissement dans tout l'organisme. En fait, le premier moyen d'activer ce gène de longévité est de manger peu, voire très peu. Il est en effet aujourd'hui prouvé que la restriction alimentaire permettait de moins vieillir, en provoquant une multiplication des sirtuines. Or, la recherche a mis en évidence que l'absorption de resveratrol agissait de la même manière. Ouf ! donc plus besoin pour nous de nous affamer pour garder une belle peau. Suffit de suivre les conseils de Zhom !

Les gènes sirtuines dans la peau

Fleur de resveratrol
Dans la peau, les gènes sirtuines sont situés dans les kératinocytes et les fibroblastes, dans l'épiderme et le derme. Le resveratrol est aujourd'hui la star des laboratoires cosmétiques. 


Et maintenant la star de la cuisine de Lolitarose qui en a choisi la version beurre de cacao. 

Riche en polyphénols donc, mais également en phytostérols, le beurre de cacao est le beurre parfait pour un soin anti-âge. Il contient en outre 33% d'acide stéarique, ce qui en fait un excellent co-émulsifiant et m'a permis de ne pas en rajouter d'autre pour ne pas alourdir la formule.

Pour tout savoir sur le resveratrol sans bourse délier, faites un tour par ici.





Et pour comprendre ce qui fait du beurre de cacao une petite merveille de la nature, je vous renvoie sur l'excellente fiche de AZ. J'adore écrire, mais là vraiment, je ne vois pas ce que je pourrais ajouter de plus, si ce n'est que comme pour la cire d'abeille, je me découvre un amour de plus en plus fou pour le beurre de cacao, au détriment du karité, je l'avoue. Mais je me rattrape avec le nilotica qui m'a conquise et que je case partout. Tant qu'on en trouve encore car il paraît que cela devient une denrée rare.

Ape Regina
Ce soin ayant vocation à être un anti-âge global, j'ai adjoint à mon resveratrol deux actifs ciblés et hyper  tendance : l'acide hyaluronique pour son incroyable capacité à maintenir l'hydratation et la gelée royale. La mienne est lyophilisée, je n'ai pas encore repéré la bonne adresse ici à Rome pour me procurer cette petite merveille en version "frais".

Côté actifs, voici ce que dit la fiche d'AZ

  • Protéines et sucres (env. 60 %) : apportent douceur à la peau et boostent son hydratation
  • Provitamine B5 (Panthénol) : fortifie et nourrit le cheveu, répare et hydrate la peau
  • Acide 10-hydroxy-2-décénoïque (1 à 6%) : stimule la production de collagène
  • Flavonoïdes : antioxydant puissant
  • Minéraux : calcium, potassium  

Donc, sauf pour celles qui seraient allergiques aux produits de la ruche,

la Royal Jelly me semble l'ingrédient idoine 
pour la peau un peu flétrie
de votre Royale Loli.


Et maintenant que vous savez tout ou presque, par ici la formule !


1. Concentré de resveratrol (en % de la formule totale)
Phase grasse
13,4 % macérat de calendula et hélychrise sur olive et autruche
13,4% HV sésame (AZ)
3% cire d'abeille (jaune et odorante en pastilles)
1,70% beurre de cacao (ma cosmeto)
1% savon (saponissimo 100% olive)
1% beurre de nilotica (zinette)

Phase eau
23% HA christe marine (maison)
1,70% HA carotte sauvage (pour dissoudre le savon)

2. Ajouts à froid
15,38% HA de carotte
9,27% gel de xanthane et acacia 
7,69% HA christe marine
4,62% gelée royale (AZ)
3% IPP
1,5% HV jojoba (Copaïba)
0,5% geogard
0,3% acide hyaluronique

3. Parfum
HE d'ylang-Ylang de Mayotte - HE géranium rosat (Fraisse et Quatrone) - HE Katrafray (Astérale)

J'ai repris le mode opératoire retenu pour l'élaboration du soin anti-âge contour de l'oeil. J'ai donc commencé par réaliser le concentré de resveratrol qui constitue en soi un vrai soin réparateur pour la peau sèche et déshydratée. J'en ai d'ailleurs conservé un pot que j'utilise comme soin lissant express les matins où, comme dirait Zhom chéri,  "j'ai la gueu** en vrac". Il suffit de prélever un grain de riz par moitié de visage, contour de l'oeil compris, on masse en mouvements circulaires, on part tranquillement boire son capuccino saupoudré de resveratrol - oups ! de cacao en poudre -  et on a retrouvé figure humaine. C'est parfait également en cas de dartres ou encore d'eczema.

Fondre toute la phase grasse au bain marie puis, hors du feu, mélanger et incorporer les hydrolats en filet continu en mélangeant longuement à la cuillère magique. On obtient une crème fluide qui va épaissir en refroidissant et épaissira encore d'avantage au bout de 48 heures. J'ai laissé poser le concentré plusieurs jours au frais avant de réaliser le soin. Comme on le voit sur la première photo, on obtient une crème-baume très épaisse où l'odeur de cacao domine. 

Pour la réalisation du soin global anti-âge, qui a vocation à être une crème de jour légère pour peaux mixtes mais mâtures, il suffit de prélever la quantité souhaitée et on introduit les ajouts un par un dans l'ordre suivant :
1. incorporer les huiles en mince filet et bien mélanger
2. incorporer les hydrolats
3. le gel de xanthane et acacia
4. la gelée royale préalablement diluée dans un peu d'hydrolat
5. l'acide hyaluronique dilué également
6. le conservateur puis les huiles essentielles.

Il est très important d'incorporer tous les ajouts par petites quantités et en mélangeant bien pour que le concentré "absorbe" parfaitement ces surplus qui constituent malgré tout environ 40%. 

Le résultat est une crème extrêmement légère, presque un voile qu'on sent à peine sur la peau. Le glissant est parfais, pas de film gras, pas de trace blanche. Que du bonheur ! Du moins tant que l'été indien dure, car par temps frais, il faudra réduire la phase aqueuse et peut-être y introduire un peu de glyceryl stearate pour un effet plus doudou. Pas doudoune, hein ? on est à Rome tout de même ! 


Pour l'effet anti-âge, comme dirait ma copine Michèle : "On y croit !" 

Ciao Ragazze ! Monaloli vous sourit bien !




dimanche 9 octobre 2011

Soin douceur anti-âge contour de l'oeil

regardez-moi

Il y a bien longtemps que je n'avais plus réalisé un soin pour cette partie si délicate de notre visage qui mérite pourtant toutes nos attentions car notre regard parle de nous avant même que nous n'ayons prononcé la moindre parole. C'est donc sur nos yeux que nos interlocuteurs fixeront leur attention lors d'une première rencontre. Ou encore, c'est grâce à nos yeux que nous parviendrons à capter leur attention lors d'une première rencontre.

Alors présenter un oeil cerné, bouffi voire passablement chiffonné risque de compromettre ce qui promettait pourtant d'être LA rencontre de notre vie. 

Ne parle-t-on pas communément de la "jeunesse du regard"  chez des personnes d'un âge pourtant bien avancé ? 

Et bien, la jeunesse de notre regard est entre nos mains et il ne tient qu'à nous de la préserver en offrant à la peau fine et délicate des paupières un soin jeunesse tout en douceur et ciblé juste ce qu'il faut pour atténuer les méfaits du temps, de la pollution ou plus que tout d'un mauvais sommeil.
Car ne l'oublions pas, il n'est de soin plus efficace et pourtant ô combien simple pour la beauté de la peau - et de celle du contour de l'oeil en particulier - qu'une bonne nuit de sommeil. Nos petites tambouilles miraculeuses ne seront alors qu'un petit "plus", mais tout le travail de fond aura déjà été fait.

* * * 

100% nature, 100% maison
Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par donner la formule de ce soin  puis le pas à pas avant d'entrer dans le détail de ses composants.  

Formule du soin douceur anti-âge

Phase 1 - A chaud

Huiles
5% HV jojoba
3% coco fractionné
1% Isopropyl palmitate (IPP)
0,7% beurre de karité

Système émulsifiant
3% @pimulse (cire d'abeille saponifiée maison)
3% sOs douceur (co-émulsifiant maison)
3% CAG (co-émulsifiant modifié maison)

Phase 2  - A froid

50% hydrolat de christe marine (distillation maison)

Phase 3 - A froid

2% HV de framboise
2% macérat de cyclamen neapolitanum (maison)

Phase 4 - gel collagéné de christe marine

25% hydrolat de christe marine
0,2% gomme xanthane
0,1% gomme acacia

Phase 5

0,8% inuline
0,3% acide hyaluronique
0,5% HE dont hélychrise italienne, famonty et katrafray


Passons maintenant à la phase de réalisation du soin contour de l'oeil. J'ai quelque peu modifié ma méthode habituelle de procéder, à savoir " phase huile- phase eau à chauffer parallellement avant d'être intimement mélangées et additionnées d'une 3° phase riche en actifs".

Etape numero 1 : réalisation du gel de christe marine
Avant de commencer à proprement parler la réalisation de l'émulsion, j'ai préparé un gel épais à partir de l'hydrolat et des gommes xanthane et d'acacia. Si la première a vocation à apporter de la consistance et de la légèreté à l'émulsion, l'acacia a été introduit pour ses propriétés collagène-like et l'effet tenseur qu'il apporte au produit fini.

J'ai versé en pluie les poudres sur l'hydrolat, mélangé énergiquement puis porté quelques minutes sur le feu jusqu'à formation d'un gel homogène et relativement épais. 

Réserver le gel à température ambiante.
Etape numero 2 : élaboration du "concentré d'émulsion"

Ici j'ai commencé par réaliser un "concentré d'émulsion" et comme le type d'émulsifiant utilisé le permettait, seule la phase grasse a été chauffée, mais seulement à la température nécessaire à la fonte de tous les ingrédients. L'@pimulse, comme la cire d'abeille a un point de fusion relativement bas - 63° - (par rapport à d'autres émulsifiants traditionnels). 

Une fois la phase grasse fondue au bain-marie et mélangée à la cuillère magique, retirer du feu mais garder au BM encore chaud et introduire en filet continu l'HA de christe marine à température ambiante (22-23° env), en mélangeant énergiquement avec la cuillère magique. 
Lorsque l'émulsion a commencé à former un mélange mousseux mais homogène, continuer de mélanger à température ambiante, puis en posant sur un BM frais (pas glacé, c'est inutile) jusqu'à épaississement de l'émulsion.

On obtient ainsi le "concentré d'émulsion" que l'on peut bien sûr "travailler" immédiatement ou au contraire réserver pendant 48 heures minimum pour lui permettre d'atteindre sa consistance définitive. En fait plus la formule sera riche en acide stéarique et autres stearates - qui ont tendance à épaissir sensiblement dans le temps - plus il est conseillé de laisser reposer le concentré avant de réaliser l'émulsion définitive. Cela permet notamment d'ajuster les pourcentages  des phases successives.

Je n'ai en principe pas de problème à chauffer mes hydrolats, mais ici le travail complètement à froid m'a permis de préserver l'intégralité des principes actifs et en particulier de l'huile essentielle présente - certes en quantité relativement infime - dans l'hydrolat qui, ayant été réalisé à la maison en petite quantité, n'a pas été "délesté" de sa fraction d'huile essentielle.

Etape numero 3 : réalisation de l'émulsion définitive

Cette étape se déroule totalement à froid, tous les ingrédients des phases successives étant introduits à  température ambiante.

On commence ainsi par introduire en mince filet et très progressivement les deux huiles fragiles - framboise et macérat de cyclamen. Une fois bien intégrées au concentré, on mélange lentement sans brusquer l'émulsion et on s'assure que la jeune crème a bien une apparence stable et homogène. 

Ensuite seulement on introduit, par petites quantités successives, le gel de christe marine et on procède comme précédemment. Touillage en douceur, aussi longtemps que nécessaire à l'introduction de tout le gel et à l'obtention d'une belle émulsion.

L'introduction d'une phase gélifiée à ce stade et non pas dès le mélange eaux-huiles comme il est habituel de procéder permet d'obtenir des textures beaucoup plus légères, même dans les cas où le "concentré" contient une phase grasse très importante (j'ai testé la méthode sur une autre crème aux caractéristiques très différentes car très concentrée en gras et beurres et au final on obtient également une texture très légère, mais j'en reparlerai dans un prochain post).

Enfin, après les avoir légèrement dilués dans un peu d'hydrolat, incorporer l'inuline puis l'acide hyaluronique, deux excellents facteurs d'hydratation que je trouve très adaptés au soin du regard. Bien mélanger pour éviter la formation de grumeaux, surtout avec l'acide hyaluronique.

l'émulsion
Mesurer le pH et ajuster jusqu'à une valeur de 5,5-6 en fonction de la nature de votre peau, mais je déconseille des valeurs trop extrêmes pour le contour de l'oeil.

Je trouve que cette méthode de formulation donne des textures beaucoup plus fines,légères, aériennes sans être mousseuses qu'avec la méthode habituelle même lorsqu'on travaille avec des émulsifiants et co-émulsifiants plus rustiques (cire d'abeille non saponifiée par exemple). Il est cependant indispensable d'être très rigoureux dans la mise en oeuvre, et en particulier pour le concentré, si on ne veut pas risquer le déphasage après quelques jours, car on introduit une "phase 3" très importante, puisque tout confondu on est au dessus des 50%.  
* * *







Focus sur quelques ingrédients

Comme vous aurez pu le constater à la lecture de la formule, j'ai introduit un nombre important d'ingrédients "faits maison". Et, oui si votre Lolitarose est partie au pays de la Dolce vita, je ne me la coule pas douce pour autant. Enfin, disons que j'égraine mes  séances farniente-cogitation (si, si je vous assure que j'impose quelques séances de gymnastique intensive à mon cerveau) de travaux pratiques. Il faut dire que ma chère campagne des Pouilles se prête bien à ces exercices et me fournit d'ailleurs généreusement en matières premières végétales. 

Commençons par jeter un oeil au système émulsifiant, qui compose 9% de la formule répartis en parts égales entre l'émulsifiant @pimulse, sur lequel je ne reviendrai pas vu que j'en ai abondamment parlé ici (pour la fabrication) et encore , et pour d'autres utilisations. Ici j'ai utilisé celui réalisé avec la cire jaune odorante.

Je lui ai adjoint un autre émulsifiant de mon cru, baptisé le sOs douceur pour savon - Olive oil - sucre. Le O est en majuscule car l'huile d'Olive a ici une place de choix.

J'avais il y a quelque temps déjà réalisé une première tentative d'émulsifiant à base de sucre et savon en réinterprétant les indications trouvées sur un vieux grimoire, que j'avais baptisé le Lolisucre. Bien que pas tout à fait abouti, j'étais parvenue à réaliser une émulsion qui s'est avérée très agréable sur la peau et où l'on ressentait vraiment les effets hydratants et émollients du sucre. J'ai donc voulu renouveler l'expérience et associer ce nouvel émulsifiant (car je l'ai également testé en solo, il émulsifie vraiment) à la cire saponifiée qui elle apporte au contraire un effet sec et mat à l'émulsion.

Seul, le sOs douceur ne m'a pas satisfaite, car il faut en incorporer une grosse quantité pour obtenir une crème épaisse (un peu comme avec le gélisucre) et du coup, le sucre donne un effet glu-glu à l'émulsion. C'est merveilleux sur un masque à rincer ou encore un démaquillant (je donnerai la recette ultérieurement) mais ne convient pas du tout pour un soin à laisser sur la peau.


Le procédé de fabrication est simple bien qu'un peu délicat à mettre en oeuvre.

les proportions
50 ml huile d'olive (les dernières gouttes avant la nouvelle cuvée de décembre)
25 ml eau de source
25 ml sucre de canne
15 ml savon de marseille dé-glycériné râpé fin

Faire un sirop en chauffant à feu doux l'eau et le sucre, puis ajouter le savon tout en maintenant au bain-marie chaud. Mélanger sans discontinuer.

Toujours à chaud, introduire dans le mélange précédent en très mince filet et très lentement (c'est important pour ne pas casser l'émulsion) l'huile d'olive en ne cessant jamais de mélanger. Mélanger jusqu'à épuisement total de la mousse qui s'est formée en raison de la présence de savon (ça peut prendre un certain temps). Le mélange doit ressembler à un aïoli maison. Lorsqu'on a enfin une "belle" consistance, laisser refroidir et mettre au frigo.

Au bout de 24 heures, le mélange a pris une consistance solide, mais pas dure, et même légèrement caoutchouteuse. Couper en morceaux et conserver (voir photo du haut). 

Utilisé ici en faible proportion 3% et en conjonction avec l'@pimulse, le sOs douceur permet d'arrondir l'effet, certes très fin et glissant donné par la cire saponifiée, qui peut être un peu sec, surtout dans un soin destiné à la peau fine et fragile du contour de l'oeil. Et puis, n'oublions pas que si la peau déteste que notre estomac se "gave" de sucre, sous peine de le régurgiter sous forme d'acné, l'épiderme est en revanche très gourmand de sucreries administrées sous forme topique : émollience, hydratation et douceur assurées.


En complément de mes deux émulsifiants maison, j'ai utilisé un co-émulsifiant épaississant très connu, le cétéaryl alcohol, que j'ai soumis à une réaction chimique non maîtrisée (vous ai-je dit que la chimie n'a jamais été ma matière de prédilection ?). Emportée par l'enthousiasme communicatif qui a agité la blogosphère au printemps dernier, j'ai voulu faire réagir l'alcool cétéarylique dont j'apprécie les qualités, avec de la glycérine et du vinaigre. Les chimistes professionnelles s'écriront sans doute que ça n'a pas de sens de faire réagir un alcool (l'alcool cétéarylique) avec un autre alcool (la glycérine) et que je n'ai aucune chance d'obtenir un ester de quoi que ce soit. Et elles ont sûrement raison. 

N'empêche que... n'empêche que, la Lolitarose pas chimiste a quand même voulu essayer, juste pour voir, au cas où, hein...

J'ai donc procédé comme pour une estérification classique avec glycérine, puis vinaigre tout ça à chaud. Puis ensuite, hop un p'tit tour au congélo. Un rinçage pour supprimer le résidu de glycérine et on obtient une matière dure et très blanche qu'on laisse sécher. J'ai passé au moulin à café pour en faire une poudre fine. J'ai fait un premier test (non publié) en duo avec l'@pimulse et j'ai trouvé qu'en plus de son pouvoir épaississant, mon  cétéaryl alcohol glycol, d'où le nom de CAG, augmentait encore la douceur et la finesse de l'émulsion. Donc je l'ai adopté.

Je laisse le soin aux pro de la chimie d'expliquer le phénomène, pour ma part je me limite à constater le résultat obtenu que je trouve très satisfaisant.


fleur de samphira

Autre ingrédient ayant un rôle clé ici pour son effet tenseur et circulatoire (entre autres mais pas que), le crithmum maritimum, plus connu sous le nom commun de criste (avec ou sans H) marine, ou perce-pierre ou encore fenouil de mer en raison de son apparence mais surtout de son parfum suave et anisé très proche bien que plus fin, de celui du fenouil terrestre.

alambic artisanal
Le littoral rocheux près de chez moi dans les Pouilles est très riche en criste et en salicorne et j'avais depuis longtemps envie d'en réaliser un actif à intégrer dans les cosmétiques maison. Avec l'acquisition d'un alambic - grâce à l'aide de Sonya - y avait plus qu'à s'y coller. Et c'est maintenant chose faite.  Avec l'aide de Zhom, ravi de se transformer pour l'occasion en distillateur d'un soir.

Nous avons réalisé 75 cl d'eau aromatique très concentrée à l'arôme très "fenouillé". C'est un hydrolat que la peau adore - même si côté parfum l'eau de rose ou de fleur d'oranger me semblent préférables - car en application il semble éclaircir le teint, les pores sont resserrés et tout ça sans effet de tiraillement. Normal, le pH est aux alentours de 5,5, ce qui est parfait pour une peau à la fois mixte et mature.

Pourquoi utiliser la criste dans un soin pour le contour de l'oeil ? Parce que la Samphira, autre dénomination donnée par les anglo-saxons, est riche en oligo-éléments, vitamine C et iode ; elle est appréciée pour ses propriétés anti-radicalaires, hydratantes et purifiantes ; elle a également des vertus raffermissantes et régénérantes qui la rendent adaptée à un soin anti-âge, même si elle plus connue pour les soins anti-cellulite.


Dernière, mais pas la moins surprenante, de mes créations maison, le macérât de cyclamens (sauvage) sur huile d'olive. 

cyclamen neapolitanum

Le cyclamen  napolitain est une fleur d'automne, poussant à l'état sauvage dans le sud de l'Italie dans les sous-bois ou, comme chez moi, dans le jardin à l'ombre des vieux oliviers. Ils offrent une délicate fleur rose indien ou quelques fois blanche, sans parfum. Leur bulbe, gros et à la forme plate fait le régal des sangliers (heureusement je n'en ai croisé aucun à la maison !), mais pour l'homme ses vertus extrêmement purgatives le rendent toxique. Même si on les utilisaient pour ces mêmes vertus dans l'antiquité.

Ici j'ai réalisé un macérât de fleurs, que la médecine traditionnelle et populaire italienne utilise pour soigner les hémorroïdes. Quel rapport avec la choucroute  Loli? heu, ou plutôt avec les yeux ?

Eh ! Eh ! c'est que votre Lolitarose, bien qu'exilée au pays du grand César, est toujours au fait des trucs et secrets de beauté les plus fashion utilisés par les élégantes parisiennes. Saviez-vous que les plus belles top models du monde, celles que l'on voit défiler dans leurs beaux atours à toutes les fashion-weeks, font disparaître leurs cernes au moyen de crèmes anti-hémorroïdes ? Naan ? et bien c'est pourtant vrai !  

Ces soins très spécifiques agissent sur la micro-circulation grâce à des actifs appropriés aux vertus veinotoniques. Ni une, ni deux j'ai décidé d'introduire le macérât spécial popotin dans mon soin spécial mirettes. Je vous dirai sur le long terme si ça fonctionne, vu qu'il n'y a pas grand chose de 100% efficace contre les cernes violacés.


Pour terminer sur les actifs spécifiques, j'ai complété ce soin déjà très riche de deux actifs dont la vocation est de maintenir l'hydratation car c'est encore plus vrai pour la peau du contour de l'oeil que pour le reste de l'épiderme : c'est avant tout une perte trop importante d'eau qui est responsable des petites ridules qui avec l'âge vont s'installer insidieusement dans les recoins les plus cachés de notre visage. Mais votre Lolitarose veille et impose à la ridule un "No pasaran" péremptoire !

J'ai choisi l'acide hyaluronique, parce qu'il me semble être un incontournable dès que l'on parle hydratation et anti-âge. Vous trouverez des kilomètres de littérature sur le sujet, je me contenterai de vous joindre le lien vers AZ d'où vient l'AH que j'utilise.

L'inuline, de chez AZ également, est beaucoup moins utilisée dans les soins du visage ; on la cantonne - à tort à mon sens - aux produits capillaires. Pour l'avoir déjà utilisée dans des soins corporels, je trouve qu'elle a une réelle action anti-sécheresse lorsqu'elle est incorporée dans une crème. Ici, j'en ai mis peu car il s'agit d'un soin contour de l'oeil, qui si il a besoin en effet, d'être hydraté, ne doit surtout pas être "surchargé" au risque d'entraîner un effet indésiré autant que disgracieux : le gonflement des paupières en raison de la rétention d'eau.


Les huiles essentielles (rares et en faible quantité dans un soin destiné au contour de l'oeil) ont été choisies pour travailler en synergie, non seulement entre elles, mais également avec l'ensemble des actifs présents dans la composition, soit par leur action veinotonique (hélychrise italienne et famonty) destinée à lutter contre les cernes, soit en raison de leurs propriétés anti-sécheresse (katrafray).

Je reprends ici les principales caractéristiques présentées par l'Astérale sur leur site :

Famonty : "Puissant tonique de la circulation veineuse et lymphatique, le Famonty s’applique en massage pour améliorer la circulation de façon générale ou plus ciblée. Il soulage efficacement les symptômes de jambes lourdes, limite l’apparition et diminue l’importance des varices.  Il relance la circulation veineuse sur les extrémités (mains, pieds), améliore les problèmes liés à une mauvaise circulation lymphatique (œdème)."

Katrafray : "apaise les inflammations cutanées, les brûlures, les peaux sèches comme un « pansement aromatique » (plus particulièrement en association avec le famonty). "

texture ultra légère
trace blanche
Le résultat est une crème onctueuse mais ultra légère, laissant un film fin, non gras et velouté à peine perceptible comme il se doit sur cette portion de peau réputée pour ne pas aimer les textures trop riches.

Elle glisse bien et pénètre rapidement,  mais je lui reprocherais tout de même un léger effet "trace blanche", certes peu gênant sur une portion de peau aussi limitée, mais que je trouve malgré tout peu agréable.

L'effet ré-hydratant et lissant est en revanche bien visible et ce dès l'application. Jugez plutôt.

avant
après

Promis, c'est réalisé sans trucage !

Donc, comme dirait Colchique, qui réalise en ce moment de nombreuses expérimentations fort intéressantes à partir d'émulsifiants maison : on peut parfaitement réaliser de très belles crèmes avec des émulsifiants 100% maison. Et je rajouterai : tout en restant au plus près de la nature qui a tant à nous offrir.

Allez, une dernière photo, juste pour le plaisir !

Lolitarosement vôtre !