jeudi 24 mars 2011

Savon BluNoBlu aux deux beurres

Savon BluNoBlu


Bleu 
Couleur du ciel, de la mer
Bleu couleur apaisante
Bleu électrique
Bleu marine
Bleu ciel
Bleu turquoise
Bleu lagon...
Bleu
Envie de bleu
Envie d'un savon bleu
Enfin d'un bleu pas vraiment bleu 
Plutôt un bleu clair 
Un bleu un peu vert... 



Pour tout connaître sur la couleur bleu, je vous invite à aller lire l'excellent article publié récemment par Irène.

Mais revenons à mes envies. 

Un savon bleu légèrement vert disais-je.

Oui mais voilà, comme disait un célèbre philosophe :


"la soude a ses raisons que la raison ne connaît pas". 

Pas besoin d'avoir fait les grandes écoles en effet pour se rendre compte que ce savon est tout sauf bleu. Pire, il n'est même pas un peu vert !

Comme dirait un autre grand penseur :


 "avec lolitarose, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?"

Car oui, pour une fois je serais de bien mauvaise foi si je faisais porter toute la responsabilité de cet "échec" à dame Soude.

En effet, rien n'est plus simple en réalité que de faire un savon bleu. Il suffit d'introduire à la trace  du pigment ultramarine dilué dans un peu d'huile. Selon le dosage et les huiles utilisées on obtiendra aisément un savon qui peut aller du bleu outremer au bleu pâle ou encore vert céladon.

pas très bleu, hein ?
Ne me demandez pas pourquoi, ce matin là, alors que je préparais mes ingrédients, j'ai décrété que je verserais le pigment dans l'eau de dissolution et non dans la pâte à savon. 


Evidemment la soude l'a immédiatement décoloré.


J'aurais pu me ressaisir. Arrêter là. Mais non, je me suis obstinée et j'ai rajouté de fortes doses de pigment dans la lessive de soude. Au final le liquide était très légèrement bleuté. Mais évidemment, une fois le mélange huiles-eau réalisé, il n'est plus rien resté du bleu.

Mais c'était un jour de grande forme pour Lolitarose - j'avais dû oublier mon cerveau au fond de mon sac à main. Pas démontée pour un sou, j'ai décidé de faire un pied de nez à ce savon qui me tenait tête et d'avoir quand même un peu de bleu grâce à une nouvelle idée "lumineuse". 

Puisque le savon semblait vouloir prendre une couleur beige, il n'y avait qu'à introduire à la trace des pétales de fleur de bleuet. C'est bleu le bleuet, non ?

Fleurs de bleuet

Les miens sont d'un magnifique bleu, soutenu, lumineux. Presque un bleu Klein. 

Las ! mes bleuets ont eux aussi très vite viré au beige-jaunâtre.  Point de bleu donc. 

Le nom s'est donc imposé de lui-même. BluNoBlu.

Pour des expériences d'autres savons bleus pas bleus, faites un tour chez Venezia, ici et . 

Heureusement, même amputée du cerveau, il me restait un petit neurone qui m'a permis de composer une recette où le mot d'ordre était DOUCEUR. 


Et là, je n'ai pas cherché midi à quatorze heures, j'ai juste appliqué les règles de base. Pour parvenir donc, à cette douceur crémeuse qui fait la spécificité de nos savons maison, j'ai choisi d'incorporer une forte proportion de beurres dans la formule. Et pour ce faire j'ai choisi deux beurres : l'incontournable karité et le beurre d'illipé vert que l'on trouve dans les épiceries indiennes de Paris. 


Je ne peux pas vous dire grand chose sur ce beurre, sinon qu'il a une jolie couleur pistache et qu'il est très mou à température ambiante puisqu'il est vendu en bouteille. On trouve chez les fournisseurs de matières premières tels Bilby ou macosmétoperso du beurre d'illipé, mais j'ai du mal à me convaincre qu'il s'agit du même produit lorsque je lis les caractéristiques : "proche du beurre de cacao, point de fusion très élevé. Sans parler de la couleur qui partout est blanche. 
Les calculateurs de soude ont un beurre d'illipé et je me suis donc basée là dessus pour calculer ma quantité de soude, en prenant soin toutefois de bien surgraisser pour palier à tout problème.


Et pour que ce petit savon soit également parfaitement "dermophile" (je sais Irène, tu n'aimes pas ce mot), j'y ai rajouté un soupçon d'huile de chanvre et d'huile de son de riz, qui en savonnerie, sont les huiles douceur par excellence.


Mais passons à la formule 



Formule

30% HV olive (bien verte)
25% HV coco indien
15% graisse de boeuf (suif)
10% beurre de karité
10% beurre d'illipé vert (indien)
5% HV chanvre
5% HV son de riz

Soude calculée pour un surgras de 10%
Eau minéralisée, valeur moyenne
Pigment ultramarine versée directement dans l'eau de dissolution
Fleurs de bleuet ajoutées à la trace

Pour le parfum, je souhaitais quelque chose de frais, de pétillant, avec une pointe mentholée-herbacée qui devait s'accorder avec le bleu-vert... J'ai donc associé au trio romarin-menthe-cyprès (la touche verte) un trio un peu agrumé avec la mandarine rouge et la bergamote, le tout renforcé par la palmarosa.

Parfum dosé à 2,5%

HE romarin
HE menthe
HE cyprès
HE bergamote
HE mandarine rouge
HE palmarosa

J'ai coulé une partie de la pâte dans un moule en bois Café de savon et l'autre - déjà un peu figée malheureusement - dans des petits moules à pâtisserie.

La bonne surprise est que le parfum a bien tenu. On ne peut pas perdre à tous les coups non plus ! Et puis, côté douceur, c'est également mission accomplie : la mousse est aérienne et crémeuse juste comme il faut. 

Et après avoir un peu boudé son esthétique que je trouvais un peu trop rustique, j'ai fini par me laisser apprivoiser par ce BluNoBlu qui a tout naturellement trouvé sa place dans la salle de bains.


La mousse est bleue comme une ...


mercredi 23 mars 2011

La Vague

La vague d'Hokusaï


La déferlante
Celle qui emporte tout
Celle qui détruit tout
La vague

La puissance
L'eau, mère de toute vie
L'eau, maîtresse de toute vie
La violence 

La mort
La non-vie

Les mots ne diront jamais l'horreur de la mort
L'horreur de la peur
Le désespoir

La vague emporte tout
La vie
La mort

La vague 

ESPOIR

mercredi 16 mars 2011

Crème de nuit réparatrice et apaisante



@picream n°3 "La nuit"


Anne-So et Marie-Cha se retrouvent pour un brunch Place des Vosges à l'heure du déjeuner.

Anne-So : Ah ! ma chérie, je suis é-rein-tééée ! 

Marie-Cha : mais qu'est-ce qui t'arrive, tu as fait un footing avant de venir ? 

Anne-So : nan ! j'ai passé la matinée aux Galeries Papouillettes. Y avait le lancement de la dernière it-cream, et les dix premières clientes avaient droit à un échantillon gratuit et à une séance de papouillothérapie avec le sosie de Braaad ! Oh my god ! Alors j'ai fait la queue dès six heures ce matin pour être sûre d'être prise.

la cosmeto des parisiennes
Marie-Cha : nan !!! 

Anne-So : siiii ! et c'était DI-VIN !

Marie-Cha : heu... dis, Anne-So, c'est quoi au juste cette ... it-cream ?

Anne-So : m'enfin, Marie-Cha, t'as pas lu le magazine Z'ELLE ?  Z'ont annoncé la sortie de THE crème de nuit à avoir, l'@picream n°3.
Et j'te raconte pas ! D'abord, y a un type plus bôôô que le Brad d'Angelina qui te masse le visage avec de l'huile d'avellana coryza. Et, là tu fermes les yeux et t'imagines...hoooo, le 7° ciel !

Marie-Cha : Anne-So ! voyons, tu t'égares !

Anne-So : Oh, vouiii, qu'est-ce que j'aurais aimé m'égarer avec Brad, hmmmm...
Bref, après le long massage à l'huile de noisette pour préparer la peau, Brad t'applique une fine couche de cette fabuleuse @picrem 3, qui glisse sur ta peau comme un voile de soie et qui te fait la peau douce, douce... hoooo, et là c'est le Nirvana !

Marie-Cha : Anne-So ! 

*  *  *




@pimulse




Je vous livre ici l'opus 3 de mes expérimentations avec l'émulsifiant @pimulse à la cire d'abeille que je vous ai présenté ici.

J'ai voulu tester toutes les potentialités de cet émulsifiant et pour ce faire je l'ai utilisé en complexifiant progressivement les formules afin d'évaluer sa capacité à se comporter comme un émulsifiant à part entière, ce qui n'est pas le cas de la cire d'abeille.

Dans l'@picream n°1, la formule la plus "simpliste", je reprenais l'architecture de la cold cream avec un simple co-émulsifiant, l'alcool cétylique et un pourcentage d'émulsifiant de 8%. Le résultat est une émulsion eau dans huile, indubitablement, mais avec une finesse digne de n'importe quelle crème huile dans eau.

L'@picream n°2, un beurre plus exactement, tentait une formule diversifiant les beurres et huiles et le cétyl palmitate - un ester - s'était substitué à l'alcool cétylique. Bien que le pourcentage d'émulsifiant ait été le même qu'avec l'@picream n°1, le beurre souffre d'une légère instabilité, potentiellement imputable au HLB trop faible du cétyl palmitate, en particulier au regard des huiles employées. Je soupçonne la graisse d'autruche, entrant dans la composition pour 20%, d'être en partie responsable également. Une intuition plus qu'une démonstration scientifique à ce stade.

J'ai depuis refait un essai d'émulsion beurrée à la stabilité parfaite dont je vous parlerai ultérieurement.

Ce troisième essai est une tentative de réaliser une "vraie" crème cosmétique visage en composant la formule comme je le ferai avec un émulsifiant classique. 

J'ai choisi de composer une crème de nuit aux propriétés réparatrices et apaisantes. Mon produit phare dans la gamme des cosmétiques du commerce a toujours été la Crème réparatrice de S**ley, qui m'a littéralement sauvé la peau (du visage) et depuis, je fais en sorte d'avoir toujours sous la main un soin aux vertus apaisantes et réparatrices toujours utile en fin de journée après que la peau a subi toutes sortes d'agressions extérieures. Mon choix s'est ainsi porté sur deux ingrédients/actifs incontournables : le beurre de karité et l'encens.




Pour la construction de la formule, je suis  partie de l'architecture classique d'une crème destinée aux peaux normales à mixtes, c'est à dire sur la base de 

huile +/- 20 %
eau +/- 70 %
phase 3 maxi 10%

J'ai également choisi d'utiliser un cocktail d'huiles légères et fines comme je le fais habituellement, puisque cette crème était destinée au visage.

Enfin, j'ai réfléchi au système émulsifiant, c'est à dire aux co-émulsifiants qui allaient encadrer l'@pimulse et là aussi j'ai fait assez classique : un co-émulsifiant utilisé comme véritable binôme de l'@pimulse ; et un ensemble d'épaississants-émollients.

Pour finir, comme dans toute crème digne de ce nom, j'ai introduit une troisième phase composée bien sûr de la synergie parfumée et du conservateur, mais également d'un actif - un seul car j'ai choisi de démarrer doucement - et d'une phase grasse complémentaire.

Une crème à la composition complète, mais toutefois simple et avec un nombre d'ingrédients limité, en particulier en matières d'actifs.

Allez, je vous sens trépigner d'impatience, donc voici ce que l'@picream n°3 a dans le ventre.

La formule

Huiles (19,6%)
-6% macérat de lys sur coco fractionné et tournesol oléique (maison)
-3,4% squalane
-2,7% macérat de rose, calendula, camomille sur HV olive (maison)
-2% beurre de soja (maison)
-2% @pimulse
-1,5% cétyl palmitate
-1% glycéryl stéarate (VE)
-1% alcool cétylique

Eau (qsp)
- eau 

Phase 3 (7,3%)
-3,6% beurre de karité
-2% soothex
-1,2% HE dont 10 rose, 5 carotte, 5 encens, 5 ylang ylang
-0,5% geogard
-quelques gouttes de macérat d'orcanette pour donner une couleur légèrement rosée

Si l'on décortique un peu la formule, on constate que le pourcentage d'@pimulse est extrêmement faible, 2% contre 8% dans les @picreams 1 et 2. Et là c'était pour moi un véritable défi de voir comment allait se comporter l'@pimulse dans ces conditions.

Je lui ai adjoint les bons et loyaux services du glycéryl stearate, co-émulsifiant composé de 
monoglycérides et diglycérides d’acides gras d’origine végétale (source Bilby) 
apportant un vrai plus aux émulsions en termes d'émollience et d'hydratation, là aussi dans une proportion assez faible 1%. Ce qui signifie un pourcentage total pour l'émulsifiant de 3%, ce qui est extrêmement faible. 





En renfort, les épaississants comptent pour 4,5%. Et pour garder les avantages des esters, sans les inconvénients liés à la faiblesse du HLB, j'ai couplé le cétyl palmitate (1,5%) à l'alcool cétylique et à l'acide stearique présent dans le beurre de soja.



Dans l'@picream 4, à venir prochainement, j'ai choisi un autre co-émulsifiant pour pouvoir évaluer le meilleur comportement de l'@pimulse.

Le mode opératoire est un peu délicat et nécessite que l'on procède avec rigueur faute de voir l'émulsion ne pas "prendre".  

Au moyen de deux bain-marie, faire fondre d'un côté les cires et huiles et de l'autre l'eau.

Lorsque les cires sont bien fondues, mélanger légèrement, puis verser en filet fin et très lentement 50 grammes d'eau dans l'huile. Réserver le reste au chaud. Mélanger énergiquement à la cuillère magique sans interruption tout en versant. 

une crème épaisse
Le mélange s'éclaircit puis devient légèrement mousseux (moins qu'avec du savon toutefois). On voit que l'émulsion a pris lorsqu'elle a la consistance d'un lait fluide mais homogène. Retirer du feu et mettre dans un bain marie très frais. Changer l'eau en cours de route si nécessaire. Continuer de mélanger jusqu'à épaississement de l'émulsion. On doit obtenir une belle crème lisse, épaisse et brillante dont la couleur et la texture rappellent la crème fraîche épaisse.

A ce moment là, toujours au BM frais, introduire en mince filet le reste d'eau en mélangeant lentement à la spatule jusqu'à ce que la crème ait tout absorbé.

Incorporer le beurre de karité fondu et tiédi, puis le soothex et enfin un à un très lentement le reste des ingrédients de la phase 3 en mélangeant précautionneusement et en douceur. Il faut absolument éviter de "casser" l'émulsion.


Le beurre de karité et le soothex sont les deux principaux actifs de la crème. Le premier a été choisi pour ses incomparables vertus réparatrices, un véritable  cosmeceutical, pour reprendre ce barbarisme anglosaxon et dont l'efficacité n'est plus à démontrer sur les peaux déshydratées, desquasmées ou ayant subi tout type d'agression.

Le soothex (de chez Copaïba), en fait un extrait alcoolique d'encens de la variété boswelia serrata, a quant à lui des propriétés anti-inflammatoires, prévenant les irritations mais également doté de propriétés anti-rides. 

La synergie d'huiles essentielles, exceptionnellement dosée à un pourcentage élevé pour un effet ciblé en cure à court terme (comparé à ce que je pratique habituellement, soit 0,5%) a été choisie pour compléter les propriétés des deux actifs précités, puisque ce cocktail est une véritable source de jeunesse pour la peau : 
-rose anti-ride
-carotte régénérante
-encens anti-inflammatoire et anti-ride
-ylang ylang régénérant
Avec en prime un parfum suave, très féminin et empreint de sensualité, ce qui ne gâche rien. Braaad !!!

Comme pour mes précédents tests intégrant l'@pimulse, la texture de cette nouvelle crème a évolué dans le temps pour enfin se stabiliser au bout d'une semaine environ.

Le résultat est une crème à la couleur blanc-crème (avant introduction de quelques gouttes d'orcanette), à la consistance dense et ferme, d'une très grande finesse - je crois que c'est LA caractéristique des émulsions à l'@pimulse - glissant bien sur la peau. Elle donne immédiatement le côté protecteur des crèmes eau dans huile de par son côté filmogène. En association avec de l'huile de noisette appliquée en guise de sérum sous-couche, elle apporte un confort supplémentaire lorsque la peau est en manque d'hydratation. C'est, je trouve une association fabuleuse.

L'émulsion semble stable, même si j'opterais volontiers pour un pourcentage légèrement plus élevé - 2,5 à 3% - d'émulsifiant, par pure précaution.

En conclusion, plus je travaille cet émulsifiant et plus je l'apprécie. J'ai remis en route le chaudron pour réaliser un @pimulse blanc cette fois car je sens que je n'ai pas fini d'explorer ses nombreuses potentialités. 

Bonne nuit les copines

A venir prochainement l'@picream n°4, ou la crème du Matin clair. 


samedi 12 mars 2011

Savon Angurioso ou l'histoire d'un savon en furie

savon Angurioso

la collection été 2010

Au plein coeur de l'été, à l'heure où  la ville brûlée de soleil se vide de ses habitants, j'ai été prise d'une furieuse envie de savonner. Des savons au sel, des castilles à la cire de rose, des basilics, des levers de lune... Notre chambre à coucher, transformée en séchoir à savon, embaumait les mélanges de parfums les plus variés.

Parmi mes lubies de l'été dernier, il y eut l'anguria, traduisez la pastèque.  J'adore croquer dans de grosses tranches bien fraîches quand on est assommé de chaleur.  Mieux, le jus de pastèque fraîchement réalisé à la centrifugeuse est ce que je connais de plus rafraîchissant. Et je ne vous parle pas d'un merveilleux cocktail, à servir très frais le soir au retour de la plage avant de vous installer sous la tonnelle pour un dîner entre amis.


Recette du cocktail de lolitarose

jus d'anguria frais
vodka
un peu de jus de citron et plusieurs poignées de menthe fraîche à laisser infuser.

Servir glacé. C'est un régal !
Pour l'après-midi anguria menthe bien glacé et c'est parfait.

Ayant usé et abusé de ces cocktails à la pastèque, j'eus l'idée de prendre du jus de pastèque comme eau de dissolution pour ma soude. Après tout j'avais bien réalisé un savon ultra-doux avec du jus et de la pulpe de concombre, et les deux sont de la même famille. La pastèque bien mûre est cependant nettement plus riche en sucres. Et ça, je dois dire que sur le coup ça m'avait un peu échappé.  Pour apporter encore plus de douceur à mon savon, je choisis d'incorporer de la pulpe d'aloé vera.
A la suite d'un article de Catherine sur Potions où elle nous expliquait qu'elle réalisait des savons avec le gel d' aloé vera  pris directement sur la plante, j'avais à mon tour introduit du gel d'aloé - du commerce -  dans mon savon 3A&Co. Comme ici, les aloés poussent comme du chiendent, j'ai décidé de faire comme Catherine et de me servir directement sur la plante.

Pour le reste je suis restée sur une formule relativement classique, mais ô combien efficace.

La recette

-30% HV olive
-25% HV coco
-15% HV palme bio
-10% HV arachide
-10% suif
-5% HV ricin
-5% beurre de karité

Soude pour un surgras à 4%

Eau de dissolution : jus de pastèque fraîchement extrait à la centrifugeuse et gel d'aloé vera recueilli directement sur les aloés du jardin

A la trace 
4,5% HV framboise mélangée à un peu d'argile rose pour intensifier la couleur
Parfum indien "Opium"

J'ai procédé tout à fait normalement en introduisant ma soude dans le jus de pastèque et le gel d'aloé. 

Et là, aïe aïe aïe, on a frôlé la cata !

Le mélange s'est mis à mousser furieusement au point qu'il était prêt à s'échapper du récipient, pourtant  - et heureusement - choisi d'une grande contenance. La couleur a tourné au rouge brique et la température s'est mise à grimper très très furieusement faisant éclater le thermomètre limité à 100° !
Heureusement plus de peur que de mal, j'ai rafraîchi un peu tout ça et attendu que la température redescende normalement.

Ce petit coup de folie, m'a inspiré le nom du savon en référence à un classique de la littérature italienne, l'orlando furioso. Je l'ai donc baptisé l'angurioso, contraction de anguria (pastèque) et furioso (qu'il est inutile de traduire.

Le reste des opérations s'est déroulé sans encombre, si ce n'est que le parfum a fait figer la pâte immédiatement et une fois de plus j'ai moulé à la truelle. La couleur est passée du rouge feu au rouge brique et s'est bien éclairci en séchant. 

Finalement ce savon s'est révélé très doux, bien moussant  et crémeux. Normal au vu des huiles et beurres choisies : coco pour la mousse, palme et karité pour la crème, olive parce qu'un savon sans huile d'olive n'est pas un savon (je sais je suis un peu excessive dès qu'il s'agit de l'olive) et la framboise qui apporte une vraie émollience au savon. Et bien sûr les sucres de la pastèque et le gel d'aloé qui accentuent la douceur pour la peau. Un vrai petit soin doudou, cet angurioso !

Et à la fin de l'été, de retour dans la fraîcheur de l'automne parisien, j'ai habillé mes petits savons de jolis manteaux colorés.

Ma petite mosaïque de savons

mardi 8 mars 2011

Crème à l'@pimulse n°2 ou Beurre de mandarine pour Sirènes

Beurre de mandarine pour Sirènes

Il s'agit ici du second test réalisé avec mon tout nouvel émulsifiant maison, dont je vous ai longuement parlé ici : l'@pimulse. Voici donc comme promis l'@picream n°2.

A l'occasion de la venue à Paris d'une belle Sirène,  championne de natation - oh ! je devine déjà le commentaire qui ne manquera pas d'arriver :

comm de la sirène " : lolitarose, tu exagères, je suis loin d'être une championne !  je me contente juste de plonger dans la piscine et de  faire quelques longueurs de bassin ...

réponse de lolitarose : "lolitarose ne plonge jamais dans la piscine, on la pousse énergiquement ; quand lolitarose tombe dans la piscine (après moults hurlements et moulinets de bras), lolitarose avale des litres d'eau chlorée avant de couler droit tout au fond du bassin.  

Donc, chère Sirène, de grâce, pas de modestie déplacée !  Tu es définitivement  une championne de natation !"

Je disais donc que, à l'occasion de la venue à la capitale d'une belle Sirène dont les séjours prolongés dans les eaux turquoises d'une piscine olympique ont quelque peu malmené la peau, j'eus l'idée  de lui réaliser un beurre corporel très fin et très glissant mais au pouvoir relipidant intense. Un soin également filmogène et dont elle pourrait même s'enduire le corps avant de plonger afin que l'eau glisse sur l'épiderme et y cause moins de dommages.

Venant de tester un beurre fabuleux (offert par une Fée des Neiges), je voulais que la sensation sur le corps ressemble à celle laissée par la chantilly neige et crème fraîche d'Irène. Attention je parle de l'effet sur la peau pas de la texture ou de la composition.

Ben oui, pourquoi faire simple quand on peut se compliquer la vie ?

La Fée Irène, donc, a créé une recette merveilleuse à tous points de vue : un beurre doux, léger, glissant et qui me laisse la peau veloutée et hydratée pendant 24 h 00.  Vous voyez une raison pour y changer une virgule vous ? 

Moi non. Sauf que voilà, depuis aussi longtemps que je me souvienne, j'ai toujours eu en horreur de faire comme les autres. Entendons nous bien, je n'aime pas me faire remarquer non plus, je suis très dans la norme (ben oui, je suis normale, hein ?!).  

Si le magazine ELLE écrit que l'autruche c'est THE trend of the winter et qu'une fashionista digne de ce nom ne peut aller au marché bio des Batignolles sans son boa en plumes autour du cou, alors Lolitarose aussi suivra la tendance et partira derechef à la chasse à l'autruche.

D'ailleurs, en parlant d'autruche, et pour en revenir à nos moutons ou plutôt à nos tambouilles, c'est justement vers la graisse de ce charmant volatile - qu'on devrait appeler beurre tant la consistance au toucher est celle du beurre alimentaire que nous utilisons dans nos cuisines - que ma longue réflexion a fini par me porter. 

Aïe ! j'entends déjà gémir ma pauvre Sirène à l'idée de s'envelopper dans un boa, pardon dans de la graisse de bête à plumes. Mais il s'agit juste d'un ingrédient cosmétique comme un autre, que dis-je mieux qu'un autre car ses propriétés sur la peau en général et sur les peaux agressées en particulier, sont réellement incomparables.

Michèle en a fait des savons. J'en avais également incorporé dans mon calmobôm qui s'est avéré particulièrement adapté sur des peaux souffrant de sécheresse et de "gratouillis".

J'ai donc décidé de récidiver et de sortir du frigo "mon truc en plumes, ..."

T'as d'beaux yeux tu sais !
Pour accompagner au mieux le gracieux volatile j'ai décidé de lui adjoindre quelques beurres et huiles eux aussi reconnus pour leurs bienfaits sur les peaux en quête d'hydratation intense, j'ai nommé l'huile de coco (hydrogénée), l'huile de macadamia (de chez Copaïba), l'huile de tournesol oléique (the Herbarie) en macérat de camomille pour l'effet apaisant, l'huile d'onagre et enfin le beurre nilotica (macosmetoperso) pour l'effet réparateur.


Pour limiter la perte en eau et constituer un effet filmogène mais non occlusif et bien sûr non gras (lolitarose hait le gras !) j'ai fait appel au beurre de cupuaçu (celui de the Herbarie est définitivement mon chouchou !) et à mon nouvel émulsifiant maison que je vous ai présenté il y a peu, l'@pimulse, et dont j'ai renforcé les bienfaits au moyen d'un autre trésor de la ruche, reconnu pour son haut pouvoir hydratant et cicatrisant, le miel.

"Eh ! dis donc, lolitarose, t'avais pas dit que c'était un beurre à la mandarine ton truc en plumes ?"

Bien sûr ! mais où avais-je la tête ? En plus, notre âme aime tellement la mandarine ! Ici c'est le Petit grain que j'ai incorporé, donc l'huile essentielle issue des feuilles et non des zestes. Pour tout savoir sur les huiles essentielles de petit grain, je vous renvoie vers cet article de Michèle. 

feuilles & fleurs d'oranger
J'étais déjà fan de l'huile de petit grain bigaradier dont j'use et abuse dans la plupart de mes crèmes visage. Je l'aime tant mon PGB que j'en rachète chaque fois que j'en croise sur mon chemin, je les collectionne, les compare et en fonction des formules ou de mes humeurs je choisis une marque ou une autre. 

Et puis un jour de ballade parisienne, bien accompagnée d'une copinaute, ma route  - ou plutôt mon nez - a croisé un nouveau PG, le mandarinier de chez Purissime, commercialisée par Herbeus, rue du Poteau dans le XVIII° arrondissement (celui où un jour de juillet au coeur d'une rose, a vu le jour votre dévouée lolitarose): et là, ça a été le coup de foudre immédiat. Et pourtant, il n'est pas facile à accommoder le mandarinier, il demande un petit effort, mais après c'est pour la vie.     

Pour renforcer ce parfum de mandarine j'ai réalisé un macérat de zestes de mandarines bio (italiennes) dans de l'huile de jojoba. On pourrait se contenter de l'utiliser nature tant le parfum est subtil. Mais il s'est très bien marié à l'orange douce et au benjoin. Et puis pour casser le côté agrumes un peu doucereux, j'y ai jeté un soupçon de basilic. Voilà pour le parfum. 

Allez, jolies Sirènes, je ne vous fais plus languir 

La formule pour 200 gr d'@picream n°2

Phase 1 ( 95 )

40 graisse d'autruche
16 @pimulse
10 beurre de cupuaçu
10 huile de coco hydrogénée
10 cétyl palmitate
5 HV macadamia 
4 isopropyl palmitate (zinette)

Phase 2 (75 )

75 HA de neroli et de sureau

Phase 3 (à froid) ( 25 )

5 nilotica
10 onagre
2 CO2 argousier
1 CO2 carotte
2 complexe botanique LSC (the Herbarie) 
2 c. à dessert bombées argile blanche (pour atténuer l'effet gras)
2 HE dont absolue de benjoin, petit grain mandarine, orange, basilic
1 conservateur

J'ai procédé de la même manière que pour mon premier test, fonte des cires et versement de l'hydrolat chaud dans les cires fondues en prenant donc soin de ne verser que la moitié de la phase eau dans un premier temps. 

l'émulsion
Après mixage à la cuillère magique au bain marie chaud, puis à température ambiante et enfin à froid, j'ai introduit petit à petit le reste d'hydrolat  tiédi dans l'émulsion déjà formée et épaissie.

Il est très important de procéder en deux étapes et tout en douceur sinon on risque de voir l'émulsion se séparer. Il en va de même pour les ajouts de la phase 3. Leur introduction est une opération très délicate et l'on sent que l'émulsion est prête à "craquer" à tout instant. Aussi je n'ai pas hésité à laisser reposer la crème au frigo quelques minutes entre chaque ajout.

J'ai d'ailleurs constaté lors de mes différents tests avec l'@pimulse, que cet émulsifiant devenait d'un maniement, sinon difficile, du moins délicat si l'on cassait le juste équilibre entre la phase eau et la phase huile.

Si l'on met une forte phase aqueuse en une seule fois dès le départ (70% par exemple), la "mayonnaise" ne prend pas. C'est vraiment comme avec la mayonnaise, il faut verser l'eau en mince filet tout en mélangeant sans cesse pour former l'émulsion. Et surtout il ne faut pas "noyer" l'émulsion en y intégrant une trop grosse quantité d'eau d'un coup ou tous les actifs de la phase 3.

Et finalement, si ce beurre de mandarine me donne toute satisfaction sur un plan strictement cosméto-thérapeutique, son aspect cosméto-esthétique est à revoir (je suis perfectionniste, c'est comme ça je n'y peux rien !). On n'a pas à proprement parler un déphasage, mais la texture n'est pas lisse et uniforme comme elle le devrait et on s'attend à ce qu'elle lâche à tout instant.


on voit le léger déphasage sur les bords
En revanche, c'est un régal sur la peau, surtout si on le laisse au frais. Le beurre durcit et lorsqu'on en dépose une petite noisette sur la peau, il fond à son contact et glisse avec bonheur en laissant un voile protecteur et relipidant tout au long de la journée. J'ai cru bon de rajouter un peu de cher isopropyl palmitate pour un glissant maximum comme je l'avais fait dans un précédent beurre.



Pour autant, je me demande  si cet ingrédient, qui est un ester aux propriétés émollientes, est tout à fait compatible avec l'@pimulse et s'il n'aurait pas sa part de responsabilité dans la tenue de l'émulsion. J'ai constaté que les crèmes avec savon, et l'@pimulse est finalement composé de savon d'esters de cire, réagissaient avec certains composés en raison de leur nature alcaline. Il faut que je creuse d'avantage et que je refasse des tests avec et sans IPP.

Beurre à la mandarine


Et maintenant attendons le verdict de la Sirène des swimming pools et de mes gentilles cobayes parisiennes.


A venir prochainement les tests de crème visage en version nuit avec l'@picream 
n°3 et en version jour avec l'@picream n°4.