samedi 26 février 2011

Premier savon de Cavallerizza

Premier savon

Article importé de mon blog numéro 1 et publié en août 2009

"Toute première fois, toute toute première fois..."  Qui n'a pas fredonné ce refrain, aujourd'hui totalement "vintage" ?
Vous souvenez-vous de toutes vos premières fois ? Premier regard, premier baiser, premiers émois... Et un jour il y eut le premier savon.
On dit qu'un savon doit mûrir avant de pouvoir être utilisé. Et bien, MON premier savon a très longtemps mûri ... dans mon esprit. Oh, non pas que j'ai pris tout mon temps pour parvenir à une formule sophistiquée ou complexe. Non. Tous ces mois de réflexion pour prendre la décision de "passer à l'acte", enfin. Bien préparer cette première fois pour que l'anxiété ne vienne pas tout gâcher. 
Profiter des vacances. Ici j'avais tout mon temps et surtout tout l'espace nécessaire sans risque de faire des dégâts irrécupérables. Un laboratoire de savonnerie rien que pour moi ! 




J'ai eu beau chercher et ressasser des formules dans ma tête, rien ne me convainquait. Ce premier savon se devait d'être à l'image du lieu qui le verrait naître. Et ce lieu c'est la Masseria Cavallerizza, cette petite maison rustique où je viens me ressourcer chaque année. 
Ce serait donc un savon simple et rustique aux parfums champêtres de citron, lavande et basilic, rehaussé d'un peu de vétyver. Pas de colorant, pas de parfum ou fragrance sophistiquée, ni moule recherché. 
Un savon brut ; simplement premier, que j'ai donc baptisé le savon de Cavallerizza, du nom de la contrada (lieu-dit) où se trouve la maison. 
Rassurée par les premiers récits des toutes nouvelles savonnières (n'est-ce pas Irène et MLKonarrêteplus ?) et encouragée par les plus expertes (Nansou, dont la créativité sans bornes n'a cessé de m'inspirer, mais bien sûr Michèle aux savons si raffinés,  Venezia et toutes les autres), je me suis levée un matin sereine, sachant qu'aujourd'hui serait le jour de mon premier  savon. 
J'étais prête, enfin.
Un saut au Bar du village pour me connecter à The sage et Soapcalc, entrer mes huiles et faire mes derniers calculs.
Côté précautions, (car si cette première réalisation n'a provoqué aucun stress, la soude restait quelque chose que je craignais particulièrement), j'ai relu avec beaucoup d'attention le récit picaresque de la première expérience de notre Princesse savonnière (Venezia) et j'en ai retenu que le ridicule ne tuait pas. 

Admirez donc la super pin-up savonnière

Et je confirme, je suis toujours bien vivante malgré un déguisement de schtroumf des plus sexy. Et je ne vous parle pas de la chaleur étouffante, alors même que le thermomètre affichait plus de 30°. 



Quelques préparations avant le grand jour. J'ai voulu tester un macéra de verveine odorante, au parfum très frais. Malheureusement, la verveine est peu lipophile et le parfum du macéra très ténu. Je l'ai réalisé avec de l'huile de soja en changeant les feuilles chaque jour pour redonner un peu de ce parfum citronné si caractéristique. Heureusement l'infusion, corsée est plus parfumée, mais je doute que la soude n'en laisse transparaître la fragrance.  
J'ai donc préparé à l'avance mes glaçons de verveine. Enfin, n'ayant pas emporté de chlorophyle avec moi et ayant envie d'un soupçon de vert dans ce savon rustique, je décidai de broyer des feuilles de verveine séchée jusqu'à en faire de très fines paillettes que j'ai incorporé au macéra destiné à être ajouté à la trace.
J'ai opté pour un surgraissage à 8 %  mais, pour une raison qui m'échappe (sans doute n’ai-je pas suffisamment mélangé la soude au liquide au départ), j'ai constaté lorsque j'ai versé ma solution  "liquide & soude" dans mes huiles que de petites perles de soude étaient restées collées au fond du bécher. J'ai donc au final utilisé moins de soude que ne le prévoyait le calculateur et le surgraissage sera donc plus important  sans que je puisse déterminer de combien.
L’atelier de la savonnière
Tous les ingrédients ayant été préparés à l'avance sur la table protégée d'une toile cirée de circonstance, il ne me restait plus qu'à me jeter à l'eau. La soude et l'infusion ayant eu tout le temps d'arriver à bonne température fraîchement blotties au fond d'un évier-lavoir fort pratique.
Les ingrédients
27% Huile de coco
15% huile de palme bio
14% huile d'olive (des Pouilles)
17% beurre de cacao
2% beurre de karité 
15% huile de soja
10 % huile d'abricot
A la trace, macéra de verveine sur huile de soja 8%
Le calculateur m'a donné une valeur de soude de 74,86 gr pour 500 gr d'huiles (surgraissage à 0%) ; et une valeur moyenne de liquide entre 125 et 188 ml, j'ai choisi de prendre 170 ml pour être certaine de bien voir la trace.
La trace est arrivée très vite et je n'ai eu qu'un dixième de seconde d'hésitation pour la "voir" car la texture est très vite devenue celle d'une "crème pâtissière" assez consistante. J'ai donc immédiatement versé le macéra et ses paillettes de verveine, puis les huiles essentielles ; un dernier petit tour de mixer, et hop ne restait plus qu'à verser dans le moule. 
direction séchage
Toujours dans ma quête de simplicité, j'ai donc choisi un moule carré, à partir duquel ont été découpés les pains de savon que j'ai installés dans une pièce relativement  fraiche en attendant d'abord le démoulage, puis le séchage complet.
Comme je l'imaginais, l'odeur de verveine s'est dissoute et domine en revanche assez nettement le basilic (alors que j'ai forcé la dose du citron-mandarine !).
Je vous présente donc ce savon “simplement premier”, mais certainement pas le dernier des savons de Lolitarose.
carrés au basilic tout simples

Après 48 heures, j’ai pu découper le savon, mais je n’ai démoulé qu’au bout de 4 jours, 
le savon s’avérant assez mou et le séchage visiblement assez long (le savon restait collé au fond du moule), malgré les données calculées sur Soapcalc, que je vous livre :


-dureté               46
-pouvoir nettoyant    18
-pouvoir émollient    50
-pouvoir moussant     18
-crémosité            27
 -INS                  155   


avec les chûtes

12 commentaires:

  1. Hihi... je suis sûre que tu n'es plus autant habillée maintenant lorsque tu fais du savon... ça fait du bien de revoir cet article.

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  2. C'est vrai ... et ce n'est pas vrai. Comme je passe l'été en short et tongs, je suis obligée de me protéger pour éviter les accidents. Et encore dernièrement, alors que j'avais omis les lunettes, le mixer m'a envoyé des éclaboussures à la figure, à quelques millimètres à peine de l'oeil. C'était moins une. Alors, je reste une Soeur Prudence.
    Moi aussi, j'ai aimé relire cet article et me remémorer cette "toute première fois".

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  3. ça rappelle des souvenirs! on serrait les fesses quand on mélangeait notre soude! par contre tu as raisons, si il m'arrive de moins m'habiller, les lunettes sont toujours de rigueur! les éclaboussures arrivent assez souvent...Je trouve cependant que tu gardes la classe dans ton costume de savonnière, ça on l'a ou on ne l'a pas!

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  4. Chacune de nous je crois a pris son temps avant de passer le cap ... et depuis on est accro :-)
    C'est chouette de se remémorer tous ces souvenirs ....
    Bisous

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  5. ZsaZsa, j'y vois pas trop la classe moi dans mon déguisement de peintre en bâtiment ^_^, mais bon faut ce qui faut !

    @Mystic, c'est vrai que la savonnerie rendrait accro ! heureusement deux choses me sauvent : le manque de temps pour savonner et le manque de place pour stocker, car même si j'offre tous mes savons, on m'en offre au moins autant et c'est sans fin ...

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  6. Lolitarose, tes premiers savons sont superbes et c'est normal, car tu as attendu d'être prête et d'avoir compris toutes les informations nécessaires pour les réaliser.

    Tu n'as pas fait dans la simplicité pour une première fois, car tu as utilisé la soude à dissoudre plutôt que la lessive de soude.

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  7. On a bien rigolé pour les premiers, j'ai eu plus de chance que toi car Michèle m'a "marrainé" en douceur et Irène avait déja fait des folies très inspirantes
    La verveine séché est très parfumé en macération huileuse, j'en fais régulièrement
    Tu peux peut être, c'est ce que je fais désormais
    d'abord mouiller les feuilles d'un peu d'alcool
    filtrer et ensuite mettre l'huile de macération
    et ensuite refiltrer, l'alcool s'évapore pas mal
    (truc de Nerys Purchon, que Michèle m'a remis en tête)
    Je n'arrive pas à visualiser les photos de ton premier, mais basilic verveine et agrumes j'arrive à sentir et apprécier

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  8. Merci Colchique, c'est vrai que j'ai attendu et c'est sans regret, même si j'aurais apprécié avoir un guide auprès de moi comme mlk (mais, j'ai dû annuler l'initiation gentiment offerte par Michèle)
    Colchique, utiliser la soude m'a paru la chose la plus simple car partout je lisais des pazapa et autres instructions indiquant la soude. Et puis je souhaitais apporter ma "personal touch" (bien que modeste) en choisissant moi même mon liquide de dissolution.

    mlk, on a bien rigolé et il m'arrive encore de rire quand je vois le résultat obtenu par rapport à l'idée de départ !
    Pour la macération de verveine, je me suis demandé si ça ne venait pas de l'huile choisie, l'huile de soja ne me semble pas un super extracteur d'odeurs. Je referai une tentative l'été prochain avec de l'huile d'olive et avec ta méthode également.
    MLK, ne me dit pas que les problèmes techniques avec mon blog recommencent !!! c'est sans doute dû à ton PC au boulot qui ne parviens pas à lire car il y a trop d'images. Vas sur ton MAC et ça devrait le faire.

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  9. Tu as fière allure dans ta tenue de cosmonaute.
    Il y a bien longtemps que je n'utilise que les lunettes comme protection, j'ai déjà constaté que les éclaboussures sont sans conséquence sur la peau si on rince tout de suite.
    Quel souvenir que notre premier savon!
    C'est bien de rapatrier tes anciens articles sur ton nouveau blog.
    Bisous

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  10. Pat, je me suis éclaboussée il n'y a pas longtemps alors que je savonnais peu protégée, je suis vite allée rincer, mais comme les projections étaient très fines, je n'ai pas tout ôté et ça n'est que quelques minutes plus tard que j'ai senti une brûlure au coin de l'oeil. Lorsque je suis allée voir dans le miroir, il y avait un coin de peau - la taille d'une petite lentille - très rouge exactement comme une brûlure. J'ai longuement rincé et après HE de lavande jusqu'à disparition.
    Mais heureusement tout s'est bien terminé !

    Je vais rapatrier une partie des articles progressivement pour ne pas perdre l'intégralité du contenu, ce serait dommage.

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  11. Cela fait du bien de relire cet article.

    Nous nous sommes lancées toutes les trois pratiquement ensemble mais je me souviens d'avoir tant ri de te voir dans ce costume que ta taille de guêpe te permet !

    Pour l'instant, je ne fais pas de savon, j'imagine que tu devines la raison. Et cela me manque !

    J'espère que c'est comme la bicyclette, que cela ne s'oublie pas !

    Mes salutations du soir ma Lolita San accompagnées de quelques bises.

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  12. Ma chère Irene, si je regarde les stocks de savons eparpillés partout dans l'appartement je pourrais également arrêter la savonnerie pendant un moment ! En fait je ne savonne pas tant que ça non plus, si ce n'est durant les vacances a l'heure de la sieste car la chaleur est trop forte pour sortir.
    Et puis quand je savonne j'aime prendre tout mon temps et ici a Paris, c'est justement ce qui me fait cruellement défaut, le temps.
    Je t'embrasse Fée savonnière !

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