vendredi 31 décembre 2010

Bonne Année 2011

Paix,  Sérénité, Amour


A vous toutes qui me suivez depuis l'origine de mon premier blog et qui m'avez encouragée lors de la création de celui-ci,

A vous qui avez su donner un sens aux mots  partage ou amitié,

A vous qui savez manier avec autant de maestria l'humour, l'amour que la soude ou les émulsifiants,

Que l'année 2011 vous apporte  paix,  sérénité, santé 
Et surtout beaucoup d'AMOUR


Recevez en ce 31 décembre deux mille et onze baisers de votre Lolitarose


BONNE ANNEE A VOUS !

mercredi 22 décembre 2010

Crème-cérat Panacea


Conte des Mille et Une Nuits de Noël


Mystères de l'orient

Il était une fois un pays merveilleux niché quelque part au milieu du désert qui était connu dans tout l'Orient pour la beauté et le parfum exceptionnel de ses roses. 
Le sage et riche Sultan de ce petit pays, Aladin Asouleyman, cultivait en effet dans l'enceinte close de son Palais une roseraie d'une beauté inégalées. Le Sultan aurait pu être l'homme le plus heureux de la terre. Mais il désespérait de mourir avant d'avoir vu sa fille bien-aimée mariée avant son seizième anniversaire, assurant ainsi sa succession sur le trône.
On vantait la beauté de la Princesse Vanazihiya - tel était son nom - aux quatre coins du Royaume, bien que, en réalité, nul ne l'ait jamais vue. Son teint, disait-on, avait l'éclat et la douceur des roses à peine écloses du jardin royal.
Mais, au grand désespoir du Sultan Asouleyman, la jeune Princesse souffrait d'un mal aussi inconnu qu'incurable qui la condamnait à vivre recluse derrière les murs du Palais.
Depuis son plus jeune âge, la Princesse Vanazihiya  voyait la peau de son visage se couvrir de rougeurs et se déssecher  comme celle d'un vieux serpent dès qu'elle était en contact avec le vent, le soleil ou tout simplement l'air extérieur. Tous les plus grands médecins de la Cour avaient été dépêchés au Palais afin de trouver un onguent ou une potion susceptibles de venir à bout du mal de la jeune fille. Las ! rien n'y fit et jour après jour, année après année, la beauté de Vanazihiya croissait à l'abri des éléments extérieurs et des regards, cloîtrée dans les appartements princiers.
Un jour, le Sultan Asouleyman, eut l'idée de mander des messagers par tout le Royaume afin de quérir celui qui pourrait enfin trouver le remède qui délivrerait la Princesse : 
"Oyez ! Oyez ! le Sultan donnera sa fille, la vénérable Princesse Vanazihiya, et cent chameaux à l'homme qui trouvera le remède au mal de la Princesse !"
Ainsi, le Palais  vit défiler nombre de postulants au mariage, offrant à la Princesse baumes et onguents. Chaque fois, la belle Vanazihiya s'enduisait le visage de ces nouvelles mixtures et au matin, le verdict était toujours le même : inefficace.
L'on vit des vieillards édentés présenter quelque graisse fort odorante dans l'espoir de convoler en juste noces avec la belle et fraîche Princesse. L'on vit encore une mère, traînant son garçonnet encore en couches jusqu'au Palais afin d'obtenir la main de la Princesse.
Un matin, l'on vit arriver une femme vêtue de brocart. A sa mise on pouvait voir qu'il s'agissait d'une étrangère. Elle se présenta au Palais, mais les fidèles serviteurs du Sultan la repoussèrent arguant qu'elle n'était qu'une femme et qu'elle ne pouvait, dès lors, prétendre à la main de la Princesse.
L'étrangère insista pour être malgré tout introduite auprès du Sultan.
"Sultan Asouleyman, je ne demande pas la main de ta fille mais je viens au contraire lui éviter des maux bien plus grands que ceux qu'elle subit aujourd'hui. "
Intrigué, le Sultan l'invita à poursuivre.
"Que crois-tu qui soit mieux pour la Princesse Vanazihiya : passer le restant de ses jours dans la prison du palais d'un père aimant ou dans celle d'un vieillard lubrique ? Si ma crème soigne son visage, tu pourras lui choisir le mari qu'elle mérite et qui la rendra heureuse. En échange, je ne demande qu'une chose. Chaque année, lors de la floraison des roses de ton jardin, je viendrai en cueillir les pétales pour mes onguents et mes parfums."
Le Sultan accepta. Il prit l'onguent aux effluves de rose et d'encens et le porta à sa fille.  
Au matin du jour suivant, la belle Vanazihiya parut au balcon du Palais et tous les sujets du Royaume purent enfin admirer son immense beauté.

&  &  &

Il se trouve que je devais retrouver lors d'une rencontre de fées, sorcières et autres Parisiennes, une Princesse de ma connaissance dotée d'une peau tellement fine et délicate, qu'elle ne supportait aucun émulsifiant. Chaque fois que l'une d'entre nous lui offrait une de ses créations, elle s'écriait :
 "Ah ! quel dommage que ma peau ne supporte rien !"
Comme j'aurais été fort marrie qu'elle se trouve dans l'obligation d'épousailler le premier venu juste pour sauver sa peau, je  réfléchis aux moyens de la tirer des griffes d'un inutile mari.
Puis l'une de ses remarques récurrentes me revint à l'esprit et me souffla la solution :
 "Je reviens toujours à mes bons vieux cérats, il n'y a que ça qui marche".
J'ai donc décidé de revenir aux bonnes vieilles recettes et j'ai ressorti mes vieux grimoires de la bibliothèque.
Mais qu'est-ce qu'un cérat, au juste ?
Le plus connu est le cérat de Galien, du nom d'un célèbre médecin de l'Antiquité et son inventeur, et la formule la plus ancienne que j'ai pu retrouver mentionne qu'il est composé de cire d'abeille, d'huile végétale (amande douce) et d'eau. 
Plus tard, on y incorpora du sodium borate, plus communément appelé Borax.
On trouve également une autre formule assez proche appelée cold cream et à visée plus cosmétique alors que le cérat serait à usage thérapeutique. 
Une des formules les plus répandues pour la cold cream contient de l'hydrolat de rose, de la cire d'abeille, de l'huile d'amande douce, du blanc de baleine et de l'essence de rose ainsi que, selon les formules, de la teinture de benjoin.
Ayant donc en tête de réaliser un cérat, je cherchais tout d'abord à comprendre le pourquoi de la présence de Borax dans la formule alors même que cet ingrédient est considéré comme potentiellement dangereux.
Sodium borate ; ça ne vous dit rien ? Mais si, voyons... Regardez mieux.
SODIUM borATE
Et là, vous y voyez un peu plus clair ? Mais oui ! mais c'est bien sûr ! le borax est un sel de l'acide borate ou, en d'autres termes, un savon
En fait la présence du borax dans le cérat avait deux objectifs : tout d'abord, en raison de son pouvoir antiseptique et bactéricide, il assumait une fonction de conservateur dans une formule qui contient 50% de phase aqueuse ; ensuite, son pouvoir émulsionnant assure une meilleure stabilisation de l'émulsion car la cire d'abeille n'est en fait pas véritablement un émulsifiant et s'avère de ce fait relativement instable.
Aussi, c'est sans hésiter que j'ai décidé de remplacer le borax par du savon maison. 
Quant au blanc de baleine, que l'on nommait aussi spermaceti et qui est aujourd'hui, fort heureusement interdit, je lui ai substitué un peu d'acide stéarique conjugué à l'huile-cire de jojoba : ainsi on maintient l'équilibre entre fonction épaississante et lissante sur la peau.

cire, savon, acide stearique


Ma formule de base en grammes

-40 Eau déminéralisée
-20 hydrolat de roses (Essenciaga)
-20,5 macérat de roses, camomille, lavande sur olive (maison)
-11,5 HV jojoba (Copaïba)
-8 cire d'abeille blanche (grade pharmaceutique)
-5,5 HV son de riz (AZ)
-4 acide stéarique
-3 beurre de cupuaçu (The Herbarie)
-2 savon (maison)

A froid
-10 gtes CO2 rose musquée (The Herbarie)
-5 gtes HE carotte sauvage (pour son pouvoir hautement régénérant)
-5 gtes HE encens (parce que anti-inflammatoire)
-5 gtes HE rose damas (anti-ride et pour le parfum)
-5 gtes absolue de rose (Bilby)
un soupçon de poudre de riz
un soupçon de macérat d'orcanette pour la couleur
0,5 % de géogard

une belle consistance
La méthode de fabrication est extrêmement simple : dans un bol stérilisé et placé au bain marie, faire fondre la cire d'abeille, l'acide stéarique et le savon ; puis introduire le beurre de cupuaçu ; enfin les huiles. Mélanger à la cuillère magique, puis en laissant toujours au BM chaud, verser progressivement le mélange eau-hydrolat sans cesser de remuer énergiquement. Retirer du feu dès que l'émulsion commence à mousser et continuer de mixer à température ambiante jusqu'à formation d'une belle émulsion épaisse et lisse.
A froid, introduire le CO2, les HE et le conservateur. Puis la poudre de riz en petite quantité.
Verser en pots. 
Après 24 heures de repos, la texture est devenue très ferme prenant un aspect plus pommadé que onctueux. Un peu comme un beurre mais à l'aspect assez rustique.

cérat-crème Panacea

A cette occasion, j'ai découvert les vertus du beurre de cupuaçu - INCI theobroma grandiflorum - que j'utilisais pour la première fois dans cette formule et qui m'a littéralement conquise. Depuis, j'en mets partout ! Si j'en crois mes lectures, ce beurre qui est riche en phytostérols, en acides gras mono et poly insaturés ainsi qu'en stéarique a d'importantes propriétés émollientes, un fort pouvoir lissant et surtout une capacité exceptionnelle à maintenir le taux d'hydratation de l'épiderme, ce qui en ferait un soin anti-rides de tout premier choix. Il a en outre une adorable odeur de praline assez sympathique. Mais c'est bien sûr pour sa capacité anti-déshydratation que je l'ai choisi.
Comme je le fais toujours, et bien que ce cérat fut destiné à une peau très sèche - c'est à dire l'opposé de la mienne - j'ai tenu à tester sur mon propre visage cette crème-cérat (Même pas peur la Lolita !).
C'est d'abord le parfum qui m'a charmée. On ne devine quasiment pas la présence de la carotte et je trouve la synergie rose-encens très féminine avec une petite touche orientale, très 70's.
Ensuite, j'ai été déroutée puis conquise par la texture, un peu cassante, semblant vouloir s'accrocher à la peau. Pas autant  toutefois que les émulsions réalisées avec l'émulsifiant P3R, et surtout sans leur côté glu-glu. Le cérat est riche et il nécessite que l'on masse bien la peau pour le faire pénétrer. Mais quelques minutes après, pschtt !, tout est absorbé et la peau est mate, lisse et veloutée, même ma peau mixte qui n'aime que les nuages de crème ultra légère. Et après une nuit, aucune éruption disgracieuse, rien si ce n'est une peau bien hydratée.
Du coup, je me suis lâchée et l'ai testée sur les lèvres, qui avec le froid ont tendance à gercer. Résultat : des lèvres toutes neuves en une nuit. Toujours plus loin, je l'ai mise en contour de l'oeil. Si, si vous avez bien lu ! Et là, traits lissés et un maquillage qui tient parfaitement.
Sur les mains, les pieds. Hmmm ! ça rend la peau toute douce.
Et last, but not least, je l'ai encore essayée en masque avant shampooing : cheveux d'ange garantis !
Vous avez compris maintenant pourquoi je l'ai baptisée Panacea ?
Bon, en même temps elle ne m'était pas destinée et j'attends les retours de ma Princesse à la peau délicate.

Mais il faut que je vous raconte une anecdote digne d'un conte de fées.

J'avais réalisé trois pots de cérat : l'un pour ma Princesse, le second pour moi et un troisième en vue d'un cadeau à d'autres amies-testeuses. Quelques jours après fabrication, voulant offrir donc un échantillon du cérat, j'ai transvasé un peu de crème dans de petits contenants et là, patatra ! l'émulsion s'est brisée. Un peu comme si les molécules  avaient éclaté pour laisser échapper l'eau. Je n'ai pas compris, d'autant que celle restée dans les autres pots ne semblait pas avoir été affectée..

Un soir plus tard, alors que je tenais mon propre pot en mains, celui-ci m'échappa et alla s'éclater en mille morceaux répandant tout le précieux onguent sur le carrelage de ma salle de bains.

Il était écrit que ce cérat était un cérat de Princesse, et seule une peau de Princesse se devait de l'utiliser. On ne plaisante pas avec les Contes des Mille et Une Nuits !

Par prudence, je suggère tout de même à celles qui ont reçu ce cérat éclaté de ne le tester que sur les mains. 
J'ai refait depuis une deuxième formule de cérat, spéciale peaux mixtes et l'émulsion est intacte, je ne constate aucun déphasage.

Je vous livre donc également la formule peaux mixte

-40 eau
-20 HA roses
-11,5 jojoba
-10 macérat roses, lavande, camomille sur olive
-8 cire d'abeille
-6 macérat de roses sur coco fractionné
-5,5 HV son de riz
-4 acide stéarique
-2 savon
-2 beurre de cupuaçu
-1 beurre de nilotica

Ajouts à froid
-4 HV rose musquée
-10 gts CO2 rose musquée
-5 gtes HE caroote sauvage
-5 gtes encens
-5 gtes HE roses
-4 gtes absolue de rose
sève de bambou
0,5% geogard

Au final, une formule immédiatement absorbée, laissant la peau douce et satinée.


J'ai beaucoup aimé travailler avec la cire d'abeille, au point que j'ai très envie de lui redonner une place de choix dans mes formulations cosmétiques. J'avais apprécié le petit plus qu'elle apportait dans le sérum régénérant et il me semble qu'on doit pouvoir en tirer un excellent parti en association avec d'autres émulsifiants doux et légers.
A suivre donc.

& & &

Je vous souhaite à tous et à toutes un très Joyeux Noël et d'excellentes fêtes de fin d'année.

Votre dévouée Lolitarose

   



  


  


mardi 14 décembre 2010

Serum régénérant

Des lys de mer à la pureté intacte

Le froid, le vent, la neige...

En un mot, l'HIVER,  aussi soudain que persistant met à mal nos épidermes. Et le chauffage poussé à l'extrême dans les bureaux, restaurants ou grands magasins n'arrange  rien à l'affaire. 
Résultat, même les peaux dites "jeunes et à problèmes" souffrent de mille maux. 
La peau rougit, s'échauffe, tiraille quand elle ne se met pas tout simplement à peler. 

Heureusement nos magazines féminins ne nous abandonnent pas en des moments aussi dramatiques et les conseils ne manquent pas sur les mille et une façons de rester belles et sexy en toutes circonstances.

Ouf ! la Parisienne est donc sauvée, puisque toutes les solutions beauté sont dans son magazine chouchou.









"Tartinez, tartinez, tartinez vous de gras !" telle est la solution prônée !

Oui, mais le hic c'est qu'à se "tartiner" le minois de graisse à traire, en particulier lorsqu'on a une peau mixte, grasse voire carrément acnéique, c'est que le remède soit finalement pire que le mal.

Attention, je ne dis pas que les peaux grasses ou mixtes ne se déshydratent pas. Non, sous des climats extrêmes tous les épidermes souffrent de sécheresse, mais il va de soi que toutes les peaux ne peuvent être traitées de manière identique.

Pour nourrir ma peau sans la surgraisser, j'ai donc choisi de pratiquer la méthode japonaise du "layer" ou multi-couches. Et au cas particulier, un sérum me semblait tout indiqué.

Mais au fait, qu'est-ce qu'un sérum ?

En cosmétique, un sérum est un produit concentré qui contient moins d'eau et plus de principes actifs qu’une crème. 

Les sérums se caractérisent également par une texture fine et pénétrante qui permet ainsi aux actifs qu’ils contiennent d'agir plus rapidement et plus efficacement.


L’histoire des sérums aurait commencé en 1982 avec le lancement de l’Advanced Night Repair, un sérum régénérant de la marque Estée Lauder. Puis en 1985, Clarins lance  le Total Double Sérum multi-régénérant. Composé à l’origine de 17 principes actifs, il en contiendrait aujourd’hui plus de 40 ! 

Véritables élixirs de beauté, les sérums améliorent l'efficacité des soins qui sont appliqués sans pour autant les remplacer. Ils sont en effet complémentaires des crème de jour ou de nuit d'une même gamme. 

Sérum régénérant
Très concentrés, les sérums s’utilisent avec parcimonie. Quelques gouttes suffisent pour profiter de leurs actifs et optimiser les autres soins. 


Un sociologue ( Patrick Ochs) disait que le terme lui-même évoquait des notions de quintessence et de pureté.
Pour ma part, je souhaitais une texture fine et non grasse à glisser sous ma crème de jour ou à porter nature la nuit si le besoin se fait sentir. L'objectif : améliorer l'hydratation et favoriser la régénération cellulaire.

Pour autant je ne voulais pas une formule de type "catalogue à la Prévert" avec 40 ingrédients à la clé. Du coup, chacun des ingrédients entrant dans la composition jouera simultanément un rôle cosmétique (qualités physiques  de la texture) et thérapeutique (rôle d'actif ciblé).

Mais j'avais une autre exigence, quelque peu antinomique par rapport à l'essence même d'un sérum : je le souhaitais riche en phase aqueuse, contrairement aux compositions habituelles.

Mais laissez moi vous présenter la formule avant de passer en revue les principaux ingrédients, qui vous le constaterez sont d'une simplicité désarmante !



Formule en grammes 87,1

-43 eau déminéralisée
-20 HA de lavande officinale (lavandes et compagnie) 
-5 émulsifiant (Glycerin, Prunus Amygdalus Dulcis oil, Sucrose laurate, Citrus Aurantium Dulcis (Orange) fruit water)
-4 HV de jojoba
-2,5 HV de meadowfoam
-2,5 cire d'abeille
-2 HV ricin
-2 beurre de kokum
-0,3 gomme celulose
- poudre de riz

Ajouts dans l'émulsion

-2 extrait HG de grenade
-2 collagène d'acacia
-1 soothex
-0,4 geogard
-0,4 HE dont carotte sauvage (C. Mabille producteur), géranium d'Egypte, lavande luisieri (lavandes et compagnies)

La réalisation du sérum est on ne peut plus simple. Faire fondre à feu doux le beurre de kokum sans trop chauffer. 

Parallèlement chauffer l'eau et la gomme cellulose en mélangeant vivement pour former le gel. Laisser tiédir. Y mélanger l'hydrolat de lavande.
Verser dans un bécher désinfecté l'émulsifiant et l'ensemble des huiles et beurres. Mélanger à la cuillère magique. Puis verser très lentement les eaux dans les huiles en mélangeant sans cesse. Vous verrez rapidement se former une émulsion blanchâtre. 

Introduire maintenant la cire d'abeille et faire chauffer au bain marie juste assez - mais pas plus - pour faire fondre la cire. Mixer maintenant au mixer électrique. 
Refroidir au bain marie froid.
Introduire un à un les ajouts.

léger, léger, léger
On obtient une texture lactée très fluide. C'est un sérum destiné à être porté sous une crème d'où l'indispensable finesse de l'émulsion.

Du côté des ingrédients, simple et efficace. En matière de cosmétique, j'ai tendance à penser que qui peut le moins peut le plus.

HA de lavande officinale

L'hydrolat de lavande, intégré ici à concurrence de 25% environ a donc pleinement un rôle d'actif dans la formule. J'ai choisi un hydrolat de lavande officinale provenant d'un producteur de la Drôme, spécialiste des lavandes, Lavandes et compagnie. Ces huiles et hydrolats sont de petites merveilles : un choix volontairement limité aux lavandes et lavandins en tous genres et à quelques plantes de sa région, dont une superbe hélychrise. Mais revenons à nos lavandes.

L'hydrolat de lavande officinale convient à tous les types de peau, et tout particulièrement aux peaux très jeunes et fragiles, celle des enfants et des nourrissons. Il est recommandé après une longue exposition au soleil, ou en cas de brûlures, d'irritations ou de piqûres, pour régénérer l'épiderme, adoucir et rafraîchir la peau. L'hydrolat de lavande est souvent indiqué pour traiter les zones acnéiques ou grasses, pour favoriser la cicatrisation, pour désinfecter les boutons, et accélérer le renouvellement des cellules cutanées. On l'utilise aussi en bain de bouche pour lutter contre les aphtes. 

C'était donc le compagnon parfait pour un sérum qui se veut destiné aussi bien aux peaux jeunes (et le cas échéant grasses et acnéiques) et aux peaux plus mâtures en quête de régénération cellulaire. 

Autre compagnon incontournable : l'émulsifiant. 








Emulsifiant 

INCI Glycerin, Prunus Amygdalus Dulcis oil, Sucrose laurate, Citrus Aurantium Dulcis (Orange) fruit water

Le sucrose laurate est un acide gras estérifié à partir de sucrose et d'acide laurique. Dès lors c'est un "surfactant" - autrement dit un tensio-actif - permettant une meilleure dispersion. Il aurait par ailleurs la capacité d'inhiber le développement de certaines bactéries, en particulier dans les jus de fruits (et plus spécifiquement les agrumes), d'où son utilisation en tant que conservateur alimentaire et son association avec ...du jus d'orange dans notre émulsifiant.
Aromazone nous précise par ailleurs que " les esters de sucre en général sont des émulsifiants particulièrement doux, très bien tolérés même par les peaux sensibles ; ils sont aussi appréciés pour leurs propriétés hydratantes et émollientes (laissent la peau douce et souple) ; ils sont par ailleurs facilement biodégradables sans incidence sur l'environnement."

Vous pouvez utilement vous reporter à la fiche AZ pour en savoir plus. On le trouve facilement aujourd'hui sous le nom de cold emulsifier (Aromantic), de sucramulse, gelisucre...

A mes yeux, il présente surtout l'indéniable avantage d'émulsifier totalement à froid, mais l'on devra se contenter d'une crème fluide, contrairement au sucrose stéarate, autre ester de sucre proposé par AZ. 

C'était donc l'émulsifiant idéal pour créer un sérum en prenant soin de diminuer le pourcentage recommandé d'huiles (20 à 30% pour obtenir une consistance de crème fluide). Un autre choix, à mon sens intéressant, aurait été le simulgel de chez Copaïba, voire une association des deux qui aurait donné une texture plus gélifiée. Malheureusement je n'en avais plus en stock.


De l'eau, un émulsifiant et maintenant...

Les huiles

Ici aussi j'ai limité mais ciblé mon choix à trois huiles et un beurre.

Tout d'abord l'huile de Jojoba ou simmondsia sinensis (origine Copaïba)

L'huile de Jojoba est qualifiée d'huile, mais de par sa composition chimique, il s'agit d'une cire liquide,  composée de 97% d'esters cireux. C'est l'huile qui se rapproche le plus du sébum humain. Elle crée ainsi un film d’hydratation non gras à la surface de la peau.

Cette huile a acquis ses lettres de noblesse lorsqu'on a découvert qu'elle était une excellente alternative au blanc de baleine (spermaceti). C'est une huile stable, qui ne rancit pas, en raison de l’absence de triglycérides dans sa composition (esters cireux présents). 
C'est une huile intéressante car elle contient un fort taux d’acides gras poly insaturés à longues chaînes (20 à 24 carbones); ainsi c’est une source directe d’AGI à longues chaînes pour l’organisme.

L’huile de Jojoba est aussi caractérisée par sa haute teneur en insaponifiables jouant un rôle important pour la protection  et la cicatrisation de la peau.

Sa faculté de pénétration est extraordinaire. C'est un excellent vecteur pour l'aromathérapie. Son odeur est agréable et ne nécessite pas de raffinage. 

Idéale aussi bien pour les peaux sensibles, sèches que grasses et acnéiques. Son application régularise la sécrétion de sébum et tend ainsi à combattre l'acné. Ses qualités restructurantes de la peau en font également une huile de base de la pharmacopée. 

fleurs de Jojoba
Propriétés de l'huile de Jojoba :
- Emolliente : pénètre très bien la peau et la régénère.
- Équilibrante : à cause de sa parenté avec le sébum, son utilisation sur la peau en régularise sa production.
- Protectrice : elle crée un film non-gras qui préserve l'hydratation naturelle de la peau contre les agressions du froid et de la sécheresse.
- Anti-inflammatoire: excellente base pour les crèmes de soins destinées aux peaux sensibles.
- Anti-UV : filtre solaire naturel de protection 4-5.

En plus de toutes ses qualités intrinsèques, je l'ai choisie car je l'adore nature sur la peau et j'aime les textures ultra douces et lissantes qu'elle donne aux émulsions.


Quelques mots également sur une petite huile aussi secrète que discrète et au nom, ô combien poétique : l'huile d'écume des prés (ou meadowfoam en anglais).






INCI : Limnanthes alba

L'huile d'écume des prés est pressée à partir des graines de Limnanthe (Limnanthes alba).

L'huile d'écume des prés contient plus de 98% d'acides gras.  Elle possède  d'étonnantes propriétés anti-âge, hydratantes et régénérantes
C'est en outre une huile non grasse qui pénètre rapidement. Elle est en fait assez  proche de l'huile de Jojoba dans ses caractéristiques puisqu'elle constitue également un substitut au blanc de baleine et régularise les sécrétions de sébum.  

Enfin, j'ai choisi l'huile de ricin en partie pour sa consistance épaisse et visqueuse de nature à densifier l'émulsion. Mais également pour ses vertus émollientes et anti-inflammatoires.

Le beurre de kokum (INCI :Garcinia indica seed butter) est issu de la pression mécanique des graines du Garcinia indica, arbre originaire d’Inde.
C’est le beurre le plus riche en triglycérides saturés, ce qui le rend très stable et lui confère un toucher non gras et une grande onctuosité.
Il a des propriétés lissantes pour la peau et les lèvres ; il apporte douceur et souplesse, aide à structurer les sticks à lèvres. C'est un beurre particulièrement adapté aux peaux sèches, sensibles, matures.

Côté actifs, j'ai invité un super anti-oxydant (l'extrait de grenade), un tenseur régénérant cellulaire (collagène d'acacia) et un anti inflammatoire surpuissant issu du boswelia serrata, mieux connu sous le nom d'encens (le soothex de chez Copaïba).

And last but not least, un petit cocktail d'huiles essentielles ciblées : l'incontournable carotte sauvage (en provenance d'un excellent producteur des Hautes Alpes - Claude Mabille), le géranium d'Egypte (pelargonium aspera) dont on ne saurait se passer dans un sérum régénérant et une petite merveille tant cosmétique qu'olfactive, découverte tout récemment chez Lavandes et compagnies, la lavande luisieri.

Est-il encore utile de présenter les multiples vertus de l'huile essentielle de carotte (daucus carota) ? Un récent défi sur Potions et Chaudrons a remis cette mal-aimée à l'honneur. Que l'odeur, réputée difficile, ne vous rebute pas. Jugez plutôt tout ce qu'elle peut faire pour votre peau :


C'est un merveilleux régénérant des cellules cutanées. 
Excellente contre l' acné, les rides, les peaux fatiguées et ternes, les taches de vieillesse, elle est aussi un activateur de bronzage. On peut en rajouter dans une crème à raison de 1%.

Autre maître incontesté, le géranium rosat (d'Egypte) ou Pelargonium asperum. C'est une huile intéressante pour ses propriétés antibactériennes efficaces  ;c'est également un fongicide puissant et un hémostatique remarquable. Elle a de plus des propriétés anti-inflammatoire. Et, intéressant pour les peaux grasses c'est également un tonique astringent cutané.

Enfin, un petit bonheur olfactif, mais pas seulement : la lavande luisieri, également connue sous le nom de lavande de Séville. 

Cette huile, pour laquelle j'ai eu un coup de foudre immédiat, est dotée d'un parfum très particulier et très éloigné du parfum habituel des lavandes et lavandins. Albert Vieille en parle ainsi :
"note de fond très ambrée, chaude, animale rappelant le labdanum et l'encens"
Pour ma part, j'y trouve un fond de réglisse, poudré-ambré et j'ai mille idées d'associations qui viennent à l'esprit pour la composition d'un parfum. Reste à trouver le temps...
Côté propriétés, j'ai trouvé peu de choses si ce n'est ce que m'en a dit Vincent Deconstanza de Lavandes et Compagnie sur ses vertus régénérantes et anti-oxydantes. D'où mon choix. 

Au final, une alternative à la crème de nuit et un excellent compagnon de nos crèmes de jour pour lutter contre le froid et les tempêtes de neige.

Monsieur Météo n'a qu'à bien se tenir !
  

lundi 6 décembre 2010

Mousse de Noël à l'Olivem

Etoile des neiges...

Je ne sais pas vous, mais moi ce temps froid et neigeux me donne envie de prendre soin de ma peau et de l'enduire d'onguents protecteurs et hydratants. La neige a d'ailleurs également inspiré la Fée Irène qui est allée jusqu'à en introduire dans une chantilly cosmétique !

Ce qui me plaît dans la neige, c'est sa texture mousseuse. Vous savez quand on pose le pied sur le sol couvert de neige fraîchement tombée et que ça craque sous la chaussure. 

Et puis la neige, c'est Noël qui arrive, le sapin illuminé, le feu dans la cheminée, les gros pulls mousseux comme le chocolat aux épices que l'on boit bien brûlant.

La neige me donne envie de me rouler dedans... Meuh non ! je blague ! je suis méga frileuse, alors j'ai plutôt pensé à recréer cet aspect mousseux dans une crème pour le corps. 

Bien, l'idée était donc là. Restait à composer la formule. 

En cette saison, une crème protectrice s'impose et qui dit protectrice dit hydratation maxi. Sans pour autant tomber dans la crème trop riche que ma peau refuserait d'absorber. Donc riche, mais qui me permette de me rhabiller aussitôt après application. 

Passons aux ingrédients et en premier lieu l'émulsifiant.

Le choix d'émulsifiants ne manque pas ! Si j'ai pu un temps, comme nombre d'entre vous, me plaindre de l'impossibilité de trouver une cire émulsifiante sur le marché français, aujourd'hui la magie Internet nous offrirait presque trop de choix. Je dis "presque trop" car parfois, à trop vouloir tester de nouveaux émulsifiants, on en oublie d'explorer et de valoriser certaines valeurs sûres.

Je pense en particulier au cétéaryl glucoside, émulsifiant aux qualités exceptionnelles s'il en est ; au couple désormais célèbre Glycéryl stéarate / sodium stearoyl lactilate (le VE/MF) ou, plus récemment entré au Club des Grands : l'Olivem 1000.

J'avais eu un vrai coup de coeur pour cet émulsifiant lors de mon premier test et j'avoue que sa polyvalence continue de m'impressionner. C'est donc sur l'Olivem 1000, de son petit nom cetearyl olivate / sorbitan olivate, que j'ai jeté mon dévolu.

Mais comme je voulais une texture relativement riche (tout est relatif, hein ? celles qui me connaissent savent à quel point je fais la chasse au moindre gras dans mes cosmétiques), je l'ai marié au Glycéryl stéarate. Et pour le côté "neigeux" et glissant, j'ai complété mon système émulsifiant de mon désormais inévitable savon.

Pour le reste, j'ai choisi une formule simple où les "gras", y compris les émulsifiants feront tout le travail. Un minimum d'actifs ajoutés donc. Le minimum syndical pour assurer une hydratation maximale.

Mousse de Noël

Allez, vous êtes prêtes ?

C'est parti pour la Mousse de Noël





Ingrédients

-25% HA fleur d'oranger (Bilby)
-25% HA de jasmin (Bilby)
-10% Huile de coton (AZ)
-6% Olivem 1000 (Bilby)
-5% beurre de kokum (AZ)
-4% glycérine végétale (AZ)
-3% Huile d'olive (des Pouilles)
-3% cétyl palmitate (Copaïba) que l'on peut remplacer par de l'alcool cétéarylique
-2,7% IsoPropyl Palmitate (Zinette)
-2% Huile de son de riz (AZ)
-2% Huile d'Inca Inchi (AZ)
-1,5% Glyceryl stearate (Bilby)
-1% savon (maison)

Comme j'ai choisi de faire simple, j'ai versé tous les ingrédients dans mon chaudron et réalisé l'émulsion en "one pot".
Chauffer au bain marie jusqu'à 70-75° en mélangeant à la cuillère magique. Quand tout est fondu et que l'ensemble a atteint la bonne température, mixer au mixer électrique pendant cinq bonnes minutes à chaud, puis encore quelques minutes à température ambiante. Puis reprendre  dans un bain marie d'eau glacée. 

Difficile de faire plus simple, non ?

On obtient une belle émulsion lisse, brillante, épaisse. Lorsque la température est inférieure à 40°, introduire un à un les ingrédients suivants :

-4% gel d'aloé vera (AZ)
-2,5% D Panthénol (Bilby)
-2% Hydratant intense (INCI :sodium PCA,acide lactique, lactate de sodium, urée, collagène, acides aminés) 
-0,5% geogard

Puis le parfum. Comme le mélange jasmin - fleur d'oranger des hydrolats parfumait déjà très agréablement la crème, j'ai souhaité rester dans une note fleurie tout en choisissant ici encore des valeurs sûres pour la peau : huiles essentielles de bois de rose et de petit grain bigaradier. Simple (encore !) et efficace. 

Le côté mousseux n'est apparu qu'une fois la crème mise en pots et après complet refroidissement au frigo. 

Pour celles qui ne connaîtraient pas encore l'Olivem et/ou qui auraient besoin d'une petite "piqûre de rappel", je reprends en substance les explications que j'avais publiées sur mon blog numéro un il y a un certain temps déjà.

L'Olivem - INCI : cetearyl olivate et sorbitan olivate - est un "self-émulsifiant", huile dans eau, sans PEG et non ethoxylé, hypoalergénique et agréé par Ecocert. 
En fait si on en croit le fabricant - la société italienne B&T - c'est plus qu'un simple émulsifiant : c'est un principe actif à lui seul.
Explications
L'homéostasie de la peau - c'est à dire la capacité de la peau à maintenir son équilibre interne en dépit des agressions extérieures - repose en très grande partie sur l'intégrité de la barrière cutanée et plus précisément de la couche cornée (stratum corneum), qui est constituée de kératinocytes, cellules constituant 90% de l'épiderme. 
L'intégrité de cette couche cornée assure la protection contre les agressions de l'environnement et prévient toute perte d'eau trans-épidermique excessive.
Les laboratoires B&T ont donc développé des cristaux liquides dermo-compatibles à partir d'un ingrédient d'origine naturelle, l'olive, qui mimerait chimiquement et structurellement l'organisation de la matrice cellulaire. 
Toujours selon le laboratoire, l'application d'une émulsion contenant de 2 à 4% de ces cristaux liquides entraînerait une augmentation de la corneométrie (hydratation de la peau) significative, de l'ordre de 25%, mais également une augmentation significative de la durée d'hydratation de la peau, de l'ordre de 7 heures. 
On comprend ainsi tout l'intérêt qu'il peut y avoir à incorporer un tel émulsifiant dans les crèmes. 
Il regroupe en outre toutes les vertus de l'huile d'olive : la plus longue et la plus riche chaîne d'acides gras présente dans la nature (C16-C22),la rendant très proche du sébum humain, très riche également en vitamine E (anti-oxydant), en vitamine D3 (utile dans les traitements contre le psoriasis, ou favorisant la pousse des cheveux) et en vitamine K (améliorant la micro-circulation et utile à la réduction des cernes). L'Olivem, comme l'huile d'olive a une structure qui, comparée à d'autres produits d'origine naturelle, est très proche du sébum humain. C'est à cette propriété qu'on doit son pouvoir de pénétration incomparable sans effet occlusif sur les pores.
Le Glycéryl stéarate est un co-émulsifiant, huile dans eau, issu de l'huile de palme, non ethoxylé et non ionique. Il permet des émulsions plus épaisses et onctueuses tout en apportant de l'émollience. D'où mon choix.
Enfin, l'ajout de savon a pour vocation d'améliorer la glissabilité de la crème en supprimant fortement toute trace blanche (ce qui est malheureusement un des travers de l'Olivem dans la majorité des cas). Il permet également d'alléger la texture et de donner cet aspect quasi-neigeux à l'émulsion.
Quant aux deux seuls actifs incorporés à la formule, j'ai choisi le complexe "hydratant intense" - très proche du complexe NFF dans sa composition, et le D-Panthenol, dont les propriétés essentielles et de préserver et/ ou d'augmenter l'hydratation. 
Le résultat est une crème mousseuse qui fond sur la peau, laissant un voile discret mais bien présent. Grâce à la présence de savon (même en aussi faible quantité), la peau est douce et lissée et reste hydratée jusqu'au soir. Cela sans aucune sensation de gras.

Tombe la neige...


mercredi 1 décembre 2010

Savon Alexandra David Neel



J'ai passé une partie de l'été à savonner mais "en raison d'incidents techniques indépendants de ma volonté", je n'ai finalement présenté que peu de ma production.

Or, il en est un qui me tient particulièrement à coeur car c'était ma toute première tentative de savon au sel. J'avais embarqué dans mes bagages un sachet de sel rose de l'Himalaya car la douceur de la couleur et sa provenance m'avaient immédiatement séduite.

J'ai lu il y a quelques années, que dis-je, DEVORE, tous les récits de voyage qui se rapportaient au Tibet, espérant moi-même un jour partir sur leurs traces. Parmi les grands voyageurs-explorateurs de ces régions reculées, j'ai admiré ces femmes téméraires qui sont parties à la découverte de ces terres encore sauvages pour ensuite nous faire partager leurs découvertes des peuples nomades, des cultures et surtout de la religion boudhiste. Vous aurez reconnu Ella Maillart et  bien sûr Alexandra David Neel qui donne donc "à l'insu de son plein gré" son nom à ce savon.

Après avoir longtemps rêvé que moi aussi je partais à dos de yak à l'assaut des cîmes enneigées, j'ai enfin un jour réalisé mon rêve. Par deux fois. 

La première en marchant presque sur les pas de la Grande Alexandra, dans un long périple qui m'a conduite des marches tibétaines du Sud de la Chine actuelle jusqu'à Lhassa puis à Kathmandou. Comme je suis très respectueuse des animaux, j'ai renoncé au yak et me suis contentée d'une simple jeep ^-^.

La seconde fois, je partie faire une traversée des Himalayas indiens dans le but de voir le Dalaï Lama lors d'une cérémonie du Kalachakra. 

Ce furent deux voyages merveilleux et inoubliables.



C'est donc en hommage à ces merveilleuses contrées et à ces peuplades généreuses et courageuses que j'ai souhaité réaliser un savon à l'image du grand Tibet.

Outre le sel, que j'ai introduit à la trace, ce savon doit également sa couleur au Tibet. En effet, voulant au départ un savon rouge corail, j'ai réalisé un  macérat de poudre de racine de rhubarbe. Rhubarbe qui est justement une plante originaire du Tibet et que j'ai eu l'occasion d'observer là-bas à l'état sauvage.

La mienne m'est donc parvenue à dos de Yak depuis le très lointain Plat Pays (de mémoire, la poudre est une offrande Moune, ayant transité par Michèle et parvenue jusqu'à mon village des Pouilles pour finir dans le chaudron à savon).

N'étant pas certaine d'obtenir un vrai beau rouge comme seule MLK en a le secret, j'ai corsé la couleur en incorporant au macérat en fin de chauffe des graines d'urucum. La couleur était vraiment éclatante !

Pour rester in the mood Asie, j'ai dissout la soude dans de l'eau de cuisson du riz. En fait, comme j'étais dans mon village des Pouilles, j'ai fait cuire mon riz spécial risotto à la mode italienne et j'ai récupéré le lait gélatineux de cuisson, transformé en glaçons. 

Je vous déconseille vivement d'essayer de dissoudre la soude dans un liquide qui n'est pas aqueux. En fait lors de la fonte de la soude j'ai obtenu un horrible amalgame gélatineux que j'ai touillé sans cesse et que j'ai du verser dans les huiles à la spatule. J'ai d'ailleurs eu peur que la soude soit mal dissoute et qu'au final le savon ne soit caustique !

A l'avenir je prévoirai 50% eau et 50% gelée de riz.

Pour le reste, je suis restée sur une formule classique et ayant fait ses preuves


Recette du Savon d'Alexandra David Neel

25% huile de coco (végétaline)
15% huile de palme bio
15% karité du Bénin (merci Michèle)
25% macérat de rhubarbe et urucum sur olive des Pouilles
10% huile de ricin (Vélan)
10% huile de soja

Soude pour un surgras de 5% et gelée de cuisson du riz (quantité moyenne)

A la trace

3% huile de son de riz (pour la douceur et l'émolience)
200 grammes de sel de l'Himalaya pour un total de 500 gr d'huiles

J'ai voulu essayer les arômes alimentaires canelle et orange en parfum mais après une cure de deux mois, il n'en est rien resté.

Le pazapa

Macérat et glaçons de riz avaient été préparés la veille.

Dissoudre la soude dans les glaçons de riz et touiller jusqu'à dissolution complète ;

Parallèlement chauffer les beurres et huiles et laisser refroidir ;

Lorsque les deux phases sont approximativement à même température - ici j'ai mélangé à 40° - verser la soude dans les huiles et mélanger au mixer électrique et à la main jusqu'à apparition de la trace.

Ici, en raison de la consistance épaisse du mélange de soude, la trace s'est révélée relativement épaisse assez rapidement.

Introduire l'huile de son de riz, les arômes puis le sel et bien mélanger à la spatule.

Verser dans un moule en bois chemisé, fermer, et mettre au four (éteint).

couleur encore soutenue


Finalement, je n'ai pas obtenu de rouge flamboyant MLKien, mais un très joli rose    corail très agréable.

Ce savon au sel - et ce malgré la faible quantité de sel (certaines mettent 100% du poids des huiles) - a eu beaucoup de mal à sécher. Pire, plus tard, le savon semblait s'effriter au moindre contact. 

Après un mois de séchage dans la chambre à savon de la maison des Pouilles, il se désagrégeait toujours et il m'a fallu en prendre grand soin pour pouvoir lui faire faire les 2000 km de voyage jusqu'à Paris où il a encore curé un gros mois avant de sécher et durcir enfin.

Au final, on a un savon très dur avec un aspect très pierre ponce - pas lisse du tout donc - et la belle couleur rose-corail tient bien.

J'en ai essayé un, pour voir ce qu'apportait le sel dans un savon et j'avoue que je reste un peu sur ma faim. Alors qu'avec la même formule, j'ai toujours obtenu des savons à la mousse ultra crémeuse et abondante, ici on a une mousse très fine et relativement peu abondante. Le savon est doux sur la peau, pas agressif. 

Racontez moi vos savons au sel, j'avoue que je suis très curieuse de savoir ce que vous en pensez. 

Lolitarose vous salue bien !